Jamais le premier soir : Mauvais, stupide, mal joué… une horreur !

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Dire que ce film est mauvais est un doux euphémisme. Jamais le premier soir cumule tout ce qu’il peut y avoir de plus mauvais et stupide en un seul film, du scénario ridicule et téléphoné aux personnages agaçants. Pour son premier film, Mélissa Drigeard se complaît dans la médiocrité sans nom, affichant tous les stéréotypes et les clichés beaufs, sexistes et même – soyons fous – racistes dans une comédie lourde, potache et ennuyeuse à mourir. Jamais le premier soir n’aurait surtout jamais dû voir le jour ! Quelle horreur !

Le pitch : Julie est une jeune femme pétillante mais continuellement malheureuse en amour. Se faire larguer par coursier à son travail semble donc lui porter le coup de grâce. Mais le livre « Le bonheur, ça s’apprend » devient sa bible et elle en applique les conseils à la lettre au travail et en amour. Cette nouvelle lubie de « pensée positive » laisse sceptiques ses deux meilleures amies dont la vie amoureuse n’est pas non plus au beau fixe. Quand l’une, Louise, entretient une liaison secrète avec son boss, l’autre, Rose, subit le quotidien d’un couple en bout de course. Devenue cliente régulière d’une librairie où elle dévalise le rayon « épanouissement personnel », Julie va y faire des rencontres qui vont peut-être enfin changer sa vie…

L’idée d’une bonne comédie selon Mélissa Drigeard est simple : surfer sur les stéréotypes les plus irritants et flemmards, puis pomper ses idées sur d’autres films plus réussis et populaires pour étoffer un scénario grotesque. Une fois que ces détails sont réglés, il suffit juste de se baisser pour ramasser une kyrielle de pseudo-acteurs dont plus personne ne veut pour jouer dans cette catastrophe insupportable et nauséabonde. Comment un résultat aussi foireux a-t-il pu atterrir sur le grand écran ? Europa Corp, ai-je envie de répondre, mais ce serait un peu facile, surtout que, l’année dernière, le studio de cinéma de Luc Besson avait pourtant pondu une très bonne comédie romantique avec 20 ans d’écart de David Moreau. Alors pourquoi ce retour en arrière, vers une époque moyenâgeuse où la bouffonnerie amusait une galerie de simplets ? Là je n’ai pas la réponse…

Rien, absolument rien ne fonctionne dans Jamais le premier soir. Dès les 5 premières minutes, il est évident que la souffrance s’est invitée à la séance, rien qu’en voyant Alexandra Lamy apparaître sur le grand écran avec son sourire crispé et sa gestuelle de clown. 5 minutes, c’est ce qu’il suffit pour noter le mauvais jeu exaspérant du casting et la mise en scène inexistante, répertorier chaque personnage dans un stéréotype suffisant et réducteur (voire parfois insultant), deviner aisément l’issue du film et se demander si on a vraiment envie de s’infliger une telle punition en restant dans la salle.
La suite ne donne guère envie de s’y intéresser. Jamais le premier soir dresse un portrait honteux des genres, proposant trois types de femmes (la casée pas heureuse, la chaudasse débile et l’illuminée de service qui cherche le prince charmant) tandis que les hommes n’ont droit qu’à deux propositions : le lâche tendance coureur de jupons et… bin, le prince charmant (qui doit faire du forcing pour se faire remarquer, comme dire à son amoureuse qu’elle est « bonne » dans le creux de l’oreille… Du Baudelaire dans le texte, probablement). Chaque scène s’illustre dans la lourdeur, la niaiserie et dans l’humour beauf, prévisible, pas drôle et stupide, quand il ne donne pas dans le stéréotype raciste (le restaurant italien tenu par des asiatiques, huhu haha, cela fera surement rire quelques extrémistes !). Difficile de déterminer ce qui est le pire : l’histoire inintéressante et mal écrite, les personnages sans surprise et affolant de bêtise ou les acteurs tous plus mauvais les uns que les autres ? Toujours est-il que Jamais le premier soir réussit à compiler ce qu’il y a de plus mauvais dans le cinéma français dans un ensemble imbuvable et crétin où il n’y a absolument rien à sauver. Pas une seule once d’originalité ne vient égayer cette horreur, tant le film copie visiblement d’autres comédies à succès (Coup de foudre à Notting Hill, Bridget Jones…) et ne cherche même pas à innover. Voilà un film qui pourra allègrement rejoindre d’autres navets du même style et qui fera son petit effet dans les chaumières lorsqu’il sera diffusé un dimanche soir à la télé.

Coté casting… misère… Une expression de Michael Youn grand philosophe humoristique français me semble appropriée pour décrire cet ensemble navrant : des « never been » (Fatal), à savoir des acteurs qui essaient vraiment de se faire remarquer en vain, mais dont on se fiche totalement tant ils sont mauvais (pire que des has-been, donc).
Alexandra Lamy, éternelle abonnée aux navets et fraîchement séparée, avait probablement besoin d’un remontant, vu le nombre de compliments qu’elle reçoit sur son physique par minute (tous les personnages se relayent pour lui dire qu’elle est beeeeellle, magnifiiiiique, etc etc… ce qui n’a pour effet que d’élargir son sourire artificiel dans des gros plans de plus en plus vomitifs), montre qu’elle n’a jamais évolué depuis Un Gars Une Fille et qu’elle cultive sagement son don inégalé pour l’exagération et l’absence flagrante de talent et/ou de naturel (j’essaie d’effacer de ma mémoire une certaine scène coquine où même deux adolescents en rut et inexpérimentés auraient pu faire mieux). Mais heureusement elle n’est pas toute seule, car Mélanie Doutey et Julie Ferrier se montrent solidaires, l’une en tentant de jouer encore plus mal et l’autre en faisant acte de présence (avec un style capillaire douteux). Chez les hommes, c’est pas mieux, Jean-Paul Rouve, la version discount de Dany Boon (c’est dire !) est exaspérant, Julien Boisselier est toujours aussi mou du genoux et Grégory Fitoussi n’est là que pour retarder l’issue inévitable du film. Désespérant.
La seule défense possible, c’est que finalement leurs personnages sont tellement épouvantables et mal écrit qu’il était difficilement possible pour ces acteurs de mieux faire, même en se concentrant très fort.

En conclusion, passez donc votre chemin. Jamais le premier soir est d’une nullité sans limite, chaque minute est un supplice, chaque réplique est une torture, chaque image pousse à la dépression… Plus jamais ça.

Tentons de finir cette phrase sans être insultant...

Tentons de finir cette phrase sans être insultant…

2 réflexions sur “Jamais le premier soir : Mauvais, stupide, mal joué… une horreur !

  1. Ah je l’ai pas vu celui-là. Il a l’air tout bon pour TF1. Ils le passeront en 2016 avec Barbecue. Tu l’as vu celui là d’ailleurs ?

    • Hello,
      oui je l’ai vu et il n’est pas si mal malgré des accents beaufs très prononcés. Effectivement je le vois bien sur TF1 celui là. Sous Les Jupes Des Filles, un peu moins 😀
      À bientôt

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