Interdit de spoiler : Les films à twist(s) à voir absolument

À l’occasion de la sortie du film À Couteaux Tirés de Rian Johnson qui offre un thriller palpitant, intelligent et noueux jusqu’à la dernière minute, je me suis dit qu’il était temps que je fasse un petit point sur les films à twist qui m’ont marquée. Mais pas n’importe lesquels : ceux dont le spoil devrait être passible de la peine de mort (ou autre conséquence un peu moins fatale, maybe).
Soyons clairs : raconter la fin de Avengers Endgame ou de La Reine des Neiges 2 est énervant, bien sûr, mais si l’effet de surprise est ruiné, cela n’empêche pas vraiment de prendre du plaisir devant le film. Alors que pour les films que je vais évoquer ci-dessous, spoiler la fin ou le twist clé revient à ruiner toute l’expérience autour du film, gâchant ainsi tout son intérêt. Et ça, messieurs et dames, ce devrait être criminel.
Mais comme je suis sympa, pour les curieux, je vous mets du texte à passer en surbrillance pour découvrir le spoil et brillez en soirée si jamais vous avez vraiment la flemme de voir le film.

Les classiques

Quand on parle de film à twists, ces films-là arrivent facilement en haut du panier et ce, même après des années et un risque aigu de se faire spoiler à tout moment.

Usual Suspects de Bryan Singer

Le pitch : Suite à une mystérieuse dénonciation, cinq criminels se retrouvent en garde à vue. Plus tard, engagés sur un coup par le génie du crime Keyser Söze, les cinq hommes sont pris au piège d’une diabolique machination…
Bref avis : le film a un peu mal vieilli mais entre l’interrogatoire et les flashbacks, on est rapidement pris dans un engrenage haletant qui aurait pu s’achever sans le twist… et tomber dans l’oubli. Le twist, qui arrive à la toute fin, donne une toute nouvelle dimension au film (et au(x) personnage(s)). Bon évidemment, c’était avant de savoir qu’un double combo de prédateurs (accusations post #MeToo) se cachaient dans ce film…
Efficacité : 10/10
Pour les curieux : [SPOILER] Le personnage de Roger « Verbal » Kint (Kevin Spacey) est Keyser Söze et on découvre qu’il a fabriqué tout son témoignage à partir d’éléments qu’il voit dans le bureau de l’enquêteur.[/SPOILER]

Sixième Sens de M. Night Shyamalan (2000)

Le pitch : Cole Sear, garçonnet de huit ans est hanté par un terrible secret. Son imaginaire est visité par des esprits menaçants. Trop jeune pour comprendre le pourquoi de ces apparitions et traumatisé par ces pouvoirs paranormaux, Cole s’enferme dans une peur maladive et ne veut révéler à personne la cause de son enfermement, à l’exception d’un psychologue pour enfants. La recherche d’une explication rationnelle guidera l’enfant et le thérapeute vers une vérité foudroyante et inexplicable.
Bref avis : Probablement le seul bon film de Shyamalan (bon, ok avec Incassable) qui parvient à sortir Bruce Willis de la sortie de route comique qu’il avait prise en voulant s’éloigner de son alter ego John McLane. Entre thriller horrifique et drama familial, Sixième Sens nous mène par le bout du nez grâce à une maîtrise narrative et scénique incroyable, jusqu’au reveal final. Au deuxième visionnage, vous verrez tout ce que vous n’aviez pas vu.
Efficacité : 10/10
Pour les curieux : [SPOILER] Le personnage de Bruce Willis meurt au début du film. Il fait parti des gens morts que Cole voit.[/SPOILER]

Fight club de David Fincher (1999)

Le pitch : Le narrateur, sans identité précise, vit seul, travaille seul, dort seul, mange seul ses plateaux-repas pour une personne comme beaucoup d’autres personnes seules qui connaissent la misère humaine, morale et sexuelle. C’est pourquoi il va devenir membre du Fight club, un lieu clandestin ou il va pouvoir retrouver sa virilité, l’échange et la communication. Ce club est dirigé par Tyler Durden, une sorte d’anarchiste entre gourou et philosophe qui prêche l’amour de son prochain.
Bref avis : Adapté du roman éponyme de Chuck Palaniuk, Fight Club se présente comme une critique à l’acide de notre société capitaliste, matérialiste et dénuée de sens, dans laquelle le héros abandonne toutes ses convictions et autres conventions sociales pour trouver sa place. Le propos est aussi percutant que chaque coup de poing, la réalisation est à tomber par terre et les performances d’Edward Norton et Brad Pitt son incroyable. Le twist final m’a laissée pantoise pendant plusieurs heures !
Efficacité : 11/10 – ce film a changé ma vision du monde.
Pour les curieux : [SPOILER] le personnage incarné par Brad Pitt n’existe pas. Le narrateur, qui n’a pas de nom, souffre d’un dédoublement de personnalité et Tyler Durden est l’incarnation déviante et anarchique de lui. Il est possible que ce soit le vrai nom du narrateur au final.[/SPOILER]

Les attendus

Vu les réalisateurs et les intrigues, on s’attendait à plus dès le départ en découvrant leurs films. Mais pas à ça !

Shutter Island de Martin Scorsese (2010)

Le pitch : En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L’une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre cohérente d’une malade, ou cryptogramme ?
Bref avis : j’ai mis du temps à voir ce chef d’œuvre et je n’ai pas été déçue. Sur fond d’enquête policière poisseuse et d’institution psychiatrique douteuse, Shutter Island tisse machinations et suspicions aux portes de la folie. Porté par un Leonardo DiCaprio en pleine renaissance, ce film, même une fois le twist révélé, peut se regarder plusieurs fois sans que le spectateur parvienne à la même conclusion !
Efficacité : 9,5/10 – comme la toupie dans Inception, le twist est ouvert à interprétations
Pour les curieux : [SPOILER] le personnage de DiCaprio est en réalité un pensionnaire de l’hôpital. Les médecins ont mis ce stratagème en place pour confronter son délire à la réalité : le fait qu’il ait tué sa femme après qu’elle ait noyé leurs enfants. Ce stratagème devait marcher sinon, le personnage de DiCaprio sera lobotomisé. Ce dernier dit reconnaître la vérité mais plus tard, il agira comme s’il était toujours dans son délire de conspiration. Ou fait-il semblant ? Le doute persiste car juste avant de partir se faire lobotomiser, il lancera un clin d’œil au personnage de Mark Ruffalo, un médecin qui campait un inspecteur dans son délire. Ce clin d’œil laisse l’interprétation ouverte : est-il toujours fou OU choisit-il la lobotomie pour oublier la vérité ? Pour ma part, je n’ai pas envie d’avoir une réponse définitive. [/SPOILER]

Old Boy de Park Chan-Wook (2004)

Le pitch : A la fin des années 80, Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un jour devant chez lui. Séquestré pendant plusieurs années dans une cellule privée, son seul lien avec l’extérieur est une télévision. Par le biais de cette télévision, il apprend le meurtre de sa femme, meurtre dont il est le principal suspect. Au désespoir d’être séquestré sans raison apparente succède alors chez le héros une rage intérieure vengeresse qui lui permet de survivre. Il est relâché 15 ans plus tard, toujours sans explication. Oh Dae-Soo est alors contacté par celui qui semble être le responsable de ses malheurs, qui lui propose de découvrir qui l’a enlevé et pourquoi. Le cauchemar continue pour le héros.
Bref avis : La force du film est qu’on découvre tout en même temps que son héros. Park Chan-Wook nous accroche émotionnellement à son personnage, oscillant entre le thriller et les scènes d’action jubilatoires alors qu’il est à la recherche de la vérité. C’est pour ça que le twist, fomenté par les rares moments de répit, est aussi dévastateur. On en ressort ébranlés.
Efficacité : 9/10 – une fois le film vu, il perd en efficacité
Pour les curieux : [SPOILER] On apprend que le héros avait été enfermé car au lycée il avait surpris son tortionnaire en plein inceste avec sa sœur et qu’il en avait parlé. La sœur s’est suicidée et son ravisseur a juré de se venger avec un plan machiavélique : retrouver le héros et lui faire payer. Jusque là ça va. Ce qu’on découvre d’horrible c’est qu’en parallèle, le méchant a poussé le héros dans les bras de sa propre fille qui, tout deux hypnotisés, ne se sont pas reconnues et il menace de tout révélé à la jeune fille. Le héros, pour le dissuader, se coupera alors la langue et le méchant acceptera alors d’effacer la mémoire de la fille pour qu’elle puisse retrouver son père.
Bon et puis après y a eu Game of Thrones, donc forcément ça choque moins.[/SPOILER]

Identity de James Mangold (2003)

Le pitch : Surpris par un orage, dix étrangers – une ancienne star de la télé et son chauffeur, un policier qui escorte un tueur, une call-girl, deux jeunes mariés, un couple avec un enfant – se retrouvent par hasard au Golden Palm Hotel, un motel situé en plein désert. Au cours de la nuit, ils se font assassiner les uns après les autres. Pour les survivants, c’est le début d’un terrible cauchemar, chacun soupçonnant l’autre. Peu à peu, ils s’aperçoivent qu’ils ont tous quelque chose en commun. Ils vont devoir chercher, dans la personnalité et la vie de chacun, le mobile du tueur et par déduction trouver l’assassin.
Bref avis : James Mangold propose une partie de cache-cache meurtrier sous forme d’un huis-clos étouffant, souvent graphique et parfois hystérique. Le film abat ses cartes une à une et parvient à entretenir le suspense palpable d’un whodunit, jusqu’au final imprévisible.
Efficacité : 8/10 – une fois la surprise passée, bon… c’était un peu fastoche, mais captivant.
Pour les curieux : [SPOILER] Tout ce qui se passe au motel se passe en réalité dans la tête d’un homme, Malcom Rivers, condamné à être exécuté sous peu. Tous les personnages sont en réalité des personnalités dissociatives créées par son esprit tourmentée, que son avocat tente de révéler puis d’anéantir afin que le juge reconnaisse la folie de son client – pour lui éviter la peine de mort. Cela fonctionne car l’esprit de Malcom tue les autres personnalités, mais lors du transfert, on réalise que le véritable meurtrier était en fait la personnalité incarnée par l’enfant, Timmy, toujours vivant.[/SPOILER]

Les surprises

En allant voir ce film, on s’attend à quelques choses de précis, de linéaire : un thriller policier, un film de fantômes ou un autre genre plus tranquille. Pour ceux-ci, en plus des codes explorés, l’intrigue est relevé par un twist qui change complètement le point de vue de départ.

Gone girl de David Fincher (2004)

Le pitch : À l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?
Bref avis : un couple qui bat de l’aile, une femme disparaît… Tout accuse un homme au comportement étrange et dont la vie est disséquée, laissant apparaître des mensonges suspects. Si on se doute que la cible est facile, on ne s’attend pas au retournement de situation qui explose la trame à mi-parcours, changeant la donne et entraînant la seconde partie dans une spirale dangereuse… et fascinante ! >> Mon avis complet
Efficacité : 9,5/10 – si vous avez lu le livre, forcément, vous serez moins sur le cul.
Pour les curieux : [SPOILER] ELLE A TOUT INVENTÉ ! Amy a préparé scrupuleusement son plan afin de faire croire que son mari l’avait tuée quand elle a découvert son infidélité. Ça, on le découvre à mi-chemin du film, la suite n’est que du caviar : cachée dans la forteresse de son plus fidèle admirateur un poil obsessionnel, elle finira par le tuer transformant sa cachette en lieu de kidnapping et maquillant le meurtre en self-défense, avant de réapparaître en tant que survivante de l’enfer. Ce dernier voit clair dans son jeu mais, coincé par l’image de sa femme dorlotée par les médias, décide de continuer la mascarade du couple faussement heureux de s’être retrouvé.[/SPOILER]

The Machinist de Brad Anderson (2005)

Le pitch : Trevor Reznik est ouvrier dans une usine. Un métier répétitif, fatiguant, usant, au milieu d’un bruit assourdissant, où la moindre inattention peut avoir des conséquences dramatiques. Une attention que Trevor a du mal à maintenir, car il est très fatigué. En fait, Trevor n’a pas dormi depuis un an. Il partage ses nuits entre la cafétéria de l’aéroport, où il retrouve Marie, la serveuse, et l’appartement de la prostituée Stevie. Depuis quelque temps, la vie de Trevor devient de plus en plus étrange. Qui laisse des messages codés dans son appartement ? Pourquoi Marie ressemble-t-elle tant à sa mère ? Quant à Stevie, elle semble bien connaître le nouvel employé de l’usine, Ivan. Pourquoi ne lui a-t-elle rien dit ? Un homme d’ailleurs très étrange, cet Ivan. Inquiétant, dérangeant, il semble surveiller sans cesse Trevor…
Bref avis : Films à twists et Christian Bale, on pense surtout au film Le Prestige de Christopher Nolan. Pourtant, juste avant, l’acteur s’est illustré dans un drame noir, campant un insomniaque squelettique, dont la vie bascule petit à petit. Entre la maigreur atroce de l’acteur et l’ambiance étrange qui modèle le film, The Machinist explore l’inconscience et livre un twist… salvateur.
Efficacité : 7/10 – on ne tombe pas de sa chaise, mais le dénouement vaut le détour.
Pour les curieux : [SPOILER] c’est simple, Trevor est insomniaque depuis qu’il a tué un enfant en voiture un an plus tôt. C’est un accident, mais il a fui. Depuis sa culpabilité l’empêche de dormir et le ronge peu à peu, tandis que le manque de sommeil finit par le rendre presque fou. C’est uniquement lorsqu’il avoue et qu’il est en prison qu’il finit par retrouver le repos, la conscience tranquille.[/SPOILER]

Les Autres d’Alejandro Amenábar (2001)

Le pitch : En 1945, dans une immense demeure victorienne isolée sur l’île de Jersey située au large de la Normandie, vit Grace, une jeune femme pieuse, et ses deux enfants, Anne et Nicholas. Les journées sont longues pour cette mère de famille qui passe tout son temps à éduquer ses enfants en leur inculquant ses principes religieux. Atteints d’un mal étrange, Anne et Nicholas ne doivent en aucun cas être exposés à la lumière du jour. Ils vivent donc reclus dans ce manoir obscur, tous rideaux tirés. Un jour d’épais brouillard, trois personnes frappent à la porte du manoir isolé, en quête d’un travail. Grace, qui a justement besoin d’aide pour l’entretien du parc ainsi que d’une nouvelle nounou pour ses enfants, les engage. Dès lors, des événements étranges surviennent dans la demeure…
Bref avis : Film d’épouvante référence à l’image de Sixième Sens, Les Autres a le don de nous embarquer dans une histoire de fantômes à l’apparence classique, portée par une Nicole Kidman impeccable en veuve rigide et effrayée. Là où le film réussit son coup, c’est en transformant la notion même du fantôme, connu comme une figure effrayante, pour le façonner dans un récit mélancolique, rehaussé par de jolis moments d’angoisse bien flippants.
Efficacité : 8/10
Pour les curieux : [SPOILER] Tous les personnages sont des fantômes coincés dans la période de l’après-guerre, pas uniquement les domestiques. Grace (Nicole Kidman) a pété un boulard quand son mari l’a quitté et a tué ses enfants, avant de se suicider. Morts dans d’intenses traumas, ils sont tous devenus fantômes sans le réaliser et vivent depuis des années en hantant les lieux, sans s’apercevoir des changements autour. Le jardinier, la gouvernante et la fille muette sont morts également, à l’époque de la peste noire. Ils travaillaient dans la maison avant et ont décidé d’y rester, bien conscients d’être morts et que Grace et les enfants, eux, ne l’avait pas réalisé. Les bruits étranges qu’ils entendent et les phénomènes qu’ils voient sont en fait les nouveaux habitants, bien vivants et réellement hantés par les personnages du film. Toute notre petite famille de fantômes arrivent à faire fuir les nouveaux habitants après une séance de spiritisme et, satisfaits, reprennent possession des lieux.[/SPOILER]

Autres pépites renversantes à découvrir : Donnie Darko, Le Prestige, Peur Primale, Psycho, Inception, Memento, Soleil Vert, Saw, Seven, Le Village, Les Autres, Get Out, L’Orphelinat, Mademoiselle, Parasite… La liste est longue et l’intensité variable.

>>> Et vous, quel film vous a le plus soufflé grâce à son dénouement ?

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En salles mercredi, Rian Johnson propose une partie de Cluedo moderne et brillante avec À Couteaux Tirés. Voici la dernière bande-annonce :

>>> Mon avis sur le film À Couteaux Tirés

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