Jacky au royaume des filles : Vide et consternant

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Parodie creuse, Jacky au royaume des filles se contente d’inverser les rôles sans jamais aller plus loin. Malgré quelques rares bonnes idées et un casting étonnant, Riad Sattouf se complaît dans la bouffonnerie et comble le vide abyssal de son scénario éculé avec des gags benêts et sous la ceinture.

Le pitch : En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper…

Après Les Beaux Gosses (2009), Riad Sattouf est de retour avec un film destiné à son public favori : les ados. Un choix honorable, sauf quand il s’agit simplement de proposer une comédie au rabais en pensant que le public sera suffisamment stupide pour y adhérer.
Au départ, l’idée d’inverser les rôles et de créer un pays imaginaire sous régime totalitaire et extrêmement féministe était intéressante. Pendant les premières minutes, Jacky au royaume des filles parvient à maintenir l’illusion en nous faisant découvrir son univers concret et réfléchi. Même si Bubunne est un pays aux croyances et coutumes complètement farfelues, le concept est bien trouvé : les hommes vivent sous la domination féminine et ne sont bons qu’à être mariés, les femmes ont pris le pouvoir et traitent les hommes comme des moins que rien, tandis que tout le pays voue un culte à une religion ubuesque aux principes douteux. Riad Sattouf s’amuse avec ses personnages et, sous couvert d’humour, décrit sommairement les limites et les dangers d’un tel système.

Malheureusement, une fois l’intrigue mise en place et deux-trois idées lumineuses, Jacky au royaume des filles ne propose pas grand chose. Rapidement, le ton vaguement satirique disparaît au profit d’une intrigue niaise, tandis que le film se focalise sur le parcours de son héros. Prévisible et sans surprise, Riad Sattouf traîne son film sans aucune conviction ni ambition pendant 90 minutes, dont la moitié sert à jouer à cache-cache. Le résultat est consternant et amateur, tant l’ensemble est vide et parvient à peine à atteindre la ligne d’arrivée. Pire, alors que le calvaire semble enfin terminé, le film propose une dernière blague carrément douteuse, pour ne pas dire incroyablement déplacée.

Comment Riad Sattouf a-t-il réussi à convaincre un tel casting de participer à un film aussi creux ? C’est un mystère. Autour du duo apathique des Beaux Gosses, Vincent Lacoste et Anthony Sonigo, se bousculent Didier Bourdon, Anémone, Michel Hazanavicius et Noémie Lvovsky. Même Charlotte Gainsbourg, actuellement à l’affiche du très controversé Nymphomaniac, vient risquer la crédibilité de sa carrière en participant à cette mascarade.

En conclusion, circulez il n’y a rien à voir. Riad Sattouf propose un film inabouti, inintéressant, jamais drôle et creux malgré une idée originale qui, bien exploitée (et entre d’autres mains), aurait pu faire des étincelles.

Pourquoi, Charlotte ? Pourquoi ?

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