RoboCop : Quelques défauts mais divertissant

Robocop1

Plus proche du reboot que du remake, le nouveau RoboCop suscite la curiosité. José Padilha revisite le film culte de 1987, proposant une version quelque part entre le drame humain et le film d’action. Si le film se regarde avec un intérêt moyen, il faut avouer qu’au moment où les super héros sont les rois du genre, on a déjà vu mieux. Sympathique malgré un scénario plutôt simple, ce RoboCop n’est certainement pas à la hauteur du « vrai » RoboCop de Paul Verhoeven, mais il a le mérite d’être divertissant. C’est un minimum.

Le pitch : Les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d’acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme…

José Padilha l’avait annoncé dès le départ, il n’était pas question de réaliser une copie du premier RoboCop de Paul Verhoeven (1987), mais de proposer une nouvelle vision du super-flic tout en s’autorisant quelques clins d’œil. En effet, si la nouvelle version conserve la base (le flic intègre transformé en robot suite à une tentative de meurtre qui l’a laissé dans un état critique), le scénario a singulièrement été modifié notamment en introduisant le drame familial dans le fil conducteur. Que l’anonymat de RoboCop ne soit pas respecté n’est pas vraiment un problème, là où l’idée de donner un rôle important à la femme d’Alex Murphy peut poser un cas de conscience, c’est lorsque qu’on réalise que derrière le projet du super-flic, mi-homme mi-robot, se cache une entreprise un poil inhumaine (détail qui, dans la version 1987 où les films d’action laissaient peu de place au sentimentalisme, est gentiment éludé). Du coup, avant de pouvoir retomber en enfance et admirer le nouveau RoboCop, on finit tout de même par se poser la question : ne fallait-il pas laisser Alex Murphy mourir ? Le choix de sa femme n’est-il pas un peu égoïste et irréfléchi ? Autant de questions qui, dans la deuxième partie du film, nuisent au bon déroulement du film, car l’importance de la place occupée par la famille Murphy nous oblige à être confronté au coté assez cruel et inhumain, finalement, de la création de RoboCop, au moment où le Dr Norton (Gary Oldman) et Omnicorp jouent au docteur Frankenstein, en modifiant à leur guise l’état mental d’Alex Murphy pour en faire un meilleur robot. Padilha va même plus loin en nous offrant une scène pour le moins douloureuse où nous découvrons les « restes » du corps d’Alex Murphy. Finalement, en occultant l’étape où la mémoire d’Alex Murphy est effacée, Padilha expose encore plus toutes les contractions inhérentes à Robocop, puisqu’en s’attardant sur ces questions existentielles, l’idée initiale de mettre un homme dans une machine ne tient rapidement plus la route.

Heureusement, la partie action vient égayer le film… ou pas. En effet, Padilha se contente de reprendre le concept de RoboCop sans jamais explorer le potentiel cool du robot et ni essayer de nous en mettre plein la vue. Malgré quelques clins d’œil au film original (arrivée au commissariat sous le regard ahuri de ses collègues) et quelques moments classes (neutralisation d’une menace sans même regarder ce qu’il fait), RoboCop est loin de nous impressionner. À part courir très vite (comme beaucoup de super héros), avoir une super armure et une vision affichant des informations sur ce qu’il voit et lui permettant de faire des recherches instantanées (comme Iron Man) ou se déplacer avec une super moto (comme Batman), il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Même si malgré ses défauts scénaristiques, l’histoire reste attrayante jusqu’au bout, on est pas vraiment soufflés par cette nouvelle version. Certes, le film de Verhoeven n’était pas autant concurrencé par d’autres films du même genre (sauf si on compte Terminator à la limite), mais clairement en dehors de l’action on ne retrouve pas la classe ni le coté « bad-ass » du superflic. Au final, ceux qui ont connu le « vrai » RoboCop risque d’être déçu tandis qu’un public plus jeune en sortira forcément blasé, puisqu’on va déjà vu mieux.

Derrière la caméra, Padilha attise l’incertitude avec une mise en scène inégale. L’image est trop souvent instable (les prises de vue en caméra-épaule pendant une scène d’action devraient être proscrites) et surtout, Padilha adore un peu trop tourner autour de ses personnages, avec des minis plan-séquences circulaires. Une méthode souvent signée Michael Bay (Bad Boys, No Pain No Gain…) ou reprise par Louis Leterrier dans Insaisissables, qui est efficace si utilisée à bon escient (le réveil d’Alex Murphy en RoboCop), mais irritante lorsque focaliser autour de discussions ne faisant pas avancer le schmilblick.

Coté casting, Joel Kinnaman (The Darkest Hour, Sécurité Rapprochée…) endosse le rôle de RoboCop. Le problème c’est qu’il l’incarne exactement comme Peter Weller, alors que l’intrigue principale a été modifiée, du coup, son jeu un tantinet amorphe n’est pas vraiment cohérent avec le reste du film. Autour, nous retrouvons un face à face sympathique entre Gary Oldman (la saga The Dark Knight, La Taupe, Lawless – Des hommes sans loi…) et Michael Keaton (Batman version Burton, Very Bad Cops…) chacun réussissant à tirer son épingle du jeu. Samuel L. Jackson (Avengers, Django Unchained, Old Boy…) rejoint l’équipe dans un rôle peu évident, car via son émission il représente la voix du peuple américain et même s’il nous offre un génial « Motherf***** », ce n’est pas sa meilleure performance. Abbie Cornish (Sucker Punch, Sept Psychopathes…) apporte la seule touche féminine dans un rôle qui à tendance à tirer le film vers le bas, car trop larmoyant.

En conclusion, RoboCop se regarde d’un œil curieux, mais sans véritable intérêt. José Padilha n’a pas conscience du trésor qu’il a entre les mains et ne cesse d’osciller entre de l’action basique et le drame familial, autour d’une intrigue peu folichonne. Pas grave, si le film de Paul Verhoeven a un peu vieilli, il reste, à ce jour, le seul RoboCop qui compte.

The Fantastic Four.

The Fantastic Four.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s