Only Lovers Left Alive : Mélancolique et envoûtant

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Complexe, Only Lovers Left Alive est une romance noire dont la magie se révèle à travers la langueur du film. Mélancolique et envoûtant, si le dernier film de Jim Jarmusch ne se démarque pas par une histoire originale, la bande originale enivrante et rock suffit à sauver un film finalement peu accessible mais ô combien poétique. Porté à l’écran par un duo habité, Tilda Swinton et Tom Hiddleston, Only Lovers Left Alive porte un regard sombre sur l’humanité tout en offrant une version inédite et fascinante d’Adam et Ève, incarnés par deux vieux démons engloutis par une lassitude béante.

Le pitch : Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

Le dernier film de Jim Jarmusch (Coffee and Cigarettes, Broken Flowers…) est une expérience étonnante dont on ne ressort pas indemne. Très visuel et peu bavard, Only Lovers Left Alive observe le sort du monde à travers la relation éthérée de deux amants pas comme les autres. Ambiance mélancolique, noir dépressif, Jim Jarmusch s’approprie le genre vampirique entre morceaux de rock et amours éternels. Deux amants maudits, entretenant la flamme à distance, comme s’il avaient trouvé le secret de l’amour éternel, se retrouvent et se complètent. Entre Tanger et Chicago, Only Lovers Left Alive est une expérience envoûtante et mélomane, à la fois rock et poétique. Une métaphore subtile bousculée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, représentant le chaos, cette jeunesse qui ne respecte rien, que ce soit la vie de ses pairs ou le mythe même des vampires. Jarmusch revient à la source et au naturel, revendique la simplicité et redonne ses lettres de noblesse à un genre sauvagement vandalisé par des vampires à paillettes.
Fascinant et hypnotisant, la douce mélancolie teintée de nostalgie émanant du film subjugue, bercé par une bande originale excellente. Only Lovers Left Alive possède une classe folle et un style artistique prononcé, très rock, surtout gothique et romantique, des décors surannés aux looks intemporels de ses personnages.

Coté casting, Tom Hiddleston (Thor, Avengers, Cheval de Guerre…) et Hilda Swinton (Constantine, L’étrange histoire de Benjamin Button, Snowpiercer…) forment un duo magnifique et diablement sexy, l’un dépressif avec ses allures de rock star 80s et l’autre, blanche et apathique. Un mélange pourtant risqué que Jim Jarmusch sublime de minute en minute, conférant un attrait indescriptible à ces deux parfaites créatures de la nuit.
Mia Wasikowska (Des hommes sans loi, Stoker…) surprend dans ce rôle audacieux qui se joue de la réputation effacée de la jeune actrice. John Hurt (Alien, le huitième passager, les derniers Harry Potter, Snowpiercer…) est toujours aussi incroyable et attachant.

En conclusion, Only Lovers Left Alive est un petit ovni filmique, une expérience musicale et poétique qui s’observe avec curiosité. Jim Jarmusch nous livre un film qui se vit plus qu’il ne se raconte, alors laissez-vous tenter par ce voyage extraordinaire.

God or vampire ?

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