Tarzan : Insipide et inutile

Tarzan

Tarzan est une légende qui a déjà connu de nombreuses adaptations. Dans cette nouvelle version, Reinhard Klooss transpose l’homme-singe au cœur d’un film d’animation creux au message écologique. Une tentative intéressante de remettre Tarzan au goût du jour, mais le film est desservi par de nombreux défauts, entre une histoire peu convaincante, un manque de rythme évident et des personnages au design ultra cheap. L’ensemble se révèle finalement plutôt mou et a bien du mal à faire oublier les versions précédentes, dont le dessin animé Tarzan proposé en 1999 par les Studios Disney… même avec la 3D.

Le pitch : Au cœur d’une des régions les plus reculées d’Afrique, John Greystoke, ambitieux président de Greystoke Energies, a découvert une étrange météorite qui semble être la source d’une énergie colossale. En essayant de prélever un échantillon, il provoque un cataclysme auquel seul son tout jeune fils, Tarzan, survivra, perdu au milieu de la jungle. Recueilli par Kala, une femelle gorille, Tarzan est devenu un jeune homme fort et agile…

Proposer une nouvelle adaptation de Tarzan est une idée aussi simple qu’ambitieuse. Simple, car ce personnage fictif créé par Edgar Rice Burroughs en 1912 a connu des dizaines (et plus !) d’adaptions littéraires, télévisées ou cinématographiques, si bien que son histoire est connue de tous. Ambitieuse justement pour les mêmes raisons, car entre les récits sur les origines de Tarzan, sa vie dans la jungle (seul ou avec Jane) ou encore, sa vie après la jungle… les secrets qui entourent ce personnage sont aujourd’hui aussi minces que le mini bout de tissu qui recouvre le popotin du célèbre Roi de la Jungle.
Du coup, une nouvelle version de Tarzan est un véritable défi puisqu’il faut créer une histoire différente, capable de faire de l’ombre au version précédente. C’est peut-être là le seul bon point du film de Reinhard Klooss (Les Aventures de Impy le dinosaure impie, Animaux et Cie…), qui décide d’adapter cette légende à travers un drame écologique. Malheureusement, en dehors de ce message clairement énoncé, le film ne tient pas la route.
Partager entre l’envie de montrer l’enfance de Tarzan et sa rencontre avec Jane, l’intrigue s’étire inutilement sur plusieurs années, ce qui pèse énormément sur le rythme du film, déjà bien alourdi par le manque de magie ou d’enthousiasme. Les événements se succèdent sans véritable intérêt et même les rares plans dévoilant des paysages somptueux ne parviennent pas à égayer la trame. Le film est en fait très froid car les émotions ont du mal à filtrer à travers l’écran, notamment dû à des personnages peu plaisants graphiquement, mais aussi peu communicatifs, du coup on ne parvient pas à s’y attacher. Tarzan ne propose rien de nouveau et s’enfonce dans une histoire mollassonne, souvent incohérente et ampoulée par les réactions parfois irrationnelles de ses héros. La conclusion tarde à venir, bâclée à la hâte et, cerise sur le gâteau, se termine avec une petite morale aussi poussiéreuse que l’ensemble du film. [Spoiler : Tarzan découvre le sens de la vie grâce à l’amour… d’une femme. Pourquoi cette précision ? L’amour, tout court, devrait suffire non ?]

Finalement, ce Tarzan ne fait que emprunter des idées existantes pour combler les trous dans son scénario, sans jamais chercher à réinventer son personnage phare (mais par contre on nous impose une Jane blonde et l’absence de Cheetah…). Ce qui n’est finalement pas étonnant, car Klooss a n’en est pas à son premier méfait : son dernier film Animaux et Cie (2010) ressemblait déjà à une sous-version de l’Âge de Glace à la sauce écolo. Les mauvaises habitudes étaient déjà bien présentes, donc… Coté animation numérique, le film mise tout sur ses paysages très travaillés et magnifiques, bien qu’inspiré par des films comme Avatar ou encore L’Odyssée de Pi, tandis que les personnages ressemblent à un mauvais croisement entre de vieux jeux vidéos et des films d’animation Barbie.

En conclusion, cette nouvelle adaptation n’apporte rien à la légende de Tarzan. Froid, le film de Reinhard Klooss ne propose ni émotion ni humour et se contente de réutiliser une histoire existante pour faire passer un message écologique bien fade. À éviter.

Oops. The 3 wise monkeys look pissed off!

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