American Nightmare 2 – Anarchy : Plus assumé et plus fun

americannightmare2_1Stressant, violent et jubilatoire, American Nightmare 2 – Anarchy est enfin le film à la hauteur de son pitch : aussi « apolitiquement correct » que déjanté. Oubliez les ratés du premier film, ici le réalisateur, James DeMonaco utilise le concept original de la Purge dans un survival haletant et convaincant. Grâce à un scénario suffisamment rythmé, malgré quelques imperfections, American Nightmare 2 – Anarchy  offre enfin le spectacle sans limite et déchaîné qui a tant fait défaut au premier opus. Enfin de l’action !

Le pitch : Leo, un homme sombre et énigmatique, brigadier de police, est hanté par la disparition de son fils. S’armant d’un arsenal offensif et défensif, cet homme possédé est résolu à se purger de ses démons. Eva, une mère célibataire tentant tant bien que mal de joindre les deux bouts, et sa fille adolescente Cali vivent dans un quartier défavorisé et n’ont pas les moyens de s’offrir une bonne protection. Quand une poignée de «purgeurs» masqués pénètrent chez elles et les capturent, elles n’ont d’autre choix que de s’en remettre à leur libérateur fortuit, Leo. Au détriment de sa mission de vengeance «autorisée» contre celui qui a porté préjudice à sa famille, Leo, témoin de l’enlèvement d’Eva et Cali, ouvre le feu sur leurs agresseurs alors que Shane et Liz, un couple sur le point de se séparer, sont les victimes d’un acte de sabotage sur leur voiture à quelques minutes seulement du début de la Purge. Trouvant refuge dans le véhicule blindé que Leo a laissé ouvert pour porter secours à Eva et Cali, Shane et Liz s’allient alors à eux pour tenter de se défendre contre ceux qui ont la ferme intention d’exercer leur droit à la tuerie. Alors que ces cinq nouveaux alliés sont poursuivis à travers la ville, dans un sinistre jeu de «tue-moi ou je te tue» effaçant la frontière entre vengeance sponsorisée et justice humaine, tous sont amenés à remettre en question tout ce que leurs dirigeants leur ont toujours prôné.

Devant la déception du public (et la mienne) face au premier American Nightmare (2013), Blumhouse Production s’est empressé de mettre en route une suite, plus en adéquation avec les attentes du public. En effet, si l’idée principale du film, la Purge, était attrayante, son adaptation confinée au sein d’un huis-clos manquait grandement de dynamisme. Du coup, malgré un concept novateur et foutraque, American Nightmare se réfugiait trop rapidement dans des clichés sans surprise et des personnages trop souvent tête-à-claques.

Plutôt que de corriger le tir, James DeMonaco réalise une nouvelle version du film, plus libre, plus violente et plus déjantée (à défaut d’être sanglante). Cette fois, plutôt que de s’enfermer inutilement, le réalisateur transpose la Purge dans différents tableaux, affectant différents personnages qui vont se retrouver, souvent malgré eux, en pleine rue pendant cette fameuse nuit où tous les crimes sont permis. Conservant le même principe et après un rapide rappel pour ceux qui prendraient le train en marche, American Nightmare 2 – Anarchy présente rapidement ces personnages principaux, tous se préparant pour affronter la nuit de la Purge, en distillant de-ci de-là des indices inquiétants. On retrouve donc le contraste insolite entre le quotidien lambda et la préparation de la purge, dans lesquels, au milieu des courses, des personnages achètent des armes et préparent leurs attirails. Le discours a également légèrement évolué, puisque le film donne plus clairement la parole aux anti-Purge, en instaurant un mouvement rappelant légèrement les Black Panthers à l’époque et révélant une approche différente du système mis en place par le gouvernement américain.
En diversifiant les personnages et leurs états d’esprit, American Nightmare 2 – Anarchy est plus accessible et le public peut rapidement s’identifier aux personnages : du couple menacé par un groupe d’individus masqués et inquiétants, à celui qui profite de la Purge pour obtenir sa vengeance. Si le film profite de la renommée du précédent opus, American Nightmare 2 – Anarchy nourrit une tension de plus en plus éprouvante et la tension explose lorsque que l’heure de la Purge a sonné.

Plus violent et assumé, American Nightmare 2 – Anarchy s’en donne à cœur joie quand il s’agit de mettre de l’ambiance. Entre chasse à l’homme et survival, le film est une véritable course contre la montre, dans laquelle la menace est littéralement à tous les coins de rue. James DeMonaco livre un film efficace en proposant des personnages crédibles et simples auxquels on s’attache rapidement, tandis qu’ils traversent une ville à feu et à sang. Au cours des différents rebondissements, American Nightmare 2 – Anarchy en profite pour dépeindre une société effrayante en évitant les stéréotypes gênants. En effet, là où le premier film avait tendance à stigmatiser une certaine population, American Nightmare 2 – Anarchy explore aussi bien les vices chez les riches et chez les pauvres. Lesquels sont les plus choquants ? À vous de voir. Toujours est-il qu’au-delà du divertissement et de la violence gratuite, American Nightmare 2 – Anarchy ose le sous-texte politique en montrant du doigt le gouvernement et ses tentatives de manipulation, à travers une Purge qui, finalement, fait beaucoup plus de mal que de bien.

Loin d’être parfait, le film compte quand même quelques points faibles. Outre le fait de décider si on préfère le huis-clos du premier ou la frénésie du second, American Nightmare 2 – Anarchy se révèle parfois prévisible. Malgré les nombreux rebondissements, on finit toujours pas deviner l’issue des plusieurs scènes clés (y comprit le final), tandis que certaines invraisemblances viennent assombrir le tableau. De plus, American Nightmare 2 – Anarchy a quelque chose de frustrant dans son traitement, car si tous les crimes sont permis, le film ne montre que des meurtres, le plus souvent expéditif. Si on peut tuer librement, pourquoi choisir une arme aussi brève qu’un pistolet ou un fusil (et ne pas opter pour la torture, par exemple…). Tuer pour tuer, pourquoi pas, mais si l’idée est de se purger, je ne pense pas que tirer dans le tas une fois par an soit vraiment libérateur…

Néanmoins, le film de James DeMonaco est traversé par une ambiance follement déchaînée, à la tension palpable et efficace. La mise en scène permet rapidement de plonger dans l’intensité du film, même si les plans en caméra-épaule rendent l’image trop souvent instable. Toutefois, certaines scènes sont assez réussies, notamment celui où le gang masqué (celui sur l’affiche) apparaît pour la première fois, avec un plan par personnage et une tension à couper au couteau et communicative.

Au casting, peu de visage connus. Frank Grillo (Gangster Squad, Captain America : Le Soldat de l’Hiver…) rendosse un nouveau rôle de bad boy, aussi charmant que bourru, sans jamais changer d’expression (dommage). À ses cotés, ou plutôt derrière lui, nous retrouvons Zach Gilford (récemment vu dans The Baby…), Kiele Sanchez (30 jours de nuit : Jours sombres…) et Carmen Ejogo (Away We Go, Sparkle…), aussi interchangeables les uns que les autres, tandis que Zoe Soul se démarque de lot, même si son rôle est un peu trop moralisateur. Jack Conley (Fast and Furious 4, Gangster Squad…) et Justina Machado (Desperate Housewives…) font un passage remarqué dans des seconds rôles dispensables.

En conclusion, si le huis-clos navrant du premier opus vous avait laissé sur votre faim, American Nightmare 2 : Anarchy relève le niveau en proposant un film stressant et échevelé dans une Amérique en pleine perte de repère. Certes l’ensemble présente plusieurs défauts, aussi bien au scénario que dans la mise en scène, mais le capital jouissif du film réside dans cette nuit de lâcher prise démentielle, brillamment exploité par James DeMonaco. À voir !

OK, hiding in a closet is NEVER a solution.

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