[COUP DE CŒUR] Le Sens de la Fête, d’Éric Toledano et Olivier Nakache

Drôle, chaleureux et humain, le nouveau film du duo Toledano-Nakache vise une nouvelle fois juste en proposant une comédie chorale colorée et réussie, rappelant leurs premiers succès avant Intouchables. Le Sens de la Fête enivre au cours d’une soirée criblée d’imprévus, de dérapages et de personnages détonnant, le tout orchestré avec un sens du rythme excellent. Un véritable feel-good movie qui donne la pèche, le sourire et, comme souvent chez Toledano-Nakache, l’envie de chanter et de danser avec le film !

Le pitch : Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd’hui c’est un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d’habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l’orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie… Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d’émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu’à l’aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête.

Avant le gros succès mérité d’Intouchables en 2011, le duo de réalisateurs Éric Toledano et Olivier Nakache s’étaient déjà fait connaître avec des comédies chorales hilarantes, idéales pour donner le sourire à travers des sujets fédérateurs tels que la famille, l’amour ou l’amitié avec Nos Jours Heureux (2006) ou Tellement Proches (2009). Puis, Intouchables a débarqué en un bon gros rouleau compresseur émotionnel, Toledano-Nakache transitent vers la dramédie avec brio dans un registre plus intimiste autour d’une histoire d’amitié improbable entre un paraplégie millionnaire et un banlieusard un poil voyou sur les bords. Intouchables a conquis un nombre incroyable de spectateurs en France, et c’est probablement ce qui a poussé Toledano et Nakache a vouloir explorer le coté dramatique de leurs films avec Samba en 2014. Si ce dernier n’était pas déplaisant et permettait d’explorer un sujet social bien réel, on était loin, très loin, de l’allégresse habituelle que l’on retrouve dans leurs films.

La force est donc dans le nombre, semble-t-il, et Le Sens de la Fête apparaît comme un retour en force du duo Toledano-Nakache qui offre, avec leur dernier film, un cocktail jubilatoire de rires et d’émotions dans une ambiance fantastique et agréablement immersive. Malgré le nombre impressionnant de personnages, Le Sens de la Fête parvient à nous entraîner dans une ronde étourdissante dans les coulisses d’un mariage exigeant, jonglant entre un traiteur au bord de l’implosion, un personnel éclectique et un marié particulier. Disputes, organisation, improvisation et sentiments, Le Sens de la Fête cristallise les aléas d’une soirée conviviale et vivante dans une ronde piquante et pleine de rebondissements qui transforment la moindre banalité en sources d’humour efficace.

Avec un rythme entraînant, Le Sens de la Fête nous entraîne dans sa douce folie, à travers ses relations humaines, qu’elles soient romantiques ou conflictuelles, avec une chaleur immersive, qui fait qu’on se sent rapidement proche de chaque personnage, comme si Toledano et Nakache nous invitaient à cette soirée aux premières loges. Le spectateur peut s’identifier à tout instant dans cette galerie de personnages haut en couleurs, donnant lieu à des scènes souvent extraordinaires. Sans aucun ralentissement, le film enthousiasme et n’en fait jamais trop, l’histoire dosant parfaitement ses pointes d’humour et d’émotions pour éviter brillamment les lourdeurs qui lui faisaient de l’œil. C’est un vrai feel-good movie, rappelant les premiers succès des réalisateurs – souvent avec quelques références bien volontaires – tant on y retrouve une belle harmonie narrative et le sourire, et ce, du début à la fin.

Au casting, Jean-Pierre Bacri (Grand Froid, Tout de Suite Maintenant…) est LE choix parfait : si l’acteur n’a jamais caché le fait que son caractère bougon n’était pas un rôle, sa personnalité sert parfaitement son personnage visiblement écrit pour lui. Autour de lui, un casting colossal dans lequel on retrouve des visages bien connus : Gilles Lellouche (HHhH, Rock’N’Roll, La French…), Jean-Paul Rouve (Dalida, Jamais le Premier Soir...), Judith Chemla (Une Vie, Ce Sentiment de l’Été…), ou encore Kévin Azaïs (Compte Tes Blessures, La Belle Saison…), tandis que Eye Haïdara (La Taularde…) crève l’écran, Benjamin Lavernhe (L’Odyssée, Rupture Pour Tous…) est très bien dans son personnage vaniteux et Alban Ivanov (Patients…) reste mesuré en gaffeur compulsif. Le casting, dans son ensemble, est savoureux.

En conclusion, après les dramédies sociales (Intouchables et Samba), Éric Toledano et Olivier Nakache renouent avec ce qu’ils font de mieux : les comédies chorales plein de bonne humeur et de rire. Le Sens de la Fête est un film plein de joie, célébrant l’humain dans ses contractions et sa folie, dans un feel-good movie fédérateur et chaleureux. À voir absolument !

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