[CRITIQUE] La Fête Est Finie, de Marie Garel-Weiss (Sortie DVD)

Le pitch : La Fête Est Finie, c’est l’histoire d’une renaissance, celle de Céleste et Sihem. Arrivées le même jour dans un centre de désintoxication, elles vont sceller une amitié indestructible. Celle-ci sera autant une force qu’un obstacle lorsque, virées du centre, elles se retrouvent livrées à elles-mêmes, à l’épreuve du monde réel et de ses tentations. Le vrai combat commence alors, celui de l’abstinence et de la liberté, celui vers la vie.

Réalisé par Marie Garel-Weiss
Avec Zita Hanrot, Clémence Boisnard, Michel Muller…
Sortie en DVD : le 21 août
Bonus DVD : Entretien avec Marie Garel-Weiss, scènes coupées

Mon avis : Scénariste, notamment sur Goal of the Dead 2, Marie Garel-Weiss se lance dans son premier long-métrage avec La Fête Est Finie, un drame qui suit le parcours désenchanté de deux toxicomanes dont l’amitié mettra à l’épreuve leur possible guérison. Avec un tel sujet, le film ne peut passer à coté de certains clichés quand il s’agit d’explorer le parcours de ses personnages. Pourtant, La Fête Est Finie s’émancipe rapidement de ce passage obligatoire pour se tourner vers le présent et narrer le long chemin éprouvant qu’est la désintoxication. De la dépendance chimique à la dépendance affective, Marie Garel-Weiss lie ces jeunes femmes brisées aux tempéraments destructeurs qui luttent contre leurs pulsions. La Fête Est Finie, comme son nom l’indique, cristallise la rechute ou plutôt le retour sur terre alors que les effets de la drogue se dissipe et que la réalité rattrape ses protagonistes, les forçant à affronter leurs angoisses et leurs faibles estimes d’elles-mêmes. Au-delà de l’histoire attendue sur l’addiction, Marie Garel-Weiss tente de capturer la lueur vacillante qui fait toute la différence entre l’espoir et le néant.

Loin de vouloir s’enliser dans la caricature, La Fête Est Finie est une histoire de mental. Au lieu de chercher des coupables extérieurs, le film vise l’introspection, la quête intimiste qui pousse une personne à plonger ou une autre à s’en sortir. Le viseur braqué sur ses héroïnes, Marie Garel-Weiss capte chaque réalisation, chaque réplique ou fuite en avant pour faire évoluer son propos et explorer l’élément toxique sous toutes ses coutures, ici à travers l’amitié. La première partie du film se nourrit de cette énergie vive, entre questionnements, emprises et envie de s’en sortir. Les personnages vivotent entre leurs meilleurs souvenirs et les conséquences de leurs choix, La Fête Est Finie observe cette douloureuse prise de conscience et semble foncer droit dans le mur.

Seulement voilà, une fois son postulat établit, le film perd peu à peu de son éclat, alors que le voile se déchire et que la vie reprend ses droits. Si le regard est admiratif et encourageant, La Fête Est Finie ne parvient pas à atteindre la profondeur viscérale que j’espérais dans ce genre de film, préférant s’évader vers une porte de sortie un chouilla facile à mon goût. Certes, Marie Garel-Weiss refuse les clichés sordides mais ce faisant, elle ignore aussi la réalité plus noire en divisant le duo pour n’en suivre que la moitié la plus satisfaisante. Pour ma part, je trouve que le film aurait eu plus d’impact si l’histoire n’avait pas abandonné le personnage de Sihem en cours de route car la guérison et la rechute sont deux faces de la même pièce quand il s’agit de la dépendance.
Néanmoins, la justesse et le caractère lumineux de l’ensemble parviennent à nous emmener dans ce parcours empreint de désillusions. Marie Garel-Weiss signe un premier film sincère et touchant, malgré des choix narratifs discutables et un ensemble assez scolaire qui manque de profondeur et de personnalité.

Au casting, Clémence Boisnard (Gare du Nord, L’Âge Atomique…) et Zita Hanrot (Carnivores, Fatima…) forment un duo que tout oppose mais qui se ressemble par endroit. La première tente de convaincre, tandis que la seconde – César du Meilleur Espoir Féminin en 2016, au passage – livre une performance époustouflante – et c’est probablement pour cela que j’aurai aimé en voir plus sur son personnage. Autour d’elle, Michel Muller (Jour J…) refait surface, Christine Citti (Going To Brazil…), Pascal Rénéric (Maryline…) et Marie Denarnaud (La Taularde…) complètent un ensemble secondaire.

En conclusion, La Fête Est Finie accroche avec un duo désenchanté et touchant, entre fatalités et quête de la lumière au bout du tunnel. Malgré ses quelques défauts et sa construction souvent académique, Marie Garel-Weiss propose un drame réaliste et plein de vie. Et pour ne rien gâcher, Zita Hanrot crève l’écran. À voir.

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