[CRITIQUE] Les Incognitos, de Nick Bruno et Troy Quane

Le pitch : Le super espion Lance Sterling et le scientifique Walter Beckett ont des personnalités radicalement opposées. Lance est relax, cool et il a du style. Walter est … tout l’inverse. Certes, il n’est pas très à l’aise en société mais son intelligence et son génie créatif lui permettent d’imaginer les gadgets impressionnants que Lance utilise sur le terrain. Alors qu’une mission tourne mal, Walter et Lance vont devoir unir leurs forces. Si ce duo excentrique ne parvient pas à s’entraider, le monde est en danger.

Depuis Anastasia en 1997 jusqu’à la saga L’Âge de Glace, les Studios 20th Century Fox Animation et Blue Sky ont toujours été une compétition discrète sur le terrain de l’animation face aux géants Disney et Dreamworks. Aujourd’hui, maintenant que la maison Disney a racheté une bonne partie de la Fox, Les Incognitos est probablement l’un des derniers films d’animation à avoir le thème de la 20th Century Fox à l’ouverture. C’était le petit point nostalgie.

Réalisé par Nick Bruno et Troy Quane qui s’attellent à leurs premiers long-métrages après avoir travaillés en tant qu’animateurs et/ou story-boardeurs pour de nombreux films d’animation des studios Blue Sky, Les Incognitos est un film d’espionnage et d’action au format assez simple, mais surtout efficace. La recette est connue : un duo improbable, une situation cocasse où un super-agent est transformé en pigeon malgré lui alors que sa dernière mission a mal tourné, et voilà le film qui se lance sur des chapeaux de roue. Les Incognitos propose des personnages attachants – portés par les voix reconnaissables de Will Smith et Tom Holland – dans une dynamique qui fonctionne entre comique de situation et un rythme qui file à toute allure.
Globalement, l’ensemble fait le job : le style d’animation est fluide, agréable et lisible, tandis que la narration coche toutes les bonnes cases pour animer la trame. Solide et fun, le film de Nick Bruno et Troy Quane clôture l’ère de l’animation estampillée 20th Century Fox avec panache à travers un film bordé d’actions au style coloré, d’humour léger et de personnages accrocheurs. J’ai personnellement bien ri avec la scène de la sonnette 😀

Cependant, si Les Incognitos devrait facilement trouver son public, dans les détails, on aurait pu faire mieux. L’idée d’avoir un super-agent transformé en pigeon qui collabore avec un super-geek qui se trouve être fan de pigeon épice la trame, mais ce n’est pas assez creusé. Certes, on évoque les travers des pigeons, parfois leurs qualités, mais au-delà de l’intégration d’autres pigeons en gimmick déguisés, le film ne va pas plus loin et ne semble pas vraiment savoir comme capitaliser sur son idée principale – malgré la présence de ces milliers d’oiseaux à chaque étape. Du coup, Les Incognitos laisse un bon souvenir teinté d’un « meh », alors que le film se digère et s’oublie assez rapidement puisqu’à aucun moment il ne prend le temps de délivrer un message réfléchi et découlant des aventures des héros une fois arrivé en fin de parcours. Ha si, peut-être l’importance de faire équipe, mais ça, c’est balancé au début du film déjà.

Au casting vocal, comme mentionné plus haut, Will Smith (Gemini Man, Aladdin…) et Tom Holland (Spider-Man Far From Home, Avengers Infinity War et Endgame…) tiennent la barre des rôles principaux en version originale, semblant appliqués leurs propres personnalités (publiques) aux héros, alliant l’attitude bravache mais cool du super-agent à la voix éraillée d’un petit génie au courage insoupçonné. Les plus attentifs reconnaîtront Ben Mendelsohn (Captain Marvel, Robin des Bois, Ready Player One…) en méchant à la poigne de fer (hihi), ainsi que Karen Gillan (Jumanji: Next Level, Avengers Infinity War et Endgame…) dans le rôle de Eyes. Rashida Johns (Angie Tribeca, Parks And Recreation…), Masi Oka (Heroes, En Eaux Troubles…) et DJ Khaled s’invitent aussi à la fête.

En conclusion, Les Incognitos proposent un film d’animation sympathique mêlant comédie, action et espionnage dans un mini rollercoaster divertissant et fun. Entre humour et décontraction, Nick Bruno et Troy Quane signe un ensemble efficace, mais qui aurait tout de même mérité d’être plus étoffé pour véritablement rester en mémoire. À voir.

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