Drame

[CRITIQUE] Les Cinq Diables, de Léa Mysius

Le pitch : Vicky, petite fille étrange et solitaire, a un don : elle peut sentir et reproduire toutes les odeurs de son choix qu’elle collectionne dans des bocaux étiquetés avec soin. Elle a extrait en secret l’odeur de sa mère, Joanne, à qui elle voue un amour fou et exclusif, presque maladif. Un jour Julia, la soeur de son père, fait irruption dans leur vie. Vicky se lance dans l’élaboration de son odeur. Elle est alors transportée dans des souvenirs obscurs et magiques où elle découvrira les secrets de son village, de sa famille et de sa propre existence.

5 ans après son premier film Ava, salué par de nombreux festivals courant 2017 dont la Semaine de la Critique à Cannes, Léa Mysius revient avec Les Cinq Diables, un conte noir à la frontière du drame identitaire et du fantastique.
Rapidement, le film intrigue et suscite la curiosité, à travers l’odorat incroyable de la petite Vicky et les possibilités qui en découlent. Entre flashbacks et découvertes de l’histoire familiale, Les Cinq Diables multiplie les fils conducteurs de son récit mais rapidement, l’ensemble finit par battre de l’aile à cause d’une mise en scène souvent trop vacillante et éparpillée.

L’un des problèmes majeurs réside dans la superficialité avec laquelle les histoires des personnages sont abordées. Les Cinq Diables suscitent plus de questions que de réponses, en se faufilant dans les coutures du genre fantastique. Plus troublant, au cours du film, on découvre qu’un personnage principal a des réponses qui auraient pu aider ou orienter la jeune Vicky depuis le début… Mais l’histoire choisit de garder ses petits secrets jusqu’au dernier moment, ce qui soulève des questions quant à la logique interne et les intentions du récit.

Les relations entre les personnages manque de conviction, tout comme le décor désuet qui transforme le village en un microcosme aux morales et préjugés désuets, avant de révéler la réalité cachée derrière cette famille aux apparences heureuses. Le montage du film est marqué par des transitions abruptes et des scènes qui semblent s’évaporer avant d’atteindre leur conclusion. Les fameux évanouissements des personnages en est un exemple frappant, donnant l’impression que le film abandonne délibérément certaines lignes narratives sans explication ni résolution.

Au casting, Adèle Exarchopoulos (Rien à foutre, BAC Nord, Sibyl…), pourtant une actrice talentueuse, semble être sous-régime dans ce film et ne parvient pas à tirer le meilleur de son personnage. À ses cotés, Sally Dramé et Swala Emati font des premiers pas solides sur grand écran, tandis que Moustapha Mbengue (Amin…) complète une cellule familiale pétrie dans les non-dits.

En conclusion, Les Cinq Diables propose une intrigue intéressante, mais qui souffre d’une mise en abîme maladroite, laissant des questions sans réponse et des personnages sous-développés. Malgré ses promesses, j’ai trouvé le film de Léa Mysius un poil décevant, qui aurait pu briller plus fort s’il était plus abouti. À tester.

Laisser un commentaire