Cloud Atlas : un bijou rare et unique

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Quand on dit Wachowski, on pense instantanément à la saga Matrix, une trilogie devenue culte qui a marqué le début des années 2000. Alors forcément, leur dernier film était attendu avec beaucoup d’impatience, surtout quand le sujet a été dévoilé (sans parler du bugdet pharaonique !). Cloud Atlas, co-réalisé par le duo Andy et Lana Wachowski avec Tom Tykwer, l’auteur du livre éponyme (en français Cartographie des nuages), répond à toutes nos attentes et au-delà. Embarquez pour une superbe œuvre contemporaine, pleine de surprises et fascinante, à travers des existences croisées et des univers oscillant entre l’ordinaire et l’imaginaire. Cloud Atlas était un pari très risqué, bien plus audacieux, plus inventif et plus vivant que la saga Matrix (que personnellement, je n’ai pas aimée), mais grâce à une réalisation époustouflante, une écriture habile et doué d’une direction artistique somptueuse, le film tient étonnamment la route et se suffit à lui-même tant le film contient toutes les réponses aux questions qu’il soulève. Cloud Atlas porte un message d’espoir et de sagesse, tout en explorant certaines croyances, telles que les vies antérieures et l’holisme. Une réflexion intéressante, un brin philosophique (certains diraient bouddhiste), qui saura être exploitée dans toute ses formes. Le résultat est une merveille, passionnante et riche en émotions.
J’ai envie de dire qu’il ne faut surtout rien lire sur le film et y aller le plus « vierge » possible, car le meilleur moyen d’apprécier le film c’est tout simplement de se laisser porter (mais bon, puisque vous insistez…).

Le pitch : À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement… Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié.

Difficile de résumer un film aussi fort qui se vit plus qu’il ne se résume et pourtant il s’agit bien d’une fable à plusieurs niveaux qui évolue sous les yeux de spectateurs qui seront, je l’espère, ébahis. Une réussite incontestable pour le film qui avait été élu pire film de l’année 2012 par le Times ! Cloud Atlas est différent, très différent de ce qu’on a l’habitude de voir, ambitieux et complexe, il ne sera déroutant que pour les cyniques (désolée) qui ne sauront quoi faire devant cette oeuvre où le concret n’a pas sa place. Quelque part entre le fantastique, la féerie et la science-fiction, Cloud Atlas ne cesse de mélanger les genres, les styles, les époques et les personnages avec brio et réussissant à faire vivre chaque étape en même temps, sans être embrouillé par des ellipses temporelles qui auraient pu piéger n’importe quel autre réalisateur. En effet, quelque soit l’époque, le fil conducteur d’un monde ou d’un autre, le film aboutit avec application à une conclusion cohérente mettant en lumière le travail remarquable de toute une équipe devant et derrière la caméra. Parfait, peut-être pas, mais certainement stupéfiant, novateur et spectaculaire. Le seul bémol du film serait la longueur, car Cloud Atlas dure plus de 3 heures et, sans mentir, cela se fait parfois ressentir. Mais on est tellement happés et subjugués autant par la beauté que par la narration quasi-hypnotisante du film, qu’on tiendra, à raison, jusqu’au bout et sans effort.

Dès les premières images, Cloud Atlas intrigue. Nous avons peut-être l’habitude de voir des films se dérouler dans deux univers parallèles, trois maximum, mais ici, le film se déroule sur six univers totalement différents, certains ancrés dans des époques réelles, d’autres créés de toutes pièces, ce qui peut parfois donner le tournis  Autre élément inquiétant, au premier abord, c’est lorsqu’on constate que ce sont toujours les mêmes acteurs, avec un look voire un physique différent, qui incarnent les différents tableaux. Autant de choix qui peuvent dérouter dès les premières minutes mais qui rapidement arrivent à trouver leur place au sein d’une narration élaborée et entraînante. Certes Cloud Atlas demande beaucoup d’attention au départ, mais plus le film avance et plus on accroche aux personnages et à leurs histoires variées. Cloud Altas manie le suspens, l’humour et l’action avec beaucoup d’adresse, ce qui est un véritable exploit sur un thème à l’apparence aussi aussi casse-gueule, il faut l’avouer. Qui d’autre aurait pu réussir à réaliser une oeuvre aussi cohérente avec un sujet aussi surréaliste ? Personne, les Wachowski ont été créé pour illuminer le paysage cinématographique moderne. Si Cloud Atlas est un outsider aujourd’hui, il deviendra sûrement dans quelques années une œuvre référence (tout comme Matrix, d’ailleurs, qui a donné une nouvelle dimension à n’importe quelle scène de combat dans les films, par exemple).

« The weak are meat, the strong do eat »

Entre l’ascension d’une porte-parole (déesse ?), la découverte d’un monde sauvage, le parcours d’un esclave en fuite ou celui d’une journaliste en quête de vérité, Cloud Atlas s’épanouit dans tous ses niveaux de lecture et ne cesse de se renouveler de minute en minute, éveillant la curiosité, en surprenant par ses choix plus qu’atypiques. N’essayez pas d’anticiper le film ou ni de l’interpréter en cours de route,  Cloud Atlas ne répond à aucune règle de construction filmique et ressemble plus une photo qui ne cesse de se démultiplier et de s’agrandir dès qu’on essaie d’observer un détail plus attentivement. Sauf qu’ici, il s’agit d’une mélodie qui se crée sous nos yeux, influencée par les actes de chacun des personnages du film. Il faut se laisser porter.
Débordant de richesses et d’inventivité, chaque nouvelle immersion dans un des univers de Cloud Atlas dévoile une nouvelle profondeur donnant toujours plus d’attrait à un tout déjà bien conséquent, enrichissant le suivant dans une boucle interminable. Au cours de trois heures de rêverie, Cloud Atlas se développe, s’interroge et cherche des réponses autour des conséquences et de l’impact de nos actes sur la vie de ses personnages et ce, à travers ses différents univers qui, bien qu’ayant chacun une histoire différente, finissent par se rejoindre. De la narration d’un compositeur jusqu’au-boutiste à l’aventure épique d’un éditeur véreux, le lien entre les époques et les personnages, du plus simple au plus vertueux, apparaît lentement et plus on approche de la fin, plus tous ces éléments ne font qu’un.
Cloud Atlas est une oeuvre cohérente, complète et intense, une véritable expérience visuelle et extraordinaire, vraiment unique en son genre.

Oui, une claque en fait, car chaque détail du film ont été soigneusement pensé et imaginé, d’une part pour coller à un projet aussi ambitieux, voire visionnaire, et d’autre part pour nous maintenir en haleine et nous ébranler. Cloud Atlas ne ressemble en rien à ce qu’on a l’habitude de voir sur nos écrans, de par sa mise en scène originale où le film navigue d’un monde à l’autre avec une aisance effarante et par le traitement prodigieux de ses personnages. Et c’est là qu’on peut saluer le génie des frères Wachowski et de l’auteur du roman. Cloud Atlas nous immerge dans des tableaux magnifiques, que ce soit dans un monde futuriste ou un monde à l’état presque sauvage, le film mélange les genres pour mieux nous époustoufler (l’arrivée d’un bateau futuriste alors qu’on se croyait à l’age de pierre), grâce à une photographie incroyable qui nous offrent souvent des plans d’une beauté rare, dévoilant des décors somptueux et des effets spéciaux à couper le souffle.

Cloud Atlas Sonmi

Mais le trio de réalisateurs ne s’arrête pas là. Dans leurs volontés de rendre leur œuvre la plus logique possible, ils n’ont pas hésiter à jouer avec leurs personnages. Mélange des genres bien au delà du changement de style vestimentaire, des personnes hommes dans un monde apparaîtront femmes et Halle Berry deviendra blanche le temps d’une période ! Cette idée ingénieuse apporte beaucoup au film, imageant bien plus que les mots la notion de vies antérieures (ou communes). La variété de cette galerie de  personnages crée un intérêt particulier et vraiment original surtout quand on assiste à la transformation spectaculaire de certains acteurs, grâce à des maquillages et des costumes époustouflants, même si parfois le farfelu n’est pas loin.

Coté acteurs, nous sommes gâtés ! L’ensemble du casting se surpasse, surprend et réussit l’exploit d’incarner différents personnages dans un seul et même film sans perdre leurs crédibilité. En tête d’affiche, nous retrouvons Tom Hanks, habitué à des rôles plus solennels, toujours impeccable, mais vraiment génial quand il se lâche dans le rôle d’un écrivain désabusé ! En face, la sublime Halle Berry, qui elle aussi livre une interprétation maîtrisée, bien que ses multiples facettes dans le film soient plutôt uniformes. Du coup, on a d’yeux que pour la belle Doona Bae, aussi talentueuse que magnétique.
A leurs cotés, il y a aussi l’inoubliable et brillant Agent Smith V Megatron Hugo Weaving, géantissime dans chacun de ses rôles, qu’il incarne le monstre vert de jalousie ou une matrone patibulaire, il est tout simplement époustouflant.
Mention spéciale à Hugh Grant, tout simplement excellent et, selon moi, il vole carrément la vedette quand il apparaît dans la peau d’un des personnages  les plus étonnants du film.

En conclusion, Cloud Atlas est un bijou rare et époustouflant, à voir absolument que l’on adhère ou pas au cinéma des frères Washowski ne serait-ce que pour saluer l’inventivité, l’imagination et le génie débordant qui font de ce film un évènement unique et extraordinaire.
Attention, pensez à rester au début du générique afin de voir le récapitulatif de tous les personnages.

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