Mariage à l’anglaise : Plutôt agréable, mais souvent lourd et maladroit

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Pour son premier long-métrage, Dan Mazer endosse la lourde responsabilité de représenter l’humour anglais à son tour, à travers une comédie romantique. Probablement intimidé par l’aura de films qu’on ne présente plus, de Quatre mariages et un enterrement (1993) à Love Actually (2003), Mariage à l’anglaise en fait des tonnes pour épater la galerie. Lourdeur et humour poussif marque le début maladroit du film, mais petit à petit, une fois l’histoire installée, le rythme du film s’apaise et finit par nous offrir de nombreux de fous rires comme seuls les anglais savent le faire, laissant alors, en fin de séance, un souvenir plutôt positif mais rapidement oublié. Vite vu, vite digéré.

Le Pitch : Nat et Josh se marient au bout de sept mois de relation et très vite, ils se rendent compte que leur couple ne fonctionnent pas. Poussés par la fierté, ils tenteront de faire durer leur mariage, mais les choses se compliquent quand Nat tombera sous le charme d’un de ses clients et lorsque Josh retrouvera son ex-petite amie…

Dès le départ, Mariage à l’anglaise rassemble tous les stéréotypes habituels pour susciter l’hilarité et les gags se suivent à un rythme si effarant qu’on finit par en perdre le fil, submergé par un ton grassouillet et pataud. Le film cumule donc des personnages attendus, entre le couple phare ouvertement mal assorti (elle très snob et lui très potache), le meilleur ami lourdingue et l’autre couple annexe qui donne plus envie de se pendre que de se marier, et passe toute une première partie à enchaîner à toute vitesse tous les malaises possibles et déjà vus ailleurs et en mieux (franchise déplacée « tu ressembles à Frankenstein mais je te b******* bien » et situations embarrassantes) . Nous voilà abrutis d’entrée de jeu par un déferlement d’échanges se voulant drôles, aux sous-entendus ayant la délicatesse d’un éléphant, mais Mariage à l’anglaise manque clairement de subtilité. Au contraire, on ne retient que l’incongruité des gags et le second degré manque à l’appel. Certes, on retrouve les codes de l’humour anglais tel qu’on le connait, pince-sans-rire et sarcastique, sans pourtant réussir à y accrocher. Le film tient tellement à planter un décor désopilant qu’on finit par se demander s’il s’agit d’un sketch familial ou si des rebondissements sont prévus au menu.

Heureusement, dès l’arrivée de Guy, le client Yankee pour lequel Nat va succomber, lance la véritable intrigue. Le rythme s’apaise et petit à petit, Mariage à l’anglaise finit par trouver l’équilibre adéquat entre la narration et le divertissement. L’histoire avance, moins étouffante, ponctuée par un humour de plus en plus efficace et nous offre finalement de grands moments d’hilarité. La mauvaise nouvelle, c’est que, bien sûr, les meilleurs gags sont dans la bande-annonce. La bonne nouvelle, c’est que ce ne sont que des extraits ! Du coup, au cours du film, on retrouve ces passages drôles intégrés dans l’histoire et bien plus étonnants (et hilarant) que ce que l’on avait pu entrapercevoir (notamment la scène où ils regardent les photos de vacances en famille).
On finit donc par s’intéresser au sort de notre couple et à leurs dilemmes amoureux, empêtré dans un mariage qui ne leur convient pas et obligé de faire avec les différences de l’autre, dans le seul but de sauver les apparences. Un choix difficile, car ils savent pertinemment que le bonheur est à porté de main mais aucun n’ose déclarer par forfait (souvent par fierté). Au final, bien que le scénario soit cousu de fil blanc et malgré un démarrage extrêmement poussif, Mariage à l’anglaise réussit à trouver ses marques et à nous entraîner dans cette histoire cocasse et globalement plutôt agréable. Dan Mazer tente de revisiter la comédie romantique en prenant le thème à contresens, mais parvient difficilement à créer la magie espérée. On notera également quelques couacs à la réalisation, qui troublent parfois la lecture du film (on avance de 9 mois… ah mais non, là on est revenu en arrière…), suscitant parfois quelques interrogations (pourquoi cette scène au restaurant en plein milieu d’une autre scène juste pour nous sortir une blague crade sur des problèmes gastriques ?), reflétant peut-être des essais farfelus d’un jeune réalisateur.

Coté acteurs, nous avons affaire à un quatuor intéressant. Si Rose Byrne (X-Men : Le commencement et Mes meilleures amies en 2011, The place beyond the pines en 2013) est une bonne actrice, ce n’est pas dans ce film qu’elle réussira à se débarrasser de son image froide. Cependant, elle tente réellement de se lâcher vers la fin du film et c’est encourageant. Rafe Spall (Prometheus et L’Odyssée de Pi en 2012) lui vole toute fois la vedette en jouant le mec un peu beauf et insortable, s’attirant ainsi la sympathie du public. A leurs cotés, nous retrouvons Anna Faris ((S)Ex list en 2011, The Dictator en 2012), enfin redevenue brune et avec une bouche qui reprit une forme humaine (ou presque), dans un rôle de potiche qui ne change pas trop de ses habitudes. On ne croit pas vraiment à ses attitudes de filles timides, mais bon… Minnie Driver se cantonne à un second rôle plutôt exaspérant en formant un couple peu crédible avec Jason Flemming.
Et enfin, Simon Baker (Le diable s’habille en Prada en 2006, personnage principal de The Mentalist depuis 2008) sera, en fait, le meilleur atout de la bande. Il incarne encore une fois un rôle de séducteur, mais cette fois il réussit à insuffler au film le charme qu’il lui manquait.

En conclusion, Mariage à l’anglaise oscille entre humour percutant et lourdeurs alarmantes, notamment à cause d’un manque de rythme évident lors de la première partie. Si vous n’abandonnez pas en cours de route, le film réserve toutefois de bonnes surprises et se révèle plutôt divertissant. Digéré sitôt après l’avoir vu, Mariage à l’anglaise permet de passer un moment sympa sans forcément marquer les esprits. Dommage quand même qu’un film britannique soit sauvé par l’arrivée de personnages américains (un comble !). C’est globalement très moyen et très loin de ce qu’on pouvait espérer.

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