Joséphine : Fausse adaptation, véritable cata !

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Insupportable, palme d’or du navet et fainéant, Joséphine est la piètre adaptation de la BD du même nom de Pénélope Bagieu. Ce pseudo-film à peine plus divertissant qu’une blague Carambar souffre non seulement d’un scénario faiblard et non abouti, que d’une mise en scène au rabais. Joséphine ou comment profiter du nom d’une BD populaire pour attirer les gens et encaisser les sous, sans se soucier le moins du monde du résultat final. Je vous le dis dès aujourd’hui, ce film à une place assurée dans mon top 5 des pires films de l’année 2013 ! Cet article contient quelques petits spoilers, mais personnellement, je vous assure qu’il y aura beaucoup mieux à voir en salles lors de sa sortie le 19 juin prochain.

Le pitch : Joséphine, 29 ans trois-quart, obnubilée par la taille de ses fesses, source de tous ses problèmes, n’a toujours pas trouvé l’homme de ses rêves non-fumeur-bon-cuisinier-qui-aime-les-chats-et-qui-veut-plein-d’enfants. Sa seule consolation, c’est qu’elle vit avec Brad Pitt… consolation de courte durée puisque c’est son chat. Quand sa sœur lui annonce son mariage, c’est la goutte d’eau qui fait déborder la tasse à café. Elle s’invente alors une histoire d’amour avec un riche chirurgien brésilien qui lui a demandé sa main et l’emmène vivre au bout du monde. Facile à dire… Ce (petit) mensonge va l’entraîner dans un tourbillon d’aventures.

La première chose qui saute aux yeux quand on voit le film, c’est l’étrange fixation qui est faite autour du fessier de Joséphine. Dès les 10 premières minutes, les fans de la BD devineront allègrement ce qui les attend : une heure et demie de torture. En effet, Joséphine la BD est drôle, fraîche et perspicace, réussissant à mettre le doigt sur les travers féminins avec humour et franchise sans pour autant sombrer dans la caricature. Dans Joséphine, le film, il n’y a rien de tout ça. D’ailleurs Agnès Obadia l’avoue à qui veut l’entendre : quand ce projet lui a été proposé, elle ne connaissait pas du tout la BD. Généralement, avant de faire une adaptation, on lit l’oeuvre source, non ? Non, clairement, la réalisatrice et co-scénariste du film a préféré s’en tenir à la couverture et faire un raccourci caricatural et réducteur : BD = livre pour enfants.
Exceptionnellement, et afin d’offrir un avis plus ou moins objectif, je vais diviser mon avis en deux. Une première partie pour ceux qui ont lu les trois tomes de la BD de Pénélope Bagieu et une seconde pour ceux qui ne connaissent pas la BD et qui s’attendent donc une comédie romantique sympatoche.

L’adaptation :

Ou plutôt, l’inspiration. En effet, en dehors du nom de l’héroïne, de son tour de hanche et quelques éléments (ses trois meilleurs amis et le chat Brad Pitt, par exemple), Agnès Obadia n’a rien gardé de l’œuvre originale. Pourquoi se focaliser autant sur la taille des fesses de Joséphine ? Certes dans la BD, et comme toutes les nanas du monde (ou presque), Joséphine a un complexe, son popotin, mais toute l’histoire ne tourne pas autour de ça. Alors voir Marilou Berry parader avec ces énormes prothèses, pas du tout crédibles, arrimées aux hanches, ne fait qu’accentuer le je-m’en-foutisme total d’Agnès Obadia et de son équipe à l’égard de ceux qui espéraient une adaptation fidèle ou plus ou moins ressemblante. Et encore, s’il n’y avait que ça… Au lieu de se servir des situations cocasses qui fleurissent dans les pages de la BD (la vraie relation avec sa famille, les intrigues amoureuses, les gaffes…), Obadia décide tout simplement d’en inventer d’autres plus… improbables. Résultat, le collègue acariâtre devient le centre d’intérêt du film, Joséphine et sa sœur (pas mariée, sans enfant) se perdent dans des disputes et des rivalités puériles mais surtout, la trame du film est à mille lieux des aventures que vit Joséphine dans la BD. Joséphine donne l’impression qu’Obadia a ouvert les pages de la BD au pif et que lorsqu’elle tombait sur une planche marrante elle se disait « tiens, ça je vais l’utiliser ! ». On retrouve donc quelques rares clins d’œil exploités de façon si ridicule et hors contexte (la DRH, par exemple) qu’ils n’apportent aucun intérêt supplémentaire, ni pour le film, ni pour les fans de la BD.
Au final, l’adaptation de Joséphine est une belle arnaque, légèrement insultante même, et je me demande comment Pénélope Bagieu a pu laisser faire un tel massacre (ou plutôt, quel était le montant du chèque). En tout cas, les fans de la BD seront forcément déçus.

Le film :

Alors, puisque l’adaptation n’en est pas une, qu’en est-il du film qui, à la base, se présente comme une comédie romantique ? Très simplement, c’est une catastrophe. Bancal, transparent et niais, Joséphine ressemble à une histoire que des petites filles pourraient se raconter dans une cour de récréation. Après en avoir fait des caisses autour des fesses de Joséphine, le film se lance dans une intrigue qui a failli tenir la route.  Au premier coup d’œil, Joséphine avait de quoi séduire avec ses personnages colorés et son atmosphère girly et enthousiaste, mais une fois que l’on passe aux choses sérieuses, le scénario du film atteint ses limites. Virant au farfelu et au grotesque, Joséphine s’enfonce vers une voie de garage, usant et abusant de gags pitoyables et incohérents pour pallier à son manque d’imagination et tenter de dissimuler le fait que l’héroïne va vivre cachée pendant la majeure partie du film ! Plus le film avance et plus il devient agaçant, on se demande vraiment si on nous prendrait pas pour des buses ! Alors certes, ces mésaventures permettent à Joséphine d’ouvrir les yeux et de réellement voir ce qu’elle a sous son nez, mais au final, le film n’est qu’une accumulation de sketchs pas drôles, prévisibles et déjà vus ailleurs en mieux. L’histoire pseudo-romantique, qu’on renifle à plein nez dès le début, a des airs de Bridget Jones pour feignasses et n’en finit plus de tourner en rond avant de se conclure avec un happy-end sorti d’un chapeau. Joséphine tente vainement de maintenir l’intérêt de son public (ou de détourner l’attention, au choix) en puisant dans la relation inutile qu’entretient Joséphine avec un obscur ex-petit-ami et en créant une vague intrigue autour du fiancé de la sœur, mais rien n’y fait. Joséphine irrite, Joséphine agace et Joséphine en voix off, on aimerait bien qu’elle se taise, d’ailleurs !

Au final, Joséphine ne fait que se complaire dans la facilité nauséabonde et serait bien plus à sa place dans une école primaire pour amuser les enfants. Une chose est sûre, voire même plusieurs : non seulement la BD Joséphine n’a absolument rien à voir avec ce film, mais en tant que simple comédie romantique, Joséphine échoue lamentablement en nous servant une histoire à peine travaillée à la légèreté non assumée. On y croit pas pas une minute et les énormités qui s’accumulent à l’écran ne font qu’insulter l’intelligence du public (ses meilleurs amis ne se doutent de rien et gobent son bobard tout rond alors que le chirurgien en question… ils le connaissent (!), son sous-locataire devient subitement sourd et aveugle quand elle ne se gêne pas pour marcher en talons aiguilles ou dormir sur le balcon…). Joséphine se rêvait dynamique, moderne et frais, jusqu’à son montage, mais le résultat est à la fois surprenant, pas dans le bon sens, et absurde, à la limite du dessin animé, avec ses images qui jaillissent de nulle part. Il n’y a donc rien pour sauver Joséphine de la noyade, pas même les bouées XXL qui sont collées à son arrière-train.

Au casting : Ah ! Le casting qui n’en finit plus de nous achever ! Josiane Balasko jeune Marilou Berry (Vilaine en 2008, La Croisière en 2011) est la preuve, s’il en fallait une, que le talent ne coule pas dans les veines. Son omniprésence à l’écran (voix off et gros plans en cascade) nous empêcherait presque de voir ses camarades qui l’entourent, mais au vu du résultat, on aurait pu s’en passer aussi. Si Bérengère Krief (Bref sur Canal+) s’en sort un peu en accentuant son personnage foufou et ses mimiques cartoonesques, Mehdi Nebbou (Rue mandar et Cookie en 2013) est si mou dans le film qu’on se demande s’il était réveillé pendant les prises, tandis qu’Alice Pol, Amelle Chabbi et Cyril Gueï font de la figuration.

En conclusion, je me demande par quel miracle Joséphine a réussi à atteindre les grands écrans. Déplaisant, agaçant et ridicule, ce film n’est qu’une vaste blague douteuse qui devrait décevoir aussi bien les fans de la BD de Pénélope Bagieu que les amateurs de comédies romantiques. A éviter, surtout si vous avez plus de 15 ans (âge mental compris).

Jennifer Lopez ? C'est qui ça ? Jamais entendu ce nom, désolée...

Jennifer Lopez ? C’est qui ça ? Jamais entendu ce nom, désolée…

6 réflexions sur “Joséphine : Fausse adaptation, véritable cata !

  1. Non, l’affiche est très réussie, puisqu’elle correspond exactement au film. Kitsch et moche. Il manque la prévisibilité totale dans le tableau, mais il faut bien avouer que ce n’est pas facile à rendre sur une affiche.

    On a l’impression de voir se dérouler un (mauvais) téléfilm du mardi après-midi sur M6, filmé sans imagination et sans le moindre style (les enchaînements où le plan se découpe pour laisser place au plan suivant sont dignes des plus piètres dessins animés pour enfants en vogue actuellement). On suit péniblement le déroulement d’un scénario entièrement convenu, entièrement dénué de toute surprise et de tout intérêt, où on sait exactement une demi-heure à l’avance tout ce qui va se passer – sans que ça ajoute le moindre sentiment d’attente, parce qu’on sait pertinemment que ce sera assez pénible.

    On n’échappe donc pas à la sempiternelle scène du mariage interrompu au moment où le prêtre dit « si quelqu’un blabla, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais » – au passage, aucun prêtre n’a jamais prononcé une telle phrase au cours d’un mariage en France. C’est bien d’être fan de films américains, mais là ça se voit un peu trop… Et puis là, la fille vient habillée en converse, jean moulant et tee-shirt marin (pourquoi ? Nul ne le sait, mais ça ajoute au profond ridicule – involontaire – de la scène) pour empêcher sa soeur d’épouser ce sale type qui la trompe éhontément (ho ho hooo, quelle surprise !!), mais se montre incapable de confondre le futur mari, balbutie trois pauvres phrases et sort… suivie de près par la mariée qui, contre toute vraisemblance et alors qu’elle a (on nous l’a expliqué longuement et lourdement) toutes les raisons de détester sa sœur, l’a crue malgré l’absence totale d’arguments. Ah si… « Il était trop parfait »… ah ok…

    Les gags sont donc gros comme une maison et pas drôles, mais comment pourrait-il en être autrement avec un tel manque de cohérence et de vraisemblance ? La référence à Bridget Jones est tout à fait juste : on ne peut s’empêcher de penser que ce film cherche à copier ce modèle-là, mais on en reste très très loin… Les clins d’œil sont multiples, de la séquence « je bouffe n’importe quoi devant la télé » à « je marche trempée sous la pluie à la recherche de l’homme que j’aime » en passant par « j’ai trois amis : deux filles et un homosexuel » et « ho ho hooo, je me couvre de ridicule devant toute une assistance », ouaaiiis, youpi, quelle folle originalité. Ah, et aussi « je cours à côté de ma soeur, et juste au moment où elle m’annonce un truc INCROYABLE (hmm…), ho ho hooo, je percute un arbre ». ZE gag.

    Tout tombe à plat tant on le voit venir dix minutes à l’avance. Dans ce contexte, les acteurs sont moyens tout au plus. Marilou Berry est totalement quelconque, et on touche le fond avec la séquence où elle est supposée montrer ses talents de comédienne en simulant le chagrin à la suite d’un deuil – on ressent forcément un peu de peine pour elle, parce qu’elle n’est absolument pas crédible dans ce qui ressemble à un test basique pour acteurs débutants. Je ne lui vois qu’une seule excuse : elle n’est pas entrée dans le rôle, beaucoup trop plat et caricatural.

    D’une manière générale, c’est vrai, ce n’est pas entièrement la faute des acteurs, tant leurs personnages sont caricaturaux, transparents et inintéressants. La description par Joséphine de Gilles, son patron, s’applique à merveille non seulement au personnage, mais au film tout entier : elle sait exactement à l’avance tout ce qu’il va faire ou dire. Il y a la bonne copine nymphomane, le copain homosexuel sympa et déluré, le patron coincé et ringard mais gentil, la sœur « parfaite » (ce n’est pas le mot qui vient spontanément à l’esprit quand on découvre le personnage, mais bon, passons), la mère impitoyable avec sa fille mais qui se pâme quand elle pense qu’elle va épouser un chirurgien (« oooh, un chirurgien dans la famille ! », quelle vive et acerbe critique de la bourgeoisie, pas vue des dizaines de milliers de fois, non non)…

    Le seul personnage un peu original est celui de l’amant marié qui, une fois le pot-aux-roses découvert (il était marié !!! Ho ho ho, quelle surprise…), aide Joséphine en tant qu’expert ès mensonges. Mais malheureusement, il finit par se faire plaquer par sa femme et tente de reconquérir Joséphine, dont il est amoureux finalement (ho ho hooo, quelle originalité et quelle surprise…), redevenant ainsi un personnage entièrement convenu, qui se fond dans le cliché général.

    Il y a également une scène qui est susceptible de toucher un peu le spectateur, pas spécialement par son originalité mais parce que l’acteur concerné tire bien son épingle du jeu : celle où Gilles danse avec ses deux nièces, sous le regard attendri de Joséphine (hyper bien cachée en haut de l’escalier où n’importe qui peut la voir, mais en fait non). Patatras, la scène est reprise en écho une vingtaine de minutes plus tard (ou cinq minutes ? Je ne sais plus, ça paraissait tellement long) à l’occasion d’une soirée déguisée où Joséphine s’est glissée incognito et où personne ne lui demande qui elle est (ho ho hooo, quelle surprise et quelle vraisemblance…). Gilles reproduit cette danse, elle se joint à lui dans le mouvement, ils se rapprochent, et ils sont interrompus de façon intempestive avant la scène du bisou (ho ho hooo… vous m’avez compris.). Le début d’étincelle trouvé dans la première scène de danse s’évanouit totalement dès lors qu’on sait qu’il ne s’agissait que d’un prétexte scénaristique bidon et invraisemblable au possible pour rapprocher les deux futurs amoureux.

    Du point de vue de la technique, l’image ne fait pas franchement penser au cinéma. On imagine que c’est filmé en numérique pour économiser des sous, mais là où le dogme, par exemple, utilise ça pour en faire un style à part entière, là où les films à grand budget l’utilisent pour mettre en valeur des effets spéciaux de haute volée ou bien des images de paysage époustouflantes, là… ça fait cheap. Rien d’autre. Les couleurs sont criardes. Trop de gros plans sur le visage de Joséphine et des différents acteurs. Déjà, quand un acteur est excellent, il n’est pas utile de montrer son visage de près pour comprendre ce qu’il exprime, mais quand en plus il rame pour essayer de faire passer une telle daube, ça met au contraire l’accent sur le côté complètement plat de son jeu et de l’intrigue.

    Pour finir, la musique – on dirait un remix d’épisodes de « Desperate Housewives ». On a entendu cette musique 10000 fois dans des séries, et ce côté « attention, là, ces petites notes pincées, ça veut dire qu’il va falloir rigoler dans un instant » est totalement insupportable.

    Bref, ce film est une honte… Il faut bien du courage pour oser en faire la promotion de plateau de télévision en émission de radio, en sachant que les gens vont aller le voir et ressortir effarés devant tant de platitude médiocre. Heureux élus qui ne l’avez pas vu, passez votre chemin…

    • Génial ce commentaire / avis ! on est complètement d’accord.
      En ce qui concerne la promo, pour le peu que j’en ai vu 1/ elle est payée pour ça (Marilou Berry) et 2/ elle se répète sans cesse = discours bien rôdé pour faire passer la daubasse.

      Je la préfère largement dans les Reines du Ring, même si le reste du casting la dépasse royalement !
      N’est pas actrice qui veut, même quand on a une maman connue.

      Merci !

  2. J’avais vu Pénélope Bagieu parler de l’adaptation de Joséphine et en fan absolue de la bd, je m’en réjouissais déjà …. ça c’était avant d’apprendre que Marilou Berry endossait le rôle de Joséphine. Pour moi déjà, avant même de voir le film, il y a erreur de casting … Bref, merci pour ce billet. Je ne suis pas sûre d’y aller mais bon, peut-être que quand même, j’irai « pour voir » par moi-même.

    • Pareil de mon coté, j’aurai préféré que Bérengère Krief tienne le rôle titre, ça lui allait tellement mieux !
      Si tu vas le voir, j’aimerai bien connaitre ton avis aussi.
      Je l’ai vu en projo presse avec deux autres personnes fans de la BD aussi, on était d’accord toutes les trois. Par contre, je connais un blogueur (homme) qui a aimé…
      A voir, pourquoi pas.

  3. Personnellement je trouve la BD déjà navrante et pathétique… Donc ça ne m’étonne pas plus que ça que l’adaptation soit pourrie ! En tous cas merci pour ta critique, je ne vais définitivement pas aller le voir ! 🙂

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