Carrie, La Vengeance : Terrifiant… de nullité

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Se reposant sur un scénario « clé-en-main », Kimberly Pierce propose une nouvelle adaptation du roman phare de Stephen King. Malheureusement, Carrie, La Vengeance réussit à réduire une histoire aussi brillante que palpitante en une banale histoire fadasse et complètement dénuée d’intérêt, voire comique à certains égards puisqu’en plus d’être très mauvais, il faut également se farcir la prestation médiocre des actrices principales. Quand on voit le résultat à la limite du pathétique de ce remake, autant revoir (ou découvrir) la version de Brian De Palma ou, mieux, (re)lire le livre qui n’a pas pris une ride.

Le pitch : La jeune lycéenne Carrietta « Carrie » White, violentée par sa mère Margaret, une fanatique religieuse, se découvre des pouvoirs de télékinésie. Entre le comportement abusif de sa mère et les moqueries incessantes de ses camarades au Lycée, elle voit malgré tout sa vie chamboulée par ces étranges forces et doit apprendre à les contrôler. Mais voilà qu’un jour, le beau Tommy Ross l’invite au bal de fin d’année. Mauvaise idée ? Car Chris Hargenson, une des élèves de la classe de Carrie, est bien décidée à lui jouer un mauvais tour des plus abominables lors du bal. Ce qui devait être la plus belle nuit de l’année pour Carrie et ses camarades pourrait donc bien tourner au pire des cauchemars…

37 ans après la première adaptation du roman Carrie par Brian De Palma, voici que l’on nous propose une nouvelle adaptation. Pourquoi pas, en effet, remettre au goût du jour l’une des meilleures histoires de Stephen King qui, de plus, arrive à un moment où le harcèlement scolaire est de plus en plus dénoncer dans les médias.
S’il y a une chose positive dans ce remake signé Kimberly Pierce (Boys Don’t Cry, 1999), c’est que le film est plus fidèle au livre que la version de 1976. On y retrouve des éléments qui avaient manqué dans la version précédente et la cruauté des camarades de classe de Carrie est plus accrue. Carrie, La Vengeance s’offre une touche de modernité sympathique qui ne gâche rien, avec l’utilisation de téléphones portables et de vidéo sur internet. Mais très vite, Pierce montre ses faiblesses, ou son désintérêt total pour Carrie, en suivant la trame du livre dans les grandes lignes, sans jamais proposer de vision personnelle et ratant systématiquement l’opportunité d’exploiter certaines scènes plus intelligemment, pour nous attacher au personnage principal. Au contraire, Carrie, La Vengeance puise dans le mélodrame à outrance, ce qui devient rapidement insupportable puisque l’histoire de Carrie se suffit à elle-seule, entre sa bizarrerie et sa mère surprotectrice et très stricte (et, hum, folle). Résultat, on se retrouve dans un film où tout le monde passe son temps à geindre, de la mère à la fille, en passant par les camarades de classe, pour tout et n’importe quoi.

Au fur et à mesure que le film avance, il devient évident que Pierce réserve toutes ses cartouches pour la scène-clé du film. Pourtant, ce qu’elle n’a apparemment pas compris, c’est que la scène du bal est littéralement l’explosion à la fois horrible et libératrice, d’un trop plein d’émotions contenues à peine effleurées pendant tout le film. Alors oui, y a du sang, de la télékinésie et des morts, mais tout le travail de Stephen King est joyeusement sapé étant donné que les notions de colère, d’incompréhension ou de détresse sont complètement absentes à l’appel, tout comme le mal-être de Carrie, qui passe à la trappe. Du coup, malgré les promesses tenues de cette fameuse scène, où Pierce s’autorise quelques écarts d’ailleurs, on est loin de la satisfaction jouissive, et un poil morbide, espérée.
Carrie, La Vengeance n’est finalement qu’un prétexte de plus pour offrir un film sanglant à des adolescents en mal de sensations fortes. Même si l’adaptation est plus audacieuse, malgré une Carrie bien trop jolie pour être crédible et une fin toujours pas respectée, le film de Pierce survole complètement son sujet et passe à coté de l’essentiel pour offrir du spectacle facile et sans âme. Si encore le spectacle valait le détour… Pierce laisse filer une caméra observatrice pendant les 3/4 du film avant de se réveiller pour la scène du bal et ensuite plier bagages en quelques minutes. Finalement, pour rester éveillé, il ne reste plus qu’à compter faux raccords (incluant un superbe brushing magique) ou, mieux, le mauvais jeu de l’ensemble du casting…

Effectivement, malgré un casting alléchant, Carrie, La Vengeance dévoile une autre mauvaise surprise : le surjeu horripilant des actrices principales. La palme de l’amateurisme revient à Chloë Grace Moretz (Kickass 1 et 2, Laisse-moi entrer, Dark Shadows…), qui nous avait pourtant habitué à mieux. Seulement, si vous avez vu Kick-Ass 2 cet été, vous avez déjà eu un aperçu de son « talent » quand il s’agit de jouer les adolescentes timides : yeux écarquillés, mimiques accentuées, position « j’ai envie de faire pipi » en permanence… Chloë Grace Moretz s’enferme dans un jeu si crispant que ça en devient comique. A ses cotés, Julianne Moore (prochainement dans Don Jon), pourtant superbe dans les premières minutes, finit elle aussi par accentuer son jeu pour accompagner sa partenaire dans le désastre.

En conclusion, Carrie, La Vengeance est un remake inutile, bâclé et raté. Kimberly Pierce est passé à coté de l’histoire de Stephen King en ne concentrant ses efforts que sur le bal et non sur son personnage principal, tandis que le film tourne rapidement au ridicule, surtout à cause des prestations terrifiantes de nullité de Chloë Grace Moretz et Julianne Moore (deux actrices que j’aime beaucoup pourtant…).

Oh no, my brushing is gone again!!!

Oh no, my brushing is gone again!!!

Une réflexion sur “Carrie, La Vengeance : Terrifiant… de nullité

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