Cartel : Déception et frustration

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Bavard et interminable, le dernier film de Ridley Scott est une amère déception. Malgré un casting alléchant, Cartel s’essouffle dès les premières minutes en tentant d’installer les bases d’une histoire alambiquée, qui embrouille plus qu’elle ne captive. A force de tourner autour du pot, Cartel perd de son intérêt et se réfugie derrière des personnages caricaturaux, voire un poil vulgaire, pour créer le buzz. Dommage.

Le pitch : La descente aux enfers d’un avocat pénal, attiré par l’excitation, le danger et l’argent facile du trafic de drogues à la frontière américano-mexicaine. Il découvre qu’une décision trop vite prise peut le faire plonger dans une spirale infernale, aux conséquences fatales.

Réaliser un sans-faute en plus de 30 ans de carrière relève du fantasme. Ridley Scott est un réalisateur que j’aime beaucoup, depuis Alien, Le Huitième Passager (évidement), mais aussi pour sa filmographie variée, du culte Thelma et Louise (1991) au récent American Gangster (2007), en passant par des films que j’ai l’impression d’être la seule à aimer, tels que À Armes Égales ou encore Les Associés, et d’autres films qui m’ont profondément déçue, comme Prometheus (2012).
Ridley Scott s’est essayé à quasiment tous les genres de films et finalement, il semblerait que le thriller ne soit pas vraiment son fort, comme le montre son tout dernier film, Cartel, surtout avec un traitement aussi daté. Le trafic de drogue entre pontes et autres mafieux ne fait plus rêver et Ridley Scott commet sa première erreur en situant son film dans un univers ringard, fleurant bon les années 90. Cartel installe son décor, abattant un à un les clichés attendus : l’argent facile, les jolies filles dénudées d’un coté et les hommes qui parlent business, à grands coups de discours graveleux de l’autre. Le film peine à créer une atmosphère prenante tant on se perd dans tous ces dialogues interminables, alourdis par des allégories fumeuses et des anecdotes inutiles. Contrairement à Oliver Stone et son Savages sorti l’année dernière, Ridley Scott préfère miser sur ses personnages, plutôt que sur une quelconque action ou d’éventuels rebondissements, s’enfonçant alors dans des séquences de bla-bla incompréhensibles, inutiles voire parfois hors sujet. Du coup, Cartel avance si lentement que l’on remarque à peine le moment où l’intrigue démarre.
Cartel continue d’enchaîner les mauvais points : des personnages accessoires viennent semer la confusion alors qu’on ne s’est toujours pas attaché aux premiers, le montage bordélique et la mise en scène du film funky embrouille la compréhension du film et il faut bientôt jouer aux devinettes pour comprendre l’histoire, tandis que les échanges entre les personnages se transforment petit à petit en monologues évasifs ou en discours presque mystiques ! Pourtant, Cartel partait d’une bonne intention, en voulant démontrer à travers un thriller, l’égocentrisme de l’Homme prêt à tous pour amasser quelques billets de plus, sans se soucier des conséquences. Malheureusement, Ridley Scott ne parvient pas à susciter un quelconque intérêt pour son histoire carrément barbante et frustrante, qui manque cruellement d’action ou même d’un soupçon d’intrigue.

Coté casting, Brad Pitt (Cogan, World War Z…) et Javier Bardem (À La Merveille, Skyfall…) ne font que papoter, le travail est fait mais ce ne sont certainement pas des prestations qui marqueront leurs carrières (et ce, malgré leurs looks particuliers, même si Javier Bardem nous a habitué à pire). À leurs cotés, si son personnage était au centre du film, Michael Fassbender (Shame, X-Men First Class…) perd visiblement sa motivation en cours de route. En face, Pénélope Cruz est tout simplement inutile, tandis Cameron Diaz se fait remarquer et ce ne sera pas grâce à ses talents d’actrice (toujours aux abonnés absents, d’ailleurs…).

En conclusion, frustrant est probablement le mot qui convient le mieux pour décrire Cartel. Ridley Scott déçoit avec un thriller bavard, inintéressant et soporifique. À éviter.

Let's face it: it's the first time I look almost normal right?

Let’s face it: it’s the first time I look almost normal right?

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