Drame, Romance, Sci-fi

Divergente : Un premier volet plein de défauts mais intéressant et prometteur

divergente

Annoncé comme la nouvelle saga pouvant concurrencer Hunger Games, Divergente débarque sur nos écrans français, précédée par un solide succès lors de sa sortie US. Alors, Béatrice peut-elle vraiment tenir tête à Katniss ?
Un premier film qui a pour rôle d’installer une saga est toujours un pari risqué et le film de Neil Burger est tombé dans plusieurs pièges. Trop long, souvent répétitif, Divergente a beaucoup de mal à délaisser sa longue introduction avant de passer à l’action et s’attarde sur une romance prévisible et, malheureusement, niaise entre les deux héros. Malgré de nombreux défauts liés à un scénario trop mou, Divergente se rattrape de justesse grâce à des personnages attachants et des scènes d’entraînements suffisamment vivaces pour rehausser l’ensemble. De plus, le film diffuse un message plutôt positif sur l’affirmation de soi et l’importance de ne pas suivre aveuglément les codes de conduite, ce qui, pour un film destiné en premier lieu à un public jeune, est intéressant. Si le résultat n’est pas convaincant, Divergente réussit toutefois à susciter de l’intérêt et donne envie de voir la suite (Insurgente, prévu en mars 2015).

Le pitch : Béatrice est une jeune fille de 16 ans. Dans un Chicago post-apocalyptique où la société est divisée en cinq factions, celle-ci doit choisir son camp entre les Sincères (les honnêtes), les Erudits (les intelligents), les Fraternels (les pacifistes), les Audacieux (les courageux) et les Altruistes (les désintéressés). Après avoir passé le test, il s’avère que, cas rarissime, son test n’est pas concluant car elle présente des aptitudes envers 3 des 5 factions (Erudits, Audacieux et Altruistes). Elle est Divergente et en danger de mort. Native des Altruistes, elle ira chez les Audacieux, une faction qui pourrait être dangereuse pour elle…

Depuis l’immense succès qu’a été Harry Potter (et sa longévité), les adaptations de sagas littéraires ont le vent en poupe au cinéma. Twilight (malheureusement), puis Hunger Games ont connu et connaissent un certain succès, tandis que sur le petit écran, on hésite pas non plus à développer quelques séries à partir de best-sellers (Game Of Thrones, The Walking Dead…). Pourtant, qui dit saga, ne dit pas forcément succès à la clé : beaucoup se sont déjà cassés les dents sur cette même idée (Eragon en 2006, et récemment Mortal Instruments et Sublimes Créatures…) et une fois que le film réussit à gagner une certaine crédibilité, il faut également tenir la comparaison avec des œuvres précédentes et plus populaires.

Dans le cas de Divergente, adapté du roman en 3 parties de Veronica Roth, le film est évidemment comparé avec Hunger Games. Cependant, le film de Neil Burger présente des atouts significatifs que les premières aventures cinématographiques de Katniss n’ont pas. Tout d’abord, l’intrigue est clairement présentée et totalement accessible : à travers l’introduction, Divergente dépeint son univers post-apocalyptique et retrace rapidement l’histoire de cette société divisée en 5 factions. Mais au-delà de ça, le film réussit à capter notre attention en faisant un parallèle avec l’adolescence, en présentant une héroïne proche de son public et discrète qui observe avec envie une faction clairement plus fun que la sienne. Ce simple détail suffit à créer un lien avec Béatrice et son histoire, lui donnant un attrait humain et sensible auquel on peut se raccrocher facilement. Là où le film ne perd pas de temps, c’est qu’il démarre rapidement avec le fameux test, ce qui permet de plonger dans le vif du sujet, tout en se familiarisant avec les factions et leurs différentes responsabilités, à travers les interactions entre les différents personnages.

Si la première partie du film intrigue grâce à sa nouveauté et son originalité, la seconde n’est malheureusement pas fameuse. Divergente passe le plus clair de son temps à narrer l’intégration difficile de son héroïne au sein de sa nouvelle « famille », à travers quelques combats de boxe et autres défis surprenants. On alterne des scènes efficaces et alléchantes (des combats au corps-à-corps assez) et des moments de bavardages qui, au bout d’un moment, ne font que tourner en rond. Finalement, le grand tort du film, c’est d’avoir pris tellement de temps à nous expliquer la lutte de pouvoir entre les différentes factions qu’arrivé vers la fin du film, on ne comprend toujours pas en quoi être Divergent(e) est une menace pour la société ! Divergente est long, incroyablement long alors qu’il n’a finalement que très peu de choses à dire. Comme beaucoup de premiers volets d’une saga, Divergente a du mal à tenir un rythme soutenu. Neil Burger se contente d’installer les bases d’une histoire contenant de nombreux aspects très prévisibles qui auraient très bien pu fonctionner dans un format plus court et donc plus dense. Du coup, la trame est étirée au maximum et le moindre bémol est amplifié, comme la romance entre les deux héros qui passe, en une phrase, de mignonnette à carrément risible. Coté mise en scène, Neil Burger ne fait pas d’étincelle et abuse trop fréquemment des gros plans sur les visages de ses acteurs. Mais le plus gênant ce sont surtout les incohérences qui apparaissent pendant le dernier acte du film, venant désavouer tout ce qui nous a été rabâché depuis le début. Entre contradictions et stupéfactions, Divergente se termine sur une note assez confuse et bâclée, venant s’ajouter à un film criblé de défauts qui pourraient en repousser plus d’un.

Et pourtant, malgré toute ces réflexions peu encourageantes, Divergente est un petit objet curieux et surprenant qui donne envie d’en voir plus, notamment grâce aux personnages du film qui sont très attachants. Shailene Woodley (The Descendants, The Spectacular Now…) incarne Beatrice avec justesse et électrise le film, grâce à son charme naturel et son look très « girl next door » qui rendent son personnage plus aimable et plus crédible que Katniss (Jennifer Lawrence), tandis que Theo James (Underworld : Nouvelle Ère…) a du mal à trouver le juste milieu et passe beaucoup de temps à froncer les sourcils pour se donner un air ténébreux.
Kate Winslet (The Reader, Carnage…) crée la surprise dans ce casting plutôt inégal mais reste très correcte, tout comme Ashley Judd (La Chute de la Maison Blanche…).
À noter également, Zoë Kravitz (X-Men First Class, After Earth…), Miles Teller (The Spectacular Now…) et Ansel Elgort (prochainement dans Nos Étoiles contraires) qui apportent une touche de dynamisme. Le bonnet d’âne va directement à Jai Courtney (Die Hard 5…), toujours aussi mauvais et détestable.

En conclusion, Divergente est loin d’être parfait et souvent maladroit, mais grâce à son univers et ses personnages intéressants, le film de Neil Burger intrigue et prépare le terrain pour une suite plus dynamique et potentiellement spectaculaire. À voir, si vous êtes curieux (mais avec un bon casse-croûte, parce que c’est quand même très long).

Of course she left. I mean, come on... grey? Really?
Of course she left. I mean, come on… grey? Really?

2 réflexions au sujet de “Divergente : Un premier volet plein de défauts mais intéressant et prometteur”

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