Les Recettes Du Bonheur : Simple et savoureux

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Fraîche et authentique, Les Recettes Du Bonheur est une jolie fable optimiste et porteuse d’un message de tolérance sans jamais tomber dans la leçon de morale assommante. Lasse Hallström propose un film gourmand et plein de charme, à l’histoire légère et entraînante. Malgré le manque d’envergure des personnages et un ensemble plutôt prévisible, Les Recettes du Bonheur séduit et émerveille avec la magie des films simples qui permettent de faire passer un bon moment, sans avoir besoin de se poser mille questions. Une recommandation cependant : évitez de le voir le ventre vide !

Le pitch : Hassan Kadam a un don inné pour la cuisine : il possède ce que l’on pourrait appeler « le goût absolu »… Après avoir quitté leur Inde natale, Hassan et sa famille, sous la conduite du père, s’installent dans le sud de la France, dans le paisible petit village de Saint-Antonin-Noble-Val. C’est l’endroit idéal pour vivre, et ils projettent bientôt d’y ouvrir un restaurant indien, la Maison Mumbai. Mais lorsque Madame Mallory, propriétaire hautaine et chef du célèbre restaurant étoilé au Michelin Le Saule Pleureur, entend parler du projet de la famille Kadam, c’est le début d’une guerre sans pitié. La cuisine indienne affronte la haute gastronomie française. Jusqu’à ce que la passion d’Hassan pour la grande cuisine française – et pour la charmante sous-chef Marguerite – se combine à son don pour orchestrer un festival de saveurs associant magnifiquement les deux cultures culinaires. Le charmant village baigne désormais dans des parfums débordants de vie que même l’inflexible Madame Mallory ne peut ignorer. Cette femme qui était autrefois la rivale d’Hassan finira par reconnaître son talent et le prendre sous son aile…

Adapté du roman éponyme écrit par Richard C. Morais, le film Les Recettes Du Bonheur débarque sur nos écrans en étant sacrément bien entouré. En effet, alors que le film est produit, entre autres, par les Studios DreamWorks (Steven Spielberg) et Harpo Productions (Oprah Winfrey), le réalisateur Lasse Hallström (Le Chocolat, Hatchi, Des Saumons Dans Le Désert…) s’appuie sur l’adaptation du roman écrite par Steven Knight (Locke, Les Promesses de L’Ombre…). Avec un tel pedigree, il n’est pas étonnant que le film Les Recettes du Bonheur ait autant de cœur, tant il allie avec une facilité étonnante la simplicité d’une rencontre entre deux mondes et la richesse colorée des échanges entre deux communautés que tout oppose.
Au milieu de tous les thrillers, films d’horreur, polar, drame et autres blockbusters qui en mettent plein la vue ou gros sur la patate, cela fait parfois beaucoup de bien de se poser devant une histoire agréable qui donne envie de sourire et de passer un bon moment. Les Recettes Du Bonheur a l’aura de ce genre de film, grâce à son ambiance ensoleillée et conviviale, axée autour de ce qui réunit le plus souvent les êtres humains : la nourriture. Entre le choc des cultures et le mélange des saveurs, le film de Lasse Hallström est une comédie agréable bousculée entre différents personnages hauts en couleur et des échanges espiègles. Si l’histoire n’a rien d’innovante et se laisse facilement deviner, le résultant n’en est pas moins convaincant. Lasse Hallström parvient à créer une dynamique suffisamment captivante pour que l’on accroche au film sans effort, à travers le face-à-face atypique entre une famille indienne et une dame posée comme la représentante de la gastronomie française. Au programme : beaucoup de sourires et de gourmandise. En effet, avec la cuisine en thème central, Les Recettes Du Bonheur fait monter la température alors que les liens entre les personnages se font et se défont au détour de recettes toujours plus alléchantes, mettant à l’honneur le métissage et le goût des bonnes choses.

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Ce qui est intéressant dans Les Recettes Du Bonheur, ce n’est pas seulement la rencontre entre les personnages, mais surtout la façon dont Lasse Hallström définit le fait d’être chez soi, à travers l’évolution de son jeune héros et de son apprentissage au cours du film. Entre les valeurs familiales, l’amour et le succès, Les Recettes Du Bonheur brassent des sujets universels (et sans risque), autour de personnages déracinés et/ou esseulés qui vont se redécouvrir, mais aussi se reconstruire. Finalement, grâce à un scénario habile et une mise en scène toujours dynamique, Les Recettes Du Bonheur évite tant bien que mal la morosité facile en misant sur ses personnages attachants, évitant ainsi de devenir moralisateur ou complaisant, et délivre donc une comédie pétillante et naturelle, qui privilégie les émotions et les ondes positives.

Cependant, il y a tout de même quelques bémols. Si certains pourraient reprocher le ton parfois édulcoré et superficiel du film autour de l’immigration et du racisme (deux sujets inévitables et pourtant mis en retrait), c’est surtout au niveau de la lecture du film que j’ai, personnellement, eu du mal. En effet, Les Recettes Du Bonheur est difficile à situer dans le temps : au début, le film semble se situer dans une France un peu ancienne (années 50 ou 60), quand soudain un téléphone portable apparaît ! Cet écart entre le style rétro du film et des personnages avec une époque finalement moderne pose parfois un problème de compréhension et d’immersion, tout comme certaines incohérences (ou manque d’explication) qui laissent perplexe (comment une famille ayant tout perdu peut assumer de tels frais ?). Alors qu’au niveau de la mise en scène, Lasse Hallström brille par sa fluidité et sa luminosité, le mélange des cultures ne fonctionnent pas à tous les niveaux. Outre le doublage en français hasardeux sur certaines scènes jouées par Michel Blanc (!), il faut avouer que le mariage de genre n’est pas toujours très heureux lorsqu’il s’agit de la bande-originale, souvent agaçante et malvenue.

Parmi les films qui tournent autour de la nourriture, Les Recettes Du Bonheur a le mérite d’aller jusqu’au bout de son histoire, en proposant un véritable aboutissement, à l’instar de films comme le récent Les Saveurs Du Palais qui malgré une débauche quasiment insoutenable de plats tous plus appétissants les uns que les autres, manquait d’une conclusion suffisante. Ici, Lasse Hallström nous emmène d’un bout à l’autre de son périple culinaire et émotionnel, même si ses personnages manquent parfois de relief et de surprise. Avec un peu plus d’intensité et de profondeur dans le traitement des personnages, Les Recettes Du Bonheur aurait eu tout les atouts du « feel-good movie » estival. Dommage.

Au casting, Helen Mirren (Red 1 et 2, The Queen, Hitchcock…) est comme toujours magistrale, aussi à l’aise en français qu’en anglais, elle incarne parfaitement cette dame faussement aigrie et vraiment touchante. À ses cotés, Manish Dayal (vu dans les séries Switch At Birth et 90210…), le gentil héros du film, se fait royalement voler la vedette par Om Puri (Fish And Chips, La Guerre Selon Charlie Wilson…), le papa ronchon et attendrissant, tandis que Charlotte Le Bon (Yves Saint Laurent, Libre et Assoupi…) continue d’osciller entre le charme piquant et la déception embarrassante à cause d’un jeu encore trop hésitant et peu naturel.

En conclusion, Les Recettes Du Bonheur est une comédie attachante et joviale, idéale pour passer un bon moment à travers une histoire simple et colorée. Lasse Hallström propose une œuvre rafraîchissante et suffisamment pleine de malice pour égayer une aventure certes un peu plate et attendue, mais agréable à suivre. Ceci n’est peut-être pas un grand film (comme le fut la dernière collaboration entre Steven Spielberg et Oprah Winfrey, à savoir La Couleur Pourpre), mais Les Recettes Du Bonheur s’impose comme l’un de ses films que l’on découvre pour le simple plaisir de se divertir et de s’évader dans une bulle bienheureuse. Quitte à me répéter, je préfère rappeler qu’il vaut mieux avoir le ventre plein avant de voir ce film (ou de prévoir un bon repas après). À table !

Eeer... Spaghettis don't have eyes, right?

Eeer… Spaghettis don’t have eyes, right?

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