Interstellar : Une aventure unique à la complexité déroutante

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L’un des films les plus attendus cette année, Interstellar a le don de diviser. À la fois brillant et intense, Christopher Nolan aborde un sujet complexe, mêlant physique quantique et survie de l’homme dans une fable très dense et captivante. Cependant, à force de se focaliser sur le message qu’il cherche à faire passer, le réalisateur a tendance à délaisser pas mal de détails qui le font passer à coté du chef d’œuvre annoncé. Entre des (tas de) questions sans réponse et une esthétique souvent approximative, Interstellar réussit à se rattraper grâce à une réflexion brillante et une bande-originale sublime. Et cette fois, en étant bien attentif, on comprend tout du début à la fin… mais saurez-vous tenir jusqu’au bout ?

Le pitch : Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.

Si sa trilogie The Dark Knight continue de faire débat, Christopher Nolan (Memento, Le Prestige…) fait partie de ces réalisateurs dont l’annonce du prochain film excite les fans… et les autres. 4 ans après l’insaisissable Inception, il est de retour avec une œuvre exigeante à l’intrigue incroyablement aboutie et follement ambitieuse.

Difficile de parler d’Interstellar en quelques mots, tant le film s’appuie sur un scénario d’une richesse formidable. Dans un futur proche où la Terre devient petit à petit inhabitable, Christophe Nolan s’infiltre dans cette brèche faussement écologique pour délivrer un message surprenant, s’appuyant sur les rêves les plus lointains de la nature humaine : la conquête de l’espace et la maîtrise du temps. Malheureusement, l’aventure Interstellar s’associe avec pas mal de contraintes qui peuvent paraître repoussantes au premier abord : le film met du temps à installer son univers, entre une cellule familiale meurtrie et une planète qui s’éteint petit à petit, avant d’entamer la partie ardue de l’histoire. En effet, il faudra être un peu plus attentif quand les explications scientifiques commenceront à pleuvoir afin de ne pas être perdu en cours de route… mais le jeu en vaut nettement la chandelle.
La différence avec Inception, c’est Interstellar pose les bases et fait constamment évoluer son histoire, tout en créant un véritable lien émotionnel entre ses personnages. Passées les explications techniques qui ont tendance à alourdir la première heure (et demie) du film, Interstellar est une aventure sans limite à travers le temps et l’espace, à la découverte de mondes inexplorés mais aussi, de l’humanité au sens propre du terme. À travers un message plein d’espoir, Christopher Nolan propose enfin des personnages concrets et attachants, scrutant aussi bien les défauts des uns que le courage des autres, évitant ainsi de se reposer uniquement sur leur utilité purement fonctionnelle.

La particularité d’Interstellar, c’est qu’il faut vraiment le voir pour comprendre et se faire sa propre opinion, car chacun appréhende un film à sa façon. Il faut avouer que la réflexion autour du film est absolument démente car Christopher Nolan propose une histoire aboutie et captivante. Entrer dans les détails risqueraient de spoiler une partie importante de l’intrigue, mais le film parvient à créer une boucle à la fois logique et inattendue, effleurant au passage certaines croyances populaires (de la religion à certains événements historiques…). Cependant, la complexité et la densité d’Interstellar est souvent déconcertante, obligeant parfois à se concentrer sur du blabla technique plutôt que sur l’ensemble chargé d’émotions. Une obligation qui n’a pas échappée au réalisateur, si concentré sur son scénario qu’il a tendance à laisser de coté certains détails qui auraient pu alléger son film, ou, au moins, lui faire marquer des points. En effet, que l’on apprécie Interstellar ou pas, une fois le film terminé de nombreuses questions restent en suspens, que ce soit sur les personnages, l’absence de dimension internationale (la planète entière se résume à un patelin américain…) ou la cohérence du film. De plus, visuellement, Christopher Nolan nous avait habitué à mieux : si la mise en scène d’Interstellar reste fluide, l’esthétique est souvent approximative alternant des plans fades avec des images d’une beauté époustouflante. Autant d’éléments qui, selon moi, font passer Interstellar à coté du chef d’œuvre promis.

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Pourtant, j’ai aimé Interstellar. Bien que le scénario soit un flot constant d’informations compliquées (surtout pour les non-scientifiques), le film de Christopher Nolan est incroyablement prenant et fascinant. Porté par un casting excellent, Interstellar allie émotion et frisson à travers un voyage unique, rythmé par des rebondissements inattendus et toujours plus alarmants. Le film est également traversée par une bande-originale superbe, encore une fois signée par Hans Zimmer (la trilogie The Dark Knight, Inception, mais aussi Rush, 12 Years A Slave, Man Of Steel…). Globalement, j’aime la beauté symbolique et l’intelligence d’Interstellar. Alors que l’on reproche souvent à Christopher Nolan de proposer des films prétentieux, ici le réalisateur dissèque l’Homme (notez le grand H) avec un message souvent froid mais porteur d’espoir.

Au casting, Matthew McConaughey (Killer Joe, Mud, Dallas Buyers Club…) livre une performance impeccable en se fondant dans son rôle sans trop en faire, même si son accent prononcé complique légèrement la compréhension du film en VO. À ses cotés, Jessica Chastain (Zero Dark Thirty, Mama, Des Hommes Sans Loi…) et Mackenzie Foy (Conjuring : Les Dossiers Warren…) apportent beaucoup de sensibilité au film, tandis qu’Anne Hathaway (The Dark Knight Rises, Un Jour, Les Misérables…), malgré une présence indéniable, est souvent en retrait.
Michael Caine (la trilogie The Dark Knight, Inception, Insaisissables…), Casey Affleck (Les Amants du Texas, Gone Baby Gone…) et Wes Bentley (Hunger Games…) sont également à l’affiche, tout comme Matt Damon (Monument Men, Elysium…), même si son personnage fait parti des points inexpliqués et/ou incohérents du film.

En conclusion, déçue par Inception et je n’attendais pas Interstellar, pourtant le dernier film de Christopher Nolan est une véritable surprise. S’il faut s’accrocher pour pouvoir apprécier l’ensemble du film, Interstellar est une aventure captivante et brillante, dont la réflexion interpelle. Et tout d’un coup, tout est possible… À voir !

Did you know that in space nobody can hear us scream?

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