[COUP DE CŒUR] Folles de joie, de Paolo Virzi

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Jolie découverte ! Folles de Joie est un road trip à l’italienne drôle, hystérique, parfois épuisant, mais porté par un duo de femmes formidables. J’ai beaucoup aimé l’énergie enivrante du film et son ambiance tragi-comique qui ne manque pas de toucher en plein cœur grâce à des portraits vraiment attachants et une sensibilité émouvante à fleur de peau. Malgré une sacrée exubérance, Paolo Virzi aborde un thème dans lequel on peut facilement se retrouver : le déni pour « oublier » pendant un instant (plus ou moins long) les aléas (plus ou moins graves) de la vie. Petit coup de cœur inattendu !

Le pitch : Beatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif. Donatella est une jeune femme tatouée, fragile et introvertie. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient d’amitié. Une après-midi, elles décident de s’enfuir bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu’est le monde des gens « sains».

Sélectionné en compétition officielle parmi la Quinzaine des réalisateurs du dernier Festival de Cannes, j’ai découvert Folles de Joie sans réellement savoir où je mettais les pieds.
Dès les premières minutes, Paolo Virzi (Les Opportunistes, La Prima Cosa Bella…) nous entraîne dans un rollercoaster tout en effervescence, mené tambour battant par une Valeria Bruni-Tedeschi animée. C’est simple, soit on accroche dès le départ à ce flot de paroles incessants alliant folie douce et dolce vita, soit c’est le rejet immédiat car une fois lancé, Folles de Joie ne s’arrête plus. Dans cette bulle hors du temps cadré dans un établissement psychiatrique pour femmes, Paolo Virzy narre la rencontre entre deux caractères opposés qui, derrière leurs apparences, tentent de panser des blessures profondes. Le film respire d’une légèreté communicative, la langue italienne rajoute beaucoup de poésie mais je me suis rapidement attachée à ce tourbillon cocasse mettant en scène une bavarde mythomane et excentrique face à une femme mutique, qui parviennent pourtant à trouver chez l’autre un certain confort rassurant. En effet, celle qui agace comble la solitude de l’autre, tandis que cette dernière offre l’oreille attentive qu’espérait l’une. C’est autour de cette rencontre amicale que Paolo Virzi va dessiner une aventure originale aussi drôle qu’émouvante.

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Lancé par un coup de folie, Folles de Joie est une escapade dans une Italie de carte postale : le film est une véritable bouffée d’air frais résonnant presque comme une invitation au voyage, tant on prend plaisir à découvrir ses paysages et ses personnages hauts en couleur. Entre fuites et règlements de compte, les deux héroïnes vont peu à peu faire face à leurs problèmes, malgré leurs tentatives pour y échapper. Paolo Virzy parvient parfaitement à équilibrer le coté tragique de son film, en conservant toujours une ambiance désinvolte. Pourtant, derrière le rire et les restos-baskets, Folles de Joie n’est jamais loin de l’émotion brute alors qu’on découvre le parcours de ces femmes touchantes et blessées par la vie. Paolo Virzi saisit toute la complexité de ses personnages féminins, à la fois fortes et fragiles, sans en faire de simples victimes mais des femmes qui apprennent à se relever à leurs rythmes. Si le film a un coté un peu régressif et un poilounet macho parfois, l’exubérance de Folles de Joie souligne une vision de la vie très italienne et pourtant salutaire, rappelant que parfois, il faut laisser le temps au temps et affronter chaque étape en tant voulu, que ce soit un moment de plaisir ou un coup dur. Une vision qui m’a rappelé la beauté de Youth, de Paolo Sorrentino, et qui m’a donné envie de découvrir plus de comédies italiennes… en VO per favore !

Au casting : d’ordinaire, j’ai beaucoup de mal avec Valeria Bruni-Tedeschi (Asphalte, Ma Loute, Saint Laurent…) avec sa tendance à susurrer constamment en jouant les femmes fatales, mais dans ce film, elle est tout simplement brillante, rappelant parfois la fabuleuse Cate Blanchett dans Blue Jasmine à certains moments. À ses cotés, Micaela Ramazzotti (Ton Absence, La Prima Cosa Bella…) est plus silencieuse mais tout aussi géniale, tout en fragilité et en émotions, venant renforcer un duo aussi ambivalent qu’attachant.

En conclusion, effervescent, lumineux et drôle, Paolo Virzi signe une comédie dramatique au charme italien, aussi excessif que touchant. Folles de Joie conserve une sensibilité à fleur de peau, tout en composant avec un humour désinvolte et une légèreté rafraîchissante. À voir absolument.

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