[CRITIQUE] Summertime, de Gabriele Muccino

Frais, léger et vivant, Summertime est une pause agréable et nostalgique qui fleure bon les vacances et les souvenirs doux-amers. Pour son nouveau film, Gabriele Muccino propose une photographie authentique, entre parcours initiatique et tolérance, à travers un quatuor à l’équilibre douloureusement fragile mais tendrement conquérant.

Le pitch : Maria et Marco, deux ados italiens, décident d’aller passer une partie de l’été à San Francisco où ils sont accueillis chez un couple gay à peine plus âgé qu’eux. Au cours de ces quelques jours, ces quatre jeunes gens issus d’univers différents remettent en question leurs certitudes et se lient d’une profonde amitié…

Réalisateur italien qui s’est fait repérer à Sundance en 2001 avec le film Juste Un Baiser (l’original, pas le remake américain), Gabriele Muccino a surtout marqué les esprits avec les films À La Recherche du Bonheur (2006) et Sept Vies (2009), avec Will Smith en vedette. S’il semble s’épanouir dans des drames sombres hantés par des portraits plein d’espoirs malgré des trajectoires difficiles, Summertime vient illuminer une filmographie internationale un peu terne avec une ambition plus estivale, rafraîchissante et jeune.
Si le film démarre sur une note un peu sombre, Summertime s’émancipe rapidement vers un sujet bien plus léger à travers ses deux adolescents qui se retrouvent coincés ensemble lors de vacances improvisées à San Francisco. Le choc des cultures réunit deux paires que tout oppose, d’un coté deux adolescents qui sont comme chien et chat venant d’un pays hyper religieux, de l’autre un couple gay isolé par une histoire houleuse vivant dans une ville réputée pour sa population colorée (hihi). Entre découvertes et apprivoisements, Summertime souffle un vent de liberté, permettant à ses personnages de s’ouvrir dans cette parenthèse charnière qui semble mettre le quotidien en pause. Authentique et nostalgique, le film puise dans un imaginaire accessible et invite au voyage, de l’Italie aux Etats-Unis, alors que des amitiés indicibles se forment : celles qui hanteront à jamais les mémoires avec la même force inédite sans pour autant renaître un jour.

Si une partie du film vivote autour du manque de tolérance d’un des personnages envers le couple gay, Summertime ne cherche pas à en faire son cheval de bataille et parvient même à exploiter l’ignorance et la naïveté de ses personnages pour les révéler (attention : il ne s’agit pas d’accepter l’homophobie mais de faire la différence entre la haine et l’ignorance). Gabriele Muccino évite brillamment les sujets houleux et cristallise une belle rencontre épicée par des émotions à fleur de peau. Pour être honnête, pendant un moment j’ai attendu le moment où le film sombrerait dans des moments difficiles, les larmes et le retour violent à la réalité, mais en fait si Summertime bouleverse, ce n’est pas en ruinant ces belles vacances mais en saisissant le caractère temporaire de ces moments éphémères dont les personnages profitent à fond. Comme pour rappeler que la vie est courte, le film vise juste en choisissant une tranche de vie accessible qu’il aborde avec beaucoup de simplicité et la touche suffisante de nostalgie pour émouvoir et attendrir.
J’ai retrouvé ces émotions aussi bien à travers les personnages que dans la réalisation de Summertime : caméra à l’épaule, lumière crue et photographie chaude et grainée, Gabriele Muccino prolonge l’effet film de vacances jusqu’à sa mise en scène, ce qui rend l’ensemble plus vrai que nature. Le film évite le superflu et les effets de style, semblant parfois même amateur. Ce n’est pourtant pas gênant, car l’ensemble souligne le caractère éphémère du film qui agit comme un polaroid animé : le développement prend son temps mais le souvenir restera gravé pour toujours.

Au casting, un quatuor attachant campé par Joseph Haro (Awkward…), Taylor Frey (GBF…), Brando Pacitto et surtout Matilda Lutz (Rings…) qui illumine le film, même avec un personnage aussi complexe et a priori détestable.
Scott Bakula (Looking, NCIS…) est également présent, brièvement mais c’est assez sympathique de le retrouver dans ce cadre.

En conclusion, véritable film d’été, Summertime offre évasion et nostalgie dans une parenthèse réjouissante entre amitiés nouvelles et découvertes personnelles. Gabriele Muccino offre un film de vacances, de ceux qui vous rappelleront vos plus belles vacances et vos plus beaux souvenirs. C’est définitivement un moment à ne pas manquer au cinéma. À voir, évidemment.

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