[CRITIQUE] Mes Jours de Gloire, d’Antoine de Bary (sortie VOD)

Le pitch : Adrien est un Peter Pan des temps modernes. Il a beau approcher la trentaine, il vit encore comme un enfant. Petit, il a connu le succès en tant qu’acteur mais c’était il y a plus de dix ans et aujourd’hui Adrien n’a plus un sou. Il retourne ainsi vivre chez ses parents et tente de redonner un coup de fouet à sa vie. Entre la possibilité d’une histoire d’amour et celle d’un retour qu’il s’imagine triomphant en tant qu’acteur, le chemin d’Adrien sera semé d’embûches.

Réalisé par Antoine de Bary
Disponible en VOD le 4 juin
Avec Vincent Lacoste, Emmanuelle Devos, Christophe Lambert…

Après deux court-métrages présentés aux Festival de Cannes avec Vincent Lacoste en tête d’affiche, Antoine de Bary se lance dans son premier film, Mes Jours de Gloire, toujours avec sa même muse, présenté à la Mostra de Venise 2019.
Dans son film, le réalisateur illustre le parcours teinté de désillusions d’un jeune homme qui bute face à la réalité de sa vie d’adulte. Bercé entre son ancienne gloire et des parents à la fois compréhensifs et démissionnaires, le héros du film tente de garder la tête hors de l’eau alors que les bases sur lesquels il s’était maladroitement construit se fragilisent.

La sortie de l’enfance est difficile, Mes Jours de Gloire s’y raccroche presque désespérément jusqu’à tricoter une romance destructrices avec une adolescente trop jeune, comme pour illustrer la difficulté de grandir du héros. Forcément, les choses se compliquent au fur et à mesure que le film avance. Je me suis prise d’empathie pour ce grand enfant paumé, qui n’arrive pas à gérer ni ses émotions ni ses engagements professionnels au moment où, paradoxalement, il se retrouve en lice pour incarner un grand leader français dans un film. Mes Jours de Gloire trouve le juste dosage en dépeignant un personnage à la fois pathétique et touchant, en pleine chute libre, et qui va devoir faire appel à ses propres ressources pour s’en sortir.
Antoine de Bary livre une tranche de vie juste, dont le manque de faste sert l’authenticité du récit. Sans forcément avoir le même parcours, on peut facilement se retrouver dans ce personnage désenchanté, cette impression de devoir toucher le fond pour enfin faire face à ses peurs et ses démons. Mes Jours de Gloire met la simplicité d’une histoire qui fleure bon le vécu, s’inscrivant comme une dramédie sociale sensible et sincère.

Au casting, on retrouve le formidable Vincent Lacoste (Première Année, Chambre 212…), convaincant dans son rôle d’adulescent perdu et finalement très éloigné (et heureusement) du rôle qu’il tenait dans JC Comme Jésus Christ de Jonathan Zaccaï (2012). Autour de lui, on retrouve un combo atypique incarné par Emmanuelle Devos (Numéro Une, On A Failli Être Amies…) et Christophe Lambert (La Source, Chacun Sa Vie…) qui jouent les parents dépassés, l’un trop psychologue pour oser l’approche frontale, l’autre trop en pleine crise identitaire pour réaliser que son fils en chute libre. À l’affiche également, Noée Abita (Ava, Le Grand Bain…) cristallise l’insouciance adolescente moderne – qui est un poil flippante.

En conclusion, Mes Jours de Gloire illustre un passage à l’âge adulte touchant, porté par un personnage principal authentique et accessible, même dans ses illusions et ses réactions de grand gamin déconnecté des réalités. Un parcours initialité douleureux, convaincant et accessible qui aurait mérité plus d’exposition lors de sa sortie en salles. À voir.

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