
Le pitch : Ancienne chasseuse de tornades, Kate est encore traumatisée par sa confrontation avec une tornade lorsqu’elle était étudiante. Désormais, elle préfère étudier le comportement des tempêtes en toute sécurité depuis New York. Mais lorsque son ami Javi lui demande de tester un nouveau détecteur de tornades, elle accepte de retourner au cœur de l’action. Elle rencontre alors le charmant et téméraire Tyler Owens, célèbre pour ses vidéos de chasse aux tornades postées sur les réseaux sociaux. Alors que la saison des tempêtes atteint son paroxysme, des tornades d’une ampleur sans précédent mettent leurs vies en péril.
Potentiellement par ce que c’est mon enfance, mais les blockbusters américains des années 90-2000 sont des petits plaisirs non-coupables et assumés, que j’aime revisité avec toujours la même exaltation d’antan. C’est l’époque où les effets spéciaux semblaient incroyables et démesurés, qui animaient des films XXL qui ouvraient des fenêtres géantes vers l’imaginaire. De cette époque où les extra-terrestres pouvaient nous envahir à tous moment, où des astéroïdes fonçaient tout droit sur Terre, où des scientifiques fous faisaient revivre des dinosaures, créait des lézards géants ou des requins trop intelligents, il y avait aussi un ennemi plus silencieux mais inéluctable : la nature quand elle se déchaine. Du Pic de Dante à 2012, en passant par Volcano, Pluie d’Enfer ou encore Le Jour d’Après, il y a évidemment Twister de Jan de Bont (1997) au rang des films cultes de ce sous-genre d’action.

Dans le premier film, on découvre Jo Harding enfant qui voit son père être emportée par une tornade. 27 ans plus tard, et incarnée par Helen Hunt, elle traque les tornades pour essayer de les comprendre et de réussir à les apaiser avant qu’elles ne détruisent tout sur son passage. Et 27 ans plus tard (coïncidence ? je ne pense pas), Twisters débarque sur nos écrans, aidé des années de perfectionnement en termes d’effets spéciaux. Alors, le spectacle sera-t-il de nouveau au rendez-vous ?

Après avoir côtoyé les festivals les plus prestigieux et frôlé l’Oscar avec son dernier film, Minari, le réalisateur coréano-américain Lee Isaac Chung s’essaie au blockbuster en prenant les rênes de Twisters. Au programme, des ingrédients similaires : un trauma de jeunesse, un love interest à peine voilé, un message écolo pour faire bonne mine et surtout, beaucoup beaucoup ÉNORMEMENT de tornades !
Dans ces montagnes russes aux accents familiers, Twisters joue la carte de la redite modernisée, mêlant experts et influenceurs, politique et écologie, à travers un récit ébouriffant. Sauf qu’une fois tout cela posé, il n’y a plus grand chose à dire. Lee Isaac Chung coche toutes les bonnes cases du films catastrophes et va surtout rythmé le récit de nombreux moments d’action, là où à l’ancienne les films réservaient tout pour la fin. C’est peut-être un peu trop parfois, mais Twisters mérite amplement son titre au pluriel. Le seul bémol, éventuellement, c’est que le film se déroule dans des contrées agricoles des États-Unis, donc les amateurs de destructions massives pourraient rester sur leurs faims.

Dans l’ensemble, Twisters ne prend pas trop de risques en jouant avec les éléments. Les références se font discrètes : les plus assidues auront reconnu « Dorothy », tandis que certains plans et mises en scène autour du personnage de Daisy Edgar-Jones rappellent souvent Helen Hunt (de manière beaucoup plus subtile que ce qui avait été fait dans Jurassic World 3 d’ailleurs). L’histoire parvient à intégrer ses personnages sans qu’ils soient trop accessoires, grâce à des motivations moins romanesques que dans le premier film et qui évoluent face à l’ampleur du danger. En effet, le cowboy youtubeur s’investit pour plaire à sa belle qui, elle, va découvrir au détour des catastrophes comment le capitalisme en profite. Ces messages sont perceptibles sans prendre trop de place et j’ai également aimé le fait que malgré les issues prévisibles, Twisters évite tout de même les facilités d’écriture (notamment au niveau de la romance).

Au casting, je découvre enfin Daisy Edgar-Jones (Fresh, Là Où Chantent Les Écrevisses, Normal People…) dans un rôle où j’arrive à l’apprécier, loin des projets indépendants qui la rendaient insipide (à mon goût). Face à elle, Glen Powell (Tout Sauf Toi, Top Gun : Maverick, Les Figures de l’Ombre…) joue les playboys cowboys à chapeau, pour tenter de remplacer Ryan Gosling en Ken 2024. Au casting également, on retrouve Anthony Ramos (Transformers : Rise of the Beasts, En Analyse…), Sasha Lane (Loki, Hellboy, Conversations With Friends…), Brandon Perea (Nope, The OA…), Maura Tierney (Iron Claw, My Beautiful Boy…) et notre futur Superman, David Corenswet (Pearl, We Own This City…). À noter également, un passage bref de Kiernan Shipka (Sabrina L’Apprentie Sorcière, Longlegs…), Nik Dodani (Escape Game 2…) et Daryl McCormack (Mes Rendez-Vous Avec Leo…).
En conclusion, entre tornades quasi permanentes et rollercoaster visuel, Twisters profite de son format blockbuster pour rendre hommage et remettre au goût du jour un classique des années 90, sur fond de message engagé sans prétention. Quelques clichés et une tonalité familière, certes, mais quand on voit la cohorte de films catastrophes bidons qui existent (hors mockbusters), cela aurait pu être bien pire. À voir.


Je suis du même avis, on aurait pu avoir tellement mieux mais on aurait pu aussi avoir tellement pire!
Je suis curieux de savoir vu la fin du film s’ils comptent en faire des suites avec ce duo (trio avec Javi?)!