[CRITIQUE] Escape Game, d’Adam Robitel

Le pitch : Six personnes se retrouvent dans une situation incontrôlable ou seule leur intelligence leur permettra de survivre.

À peine un an après le très moyen Insidous : La Dernière Clé, Adam Robitel est de retour avec un nouveau film estampillé horreur avec Escape Game. N’y allons pas par quatre chemins : le concept rappelle largement le film Cube de Vincenzo Natali (1997), avec une pincée machiavélique de Saw, à travers ce piège mortel qui repose sur la mode – déjà presque passée – des escapes games.
Simple, le film offre une première partie relativement efficace en créant des « rooms » vicieusement activées pour tuer et rappeler de mauvais souvenirs aux personnages. D’un four géant à un bar renversé et son plafond capricieux, le film crée une tension prenante dès le départ alors que le groupe oscille entre l’incrédulité et l’enthousiasme face au jeu, avant de céder à la peur et de se transformer par instinct de survie. On échappe pas aux personnalités caricaturales, évidemment, mais l’ensemble fonctionne plutôt bien tandis que la film joue avec une trame un poil macabre et les nerfs des spectateurs grâce à ses pièges redoutables. Escape Game n’est pas gore et des mises à mort sont implicites (ou montrées de facon très soft), mais propose des stratagèmes suffisamment sordides pour créer de la tension et de l’empathie quant à la survie de plus en plus réduites des malheureux participants.

La bonne idée, c’était de tenter de ne pas céder à la facilité en suivant son concept à la lettre pour un final prévisible. Trompeur grâce à une scène d’introduction stressante qui met en scène un des personnages de l’histoire avant de revenir en arrière pour démarrer le film, Escape Game tente de rendre son intrigue intéressante en essayant de donner du sens à ses mises à mort. Seulement voilà, comme une blague foireuse dont l’auteur se voit obliger d’expliquer la chute, le film d’Adam Robitel rate son passage à l’étape supérieure. Alors que le lien entre les personnages devient de plus en plus évidents, l’histoire tricote une justification bancale qui dessert à la tension ambiante créée dans la première partie du film, car en réalité… on s’en fiche un peu, surtout quand cela ne tient pas debout. En effet, au delà de son aspect simili-conspirateur, on est forcé de se demander comment ces méchants de l’ombre sont au courant des moindres détails que seuls les personnages du film pouvaient savoir.

Au final, malgré ses efforts, Escape Game ne parvient pas à satisfaire et semble avoir quelques années de retard, avant de s’enfoncer dans un dénouement définitivement raté qu’Adam Robitel tente péniblement d’orienter vers une suite. Les quelques ressorts satisfaisants du début s’oublient rapidement devant le manque d’ambition et surtout d’identité d’un film plat et sans surprise, qui s’embourbe dans la seule partie de l’histoire sans intérêt. Bref, c’est très moyen tout ça.

Au casting et comme souvent dans ce genre de film, on retrouve des visages plus ou moins connus dont Deborah Ann Woll (Daredevil, The Defenders…), plutôt badass en femme d’action, Jay Ellis (Insecure…) en trader déterminé et Logan Miller (Love, Simon, The Walking Dead…) en adulescent paumé. Autour d’eux, Taylor Russell McKenzie (Perdus dans l’Espace, Dead of Summer…), Tyler Labine (Dirk Gently, The Boss…) et Nik Dodani (Atypical…) complètent ce groupe de survivants éclectique.

En conclusion, Escape Game nous invite à jouer à un jeu dangereux, à la première partie prometteuse mais qui finit par botter en touche en livrant un concept qui s’essoufle en court de route. À éviter.

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