[CRITIQUE] Joy, de David O. Russell

Après Hapiness Therapy et American Bluff, David O. Russell est de retour avec un film au casting bien familier et une histoire plutôt déconcertante (pour ne pas dire décevante). Sans surprise, Joy tente de noyer le poisson dans une cacophonie familiale et survoltée pour mieux forcer le trait sur une héroïne méritante qui fabrique des serpillières pour sauver le monde (ou presque). Si les intentions de David O. Russell sont claires, il choisit le chemin le plus compliqué pour y parvenir au lieu d’assumer pleinement le parcours modeste de son personnage. Au bout de trois films fabriqués dans le même moule, Joy ne parvient pas à donner le change bien longtemps et fleure bon l’arnaque. Et si le très bon Fighter était l’exception qui confirme la règle ?

[CRITIQUE] La Rage Au Ventre, d’Antoine Fuqua

Très attendu, le dernier film d’Antoine Fuqua ne déçoit pas. Tendu et émouvant, La Rage Au Ventre porte pour une fois bien son nom français, mettant en scène un personnage enragé, habité par une volonté proche de la folie, tandis que le film équilibre habilement une trame trop prévisible et un univers violent. Si on est finalement bien en dessous de la puissance d’un Fighter (David O. Russell, 2010) et autre Warrior (Gavin O’Connor, 2011), La Rage Au Ventre prend aux tripes dès qu’on accroche à la performance remarquable d’un Jake Gyllenhaal transformé et impressionnant.

American Bluff : Bavard et trop facile, malgré un casting alléchant

David O. Russell renoue avec ses acteurs fétiches et nous plonge dans l’euphorie des années 70. Malgré une immersion réussie et un casting au top, American Bluff se révèle bien trop complexe et bavard pour être appréciable, reprenant l’atmosphère hystérico-délirante d’Happiness Therapy (2012), avec sa galerie de personnages aux relations dysfonctionnelles. Finalement, l’effort mis sur les costumes et les décors rétros ont tendance à susciter plus d’intérêt que ce film au scénario confus, parfois assommant, qui tente de nous mener en bateau jusqu’à une issue qui fleure si bon l’entourloupe téléphonée qu’Ocean’s Eleven, de Steven Soderbergh (2001), est bien plus crédible à coté !