American Bluff : Bavard et trop facile, malgré un casting alléchant

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David O. Russell renoue avec ses acteurs fétiches et nous plonge dans l’euphorie des années 70. Malgré une immersion réussie et un casting au top, American Bluff se révèle trop bavard et trop complexe pour être appréciable, reprenant l’atmosphère hystérico-délirante d’Happiness Therapy (2012), avec sa galerie de personnages aux relations dysfonctionnelles. Finalement, l’effort mis sur les costumes et les décors rétros ont tendance à susciter plus d’intérêt que ce film au scénario confus, parfois assommant, qui tente de nous mener en bateau jusqu’à une issue qui fleure si bon l’entourloupe téléphonée qu’Ocean’s Eleven, de Steven Soderbergh (2001), est bien plus crédible à coté !

Le pitch : Entre fiction et réalité, American Bluff nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70.  Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

Meilleure comédie, meilleur actrice dans une comédie, meilleure actrice dans un second rôle… Forcément, quand un film rafle presque tous les prix dans sa catégorie aux Golden Globes et reçoit 9 nominations aux Oscars 2014, il est très attendu au tournant et American Bluff en fait les frais.
On a beaucoup parlé du look et des perruques utilisés dans le film et c’est très compréhensible, puisque c’est probablement l’un des aspects les plus attrayants d’American Bluff. Cette plongée dans l’ambiance décontractée et pleine de style des années 70 se traduit surtout par les costumes des personnages principaux, tous plus surprenant les uns que les autres, même si parfois le ridicule n’est pas loin et que finalement, tout cela n’est qu’un subterfuge pseudo-arty pour épater la galerie.
David O. Russell choisit de présenter ses personnages par la narration, ce qui est une entrée en matière assez risquée (pour ne pas dire lourde et rebutante d’emblée) puisqu’on se retrouve noyé sous une flopée de paroles et d’informations en peu de temps. Rencontre avec un couple d’escrocs passionnés, aussi captivants que doués, qui réussissent à mettre en place une arnaque à la crédibilité déjà inquiétante. Dès le départ, American Bluff camoufle son manque de rythme et de clarté en nous en mettant plein la vue, que ce soit à travers le décolleté plongeant de la très sexy Amy Adams ou via une mise en scène un tantinet complaisante, axée sur des échanges survoltés entre plusieurs acteurs charismatiques.
Si la première partie est plutôt facile à suivre et sympathique, c’est lorsque l’agent du FBI, incarné par Bradley Cooper, entre en scène que les choses se compliquent. American Bluff, ouvertement basé sur plusieurs faits réels, développe son intrigue de façon plutôt complexe. L’idée principale est de piéger un homme politique puis une partie de la mafia, mais le tout est parasité par toutes les relations destructrices qui viennent alourdir une intrigue déjà compliquée, du couple qui vole en éclat à l’agent du FBI attiré par les charmes de sa nouvelle complice, en passant par une épouse maniaco-dépressive ! Amours compliquées et amitiés coupables empoisonnent le fil conducteur, American Bluff sort effectivement le grand jeu pour mieux nous étourdir avec son armada de personnages satiriques et ses dialogues de plus en plus assommants. Malheureusement, un tel scénario alambiqué devient rapidement fatigant, surtout quand il n’y aucune respiration entre les scènes et, petit à petit, tous ces personnages colorés finissent par sombrer dans une banalité prévisible et sonner creux.
Lorsque le film atteint enfin sa conclusion, David O. Russell joue son va-tout avec une fin téléphonée, peu surprenante et bien trop facile. Le problème avec ce genre de films, quand il s’agit d’escroquerie ou de braquage spectaculaire, c’est le scénario un poil trop magique, et donc peu crédible, qui ne repose que sur les personnages. Malheureusement, plus le film avance et plus l’intérêt pour ses relations croisées s’amenuisent, avant de se conclure sur un twist final au happy-end largement cousu de fil blanc.

Finalement, American Bluff n’est que cela : du bluff. David O. Russell ne parvient pas se renouveler et continue de surfer sur son dernier succès (Happiness Therapy), enrobant le tout dans un bonbon acidulé et seventies pour nous faire croire que sous les postiches et les pattes d’éph’ il y a eu une vraie recherche. En vain : au bout d’une heure, on finit par se lasser de cette mascarade stylisée, bruyante et trop bavarde, qui étouffe complètement le potentiel dramatique de chaque personnage.

Coté casting, on retrouve les duos phares de Fighter et Happiness Therapy. Si Christian Bale (Fighter, la trilogie The Dark Knight…) est toujours impeccable et charismatique, quelque soit son apparence, c’est surtout Amy Adams (Fighter, The Master, Man of Steel…) qui vole la vedette, tant elle est hypnotisante dans ce rôle de femme fatale ultra-sexy. Elle réussit, selon moi, à éclipser Jennifer Lawrence (Happiness Therapy, X-Men : Le Commencement, Hunger Games : L’Embrasement…), pourtant correcte, mais sans véritable surprise, dans son rôle de jeune épouse mentalement instable. Bradley Cooper (Happiness Therapy, Very Bad Trip 3, The Place Beyond The Pines…) écope du rôle le plus difficile (et incompris), s’en sort très bien et continuant de faire ses preuves en s’éloignant des comédies fainéantes qui lui tendaient les bras.
Par contre, Jeremy Renner (Avengers, Jason Bourne : l’héritage, The Immigrant…) a encore une fois du mal à briller au milieu d’un casting aussi brillant et imposant.

En conclusion, American Bluff est très décevant et ressemble à un mauvais tour de passe-passe. Malgré une affiche très alléchante et un quatuor (+ Jeremy Renner) au top, David O. Russell propose un sous-Happiness Therapy assez fade, noyé sous une avalanche de blablas ennuyeux. Quelle arnaque !

Poor Amy. Everybody mentioned the wigs but nobody's talking about the no-bra situation

Poor Amy. Everybody mentioned the wigs but nobody’s talking about the no-bra situation

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