Thor – Le monde des ténèbres : Des personnages mieux réussis… sauf le méchant !

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Mieux réussi et plus abouti, Thor : Le monde des ténèbres remplit ses promesses et semble lancer plus sérieusement la phase 2 du Marvel Cinematic Univers (MCU). Surprenant et fun, le film d’Alan Taylor combine savoureusement l’action et l’humour, pour un résultat largement divertissant et visuellement superbe. Malgré une première partie déroutante et un grand méchant qui passe légèrement à la trappe, Thor : Le monde des ténèbres réussit à trouver son équilibre, notamment grâce à des personnages mieux exploités et en évitant de s’empêtrer, comme le premier film, dans une histoire attendue. On retrouve donc ce qui fait la force de Marvel : des héros charismatiques et attachants, de l’action explosive, un humour finement efficace et surtout, un grand pas en avant vers… Ah non, ça c’est spoiler !

Le pitch : Thor se bat pour restaurer l’ordre dans le cosmos, mais une ancienne race, sous la conduite du terrible Malekith, un être assoiffé de vengeance, revient pour répandre les ténèbres. Confronté à un ennemi que même Odin et Asgard ne peuvent contrer, Thor doit s’engager dans son aventure la plus dangereuse et la plus personnelle, au cours de laquelle il va devoir s’allier au traître Loki pour sauver non seulement son peuple et ceux qui lui sont chers, mais aussi l’univers lui-même.

En 2011, Thor débarquait sur nos écrans, réalisé par Kenneth Brannagh. Plutôt bancal et parfois niais, même si c’était un régal pour les yeux, Thor semblait avoir été expédié à la va-vite devant l’attente pressante du public, servi avec une romance presque adolescente et une mythologie à peine explorée. Qu’à cela ne tienne, puisqu’après le génial Avengers de Joss Whedon (2012), Thor est de retour pour amorcer la phase 2 du Marvel Cinematic Universe.
Contrairement à tous les autres films qui ont majoritairement lieu sur Terre, c’est la première fois qu’un film Marvel s’aventure aussi longtemps sur une autre planète. En effet, si le premier film Thor ne nous avait laissé voir qu’un petit aperçu de cet autre monde, ici Asgard et les neufs royaumes sont au centre du film. Dès le début, Thor : Le Monde des ténèbres nous enchante et effectue un retour aux sources guidé par Odin. A travers les nouvelles responsabilités d’un Thor assagi et légèrement mélancolique, le film rétablit les racines extraordinaires de notre héros en nous replongeant longuement dans la mythologie d’Asgard, avant d’introduire le méchant de l’histoire, Malekith.

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Certes, la construction narrative des films de super héros est relativement simple, mais une chose est sûre, Marvel ne se repose pas sur ses lauriers et ne manque jamais de nous épater autrement. En effet, entre une direction artistique magnifique et une orientation space opera non dissimulée, le début de Thor : Le Monde des ténèbres ose la prise de risque et se réapproprie l’univers du super héros. Un résultat possiblement déroutant, d’autant plus que la première partie du film est riche en informations et d’explications plus ou moins alambiquées, entrecoupées par des événements qui se déroulent, en parallèle, sur Terre. Néanmoins, Thor : Le monde des ténèbres frappe par sa beauté, ses décors et sa photographie magnifique, donnant une véritable identité visuelle et significative à ce héros qui, jusqu’à aujourd’hui, avait tendance à se fondre dans la masse (à peu de choses près). Dès que le film est lancé, Thor : Le monde des ténèbres met son héros à l’épreuve, le forçant à affronter des drames personnels et douleureux, qui le mèneront à faire équipe avec son frère, Loki, pour sauver les 9 royaumes mais également sa belle Jane Foster, qui, au lieu de servir de groupie, a été complètement intégrée dans l’intrigue. Il n’est plus question d’observer les pitreries d’un Thor inadapté à la notre petite planète, cette fois, Thor : Le Monde des ténèbres nous propose un héros à la hauteur de sa légende, puissant et imposant. A la fois captivant, drôle et explosif, Thor : Le Monde des Ténèbres nous entraîne petit à petit dans une course contre la montre entre les mondes, avec une fluidité qui donne le vertige. Un peu trop peut-être, et oui car même si ce nouvel opus répond à nos attentes, on est toutefois loin de la perfection, car bien que le début du film pose les bases de l’histoire on est loin de l’ambiance fun des films du MCU. Trop d’explications, trop de blabla et des affrontements vains se chamboulent en un temps record, alors que finalement, l’intrigue est tout ce qu’il y a de plus basique.

Loki ! Loki ! Loki !

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Heureusement, si l’introduction orientée space opera/fantasy est assez déconcertante, la seconde partie du film efface complètement les premiers a-priori. En effet, dès l’entrée en scène du très attendu Loki, Thor : Le monde des ténèbres semble sortir de sa torpeur. D’un caméo désopilant (le meilleur à ce jour !), à des échanges vifs et hilarants, le film retrouve un équilibre agréable et divertissant, entre de l’action du tonnerre (!), des rebondissements captivants et une bonne dose d’humour efficace. A mi-chemin, Alan Taylor (connu pour avoir réalisé des épisodes de Game of Thrones, Mad Men…) parvient soudainement à jongler entre les différents enjeux du film, du sauvetage de la belle Jane Foster à la menace grandissante de Malekith, dans un ensemble cohérent et enthousiasmant. Thor : Le monde des ténèbres se rattrape largement des quelques couacs du début, notamment en se concentrant sur les personnages secondaires, leurs relations et surtout leurs implications dans le film.

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Seule une ombre au tableau persiste et signe. Thor : Le monde des ténèbres opte trop souvent pour la facilité et les pirouettes commodes pour avancer, que ce soit au sujet du voyage entre les mondes et surtout, la notion des 9 royaumes qui s’avère finalement assez floue. Du coup, Malekith passe au second plan. Alors que ce dernier était sensé être la grande menace, ses ambitions se révèlent finalement plutôt fades et pas très intéressantes. Le passage de Malekith ne marquera donc pas les esprits, d’une part parce qu’on ne comprend pas réellement ses motivations mais aussi parce que sa si grande armée d’Elfes Noirs fait peine à voir. Dommage.
Thor : Le monde des ténèbres se sert de Malekith et des Elfes Noirs pour relancer la machine, mais le véritable but du film était en fait de (re-)donner une légitimité à ses personnages. De ce coté-là, le pari est réussi. Cependant, Thor a beau avoir son nom sur l’affiche, la star du film est bel et bien Loki, le sournois et malicieux demi-frère, qui irradie la toile à chaque apparition. Thor : Le monde des ténèbres offre une nouvelle lecture sur ce personnage un poil torturé, réussissant à faire de ce super-vilain un héros versatile et attachant.

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Alan Taylor réalise ici un film accessible à tous, que l’on ait scrupuleusement suivi la Phase 1 ou que l’on prenne le train en route. Toutefois, Taylor n’oublie pas de sortir des sentiers battus, grâce à une mise en scène impeccable, et en n’hésitant pas à s’inspirer d’autres univers graphiques pour donner à son film une empreinte artistique remarquable (décors, costumes…), sans oublier de laisser traîner, ça et là, des petits clins d’œil à Games of Thrones, sa série à succès. Finalement, Thor : Le monde des ténèbres sonnait comme un film sombre, rappelant vaguement la mode « Nolanienne » post-The Dark Knight. Mais chez Marvel, ils n’ont pas l’intention de copier les autres. Certes le grand vilain du film ne parviendra pas à nous faire frissonner et l’esprit du film reste lumineux et divertissant, mais Thor devra assurément essuyer des pertes inattendues, qui le retrancheront dans ses limites. Les ténèbres, oui, mais pas forcément celles auxquelles le titre du film semblait faire référence.

Coté casting, on prend les mêmes et on recommence ! La seule (ou presque) différence, c’est que cette fois, les personnages ne sont pas uniquement écrits pour faire le show et ça, ça change tout. L’ensemble du casting est nettement plus convaincant, notamment du coté de Chris Hemsworth (vu cette année dans Rush) et Natalie Portman (Oscar de la meilleure actrice pour Black Swan).
Kat Dennings (Thor, 2 Broke Girls…) a également pris du grade et provoque la surprise à de nombreuses reprises, tout comme Stellan Skarsgard (Millenium…).
Si Idris Elba (Pacific Rim), Anthony Hopkins et Jamie Alexander se font plus rares, chacune de leurs apparitions prend des airs de retrouvailles conviviales.
Le grand nouveau (en dehors de Zachary Levi qui reprend le rôle de Fandral), c’est Christopher Eccleston (Doctor Who – le neuvième docteur) qui incarne Malekith le maudit, malheureusement le seul personnage à se révéler sans intérêt.
Enfin, Tom Hiddleston reprend le rôle de Loki, avec une aisance et un plaisir évident. Vrai personnage-clé du film, grâce à son interprétation géniale et presque naturelle, il parvient à faire de ce super-vilain un héros vraiment attachant.

En conclusion, Thor : Le Monde des ténèbres n’est peut-être pas la suite que tous les fans attendaient, mais cela reste un film bien meilleur que le premier. La seule déception reste dans le traitement de Malekith, le méchant de l’histoire se fera rapidement oublié. Décidément, les films de la Phase 2 du MCU ont bien du mal à s’approprier leurs méchants. A moins que Marvel ne garde toutes ses billes pour une prochaine fois ?

The winter is coming...

The winter is coming…

PS : Qui dit film Marvel dit bien évidemment scène post-générique ! Pensez bien à rester jusqu’à la TOUTE FIN du générique pour profiter des DEUX scènes bonus. On se retrouve bientôt pour un article plein de spoilers sur le film.

>>> Voir et revoir la bande-annonce de Captain America : Le Soldat de l’hiver !

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