[CRITIQUE] Avis express : Terrible Jungle et Enragé

Vus au cinéma à la fin de l’été, ces deux films ne m’ont pas beaucoup marqué. D’un coté : une comédie française qui se rêve burlesque mais qui tombe à plat, de l’autre coté, un film testostéroné américain qui fleure bon l’incivilité irrationnelle. Deux univers différents et décalés sur lesquels j’ai surfé sans véritablement y adhérer.

[CRITIQUE] Hellboy, de Neil Marshall

Hellboy ou la promesse ratée d’une série Z qui s’annonçait comme fun. Malgré une volonté de s’éloigner de la version de Guillermo Del Toro en proposant un divertissement plus outrancier et gore à souhait, le film de Neil Marshall se perd et pêche par un scénario d’une maladresse consternante qui rend l’expérience ô combien pénible et frustrante. Des enjeux confus, des personnages survolés et trop nombreux, aucun sens du rythme, structure narrative ratée… On enchaîne les événements en attendant que ça se termine enfin. Pas de vrais morceaux de bravoure, malgré des tentatives de plans séquences d’action qui nous permettent d’apprécier les limites budgétaires du film. Rien à sauver.

[CRITIQUE] My Beautiful Boy, de Felix Van Groeningen

Façonné à travers les mémoires du père et l’expérience d’un fils, My Beautiful Boy retrace la dérive d’une cellule familiale aux apparences solides. Sensible et porté par un casting formidable, le premier film américain de Felix Van Groeningen explore le sentiment d’impuissance sous toutes ses formes, celle d’un père face à l’addiction de son fils et celle de ce dernier face à sa propre addiction. Steve Carrell et Timothée Chalamet sont bouleversants, malgré une forme narrative redondante qui perd peu à peu en intensité.

[CRITIQUE] Manhattan Stories, de Dustin Guy Defa

Méli-mélo de récits new-yorkais, Manhattan Stories s’étale péniblement à travers des tranches de vie d’une banalité informe. Dustin Guy Defa est au four et au moulin, agitant des trames inintéressantes qui s’éternisent autour de personnages peu attachants et névrotiques. Si d’autres parviennent à sublimer le quotidien dans une belle simplicité, Manhattan Stories réussit à transformer la Grosse Pomme en un tableau vieillot et austère. Chapeau ? Non merci.

[CRITIQUE] Le Labyrinthe – Le Remède Mortel, de Wes Ball

Après la surprise du dernier opus et un peu plus de deux ans d’attente, Wes Ball livre enfin le dernier volet de la saga Le Labyrinthe, intitulé Le Remède Mortel. Toujours aussi rythmé, dense et truffé de rebondissements, le film renoue avec une intrigue haletante et des personnages attachants, apportant son lot de réponses et d’actions. Si l’ensemble accuse quelques ficelles trop visibles, le résultat reste solide et efficace. Enfin une saga « Young Adult » qui tient la route du début à la fin !

[CRITIQUE] Assassin’s Creed, de Justin Kurzel

Qu’on soit fan du jeu vidéo ou non, Assassin’s Creed s’adresse aux amateurs de films d’action musclée. Entre des cascades à couper le souffle et un rythme ahurissant, le film de Justin Kurzel s’inscrit comme une origin story accessible à tous, réussissant à conserver l’identité du jeu tout en maîtrisant son adaptabilité dans un film moderne. Passant de Shakespeare au blockbuster en un seul souffle, Justin Kurzel livre une adaptation dynamique et prometteuse, qui, malgré ses longueurs, assure un show à la fois tangible, divertissant et spectaculaire.

[CRITIQUE] Nocturama, de Bertrand Bonello

Étrange, audacieux et curieux, le film de Bertrand Bonello captive dès les premières minutes en s’entourant d’un mystère silencieux et prenant. Malheureusement, derrière son chassé-croisé parisien, Nocturama perd rapidement de son intérêt lors d’une seconde partie en huis-clos aussi frustrante que sans but véritable. Malgré une idée générale ambitieuse et marquée par une actualité sombre…

[CRITIQUE] Midnight Special, de Jeff Nichols

Après Take Shelter et Mud, Jeff Nichols renoue avec le drame SF dans un Midnight Special curieux mais finalement atone. Le film suit un récit linéaire, comportant une mission qu’il suit sans vraiment en creuser les répercussions, avant de livrer une fable un chouilla mystique centrée sur une relation père-fils qui n’évolue pas vraiment. Volontairement ou non, Midnight Special fait écho à de nombreuses références cinés mais finit par manquer d’intérêt, car en dehors du périple des personnages il n’y a finalement aucune réponse aux nombreuses questions soulevées dans le film. Heureusement, Michael Shannon est, comme souvent, parfait et la bande-originale est accrocheuse.

Rattrapage 2015 : Un Homme Idéal, de Yann Gozlan

Le pitch : Mathieu, 25 ans, aspire depuis toujours à devenir un auteur reconnu. Un rêve qui lui semble inaccessible car malgré tous ses efforts, il n’a jamais réussi à être édité. En attendant, il gagne sa vie en travaillant chez son oncle qui dirige une société de déménagement… Son destin bascule le jour où…

[CRITIQUE] Maggie, de Henry Hobson

Après avoir repris des rôles de gros bras et en attendant (ou pas) Terminator: Genisys, Arnold Schwarzenegger est de retour dans un de ses meilleurs personnages : celui du super papa. Dans un drame « zombiesque », un père tente de protéger sa fille infectée envers et contre tout. Annoncé comme un huis-clos émotionnel teinté de frissons, Maggie se révèle être un film peu assumé, manquant à la fois d’hémoglobine et d’intérêt, dévoilant alors un concept bien tenté mais relativement mou du genou et ennuyeux, tiraillée entre une ado geignarde et un Schwarzy qu’on a connu plus expressif (si, si). Dommage.

Le Hobbit – La Bataille des Cinq Armées : Des adieux frustrants à la Terre du Milieu

Nous y sommes. Il est temps de dire définitivement adieu à la Terre du Milieu. Un voyage commencé il y a plus de dix ans prend fin avec « Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées », dernier opus de la trilogie du Hobbit entamée en 2012 par Peter Jackson après la défection de Guillermo Del Toro. Cette fois, les adieux semblent bel et bien définitifs puisque les chances sont maigres de voir débarquer une adaptation du Silmarillon. Et après une « Désolation de Smaug » efficace mais incroyablement frustrante, on espérait que Jackson allait une fois pour toutes donner tout ce qu’il avait dans le ventre pour nous faire un dernier tour de piste spectaculaire et mémorable. Le problème étant malheureusement que si on se souviendra de ce dernier épisode, ce ne sera pas forcément que pour ses qualités…

Elle L’adore : Sandrine Kiberlain au top dans une intrigue non maîtrisée

Légèrement pop et rafraîchissante, Elle L’Adore est une comédie policière originale dans laquelle on y retrouve une Sandrine Kiberlain franchement marrante en groupie maligne et prise au piège. Cependant, pour son premier film, Jeanne Herry ampoule un trame sympathique en ajoutant une intrigue secondaire qui n’apporte rien au film, pire, qui finit par être encombrante. Du coup, malgré un ensemble dynamique et acidulé, Elle L’Adore botte en touche à la dernière minute en bâclant la fin de façon étrange et frustrante. Dommage.