Un amour d’hiver : entre déception et nanar…

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Avec son univers fantastique et un casting attrayant, Un amour d’hiver ressemble à un conte de Noël ayant quelques mois de retard. Pour son premier film, Akiva Goldsman, malgré un parcours respectable, s’attelle à un projet très ambitieux (pour ne pas dire casse-gueule) et s’empêtre dans un récit sans queue ni tête, vivotant autour d’une amourette prévisible. Dire que la magie n’opère pas est un euphémisme, tant Un amour d’hiver frise un ridicule parfois si absurde qu’il en devient captivant. Dommage.

Le pitch : New York, au tout début du XXème siècle. Passé maître dans l’art du cambriolage, Peter Lake n’aurait jamais cru qu’un jour son cœur lui serait ravi par la charmante Beverly Penn. Mais leur idylle est maudite : tandis que Beverly est atteinte de tuberculose, Peter a été condamné à une mort bien plus violente par son ancien mentor, le diabolique Pearly Soames. Peter tente par tous les moyens de sauver la femme qu’il aime, à travers le temps, luttant contre les forces des ténèbres – et surtout contre Pearly qui s’acharne à vouloir l’anéantir. Désormais, Peter ne peut plus compter que sur un miracle…

Un amour d’hiver fait partie de ces petites curiosités cinématographiques qui laissent bouche bée… et pas forcément pour les bonnes raisons. Adapté du roman de Mark Helprin, Un amour d’hiver est, sur le papier, une histoire prometteuse, alliant temps moderne et monde fantastique, sur fond de romance enneigée, le tout porté par un casting trois étoiles. Akiva Goldsman est déjà bien connu en tant que scénariste avec Un homme d’exception, de Ron Howard (Oscar de la Meilleure adaptation en 2001), I, Robot d’Alex Proya ou encore Mémoires d’une Geisha de Ron Howard et Je suis une légende de Francis Lawrence, et l’idée de le voir à la tête de cette nouvelle adaptation, son premier film, me mettait déjà l’eau à la bouche. Malheureusement, le résultat se vautre royalement et l’ampleur des dégâts ne fait que s’aggraver au fur et à mesure que le film avance.
C’est simple, rien ne fonctionne. Un amour d’hiver est un étrange mélange entre maladresses et idées bancales. Le film repose principalement sur une histoire d’amour aussi soudaine que prévisible qui, malgré de grandes déclarations énamourées, manque cruellement de crédibilité et la première partie du film traîne inutilement autour de ce couple ronflant, sans jamais réussir à susciter un quelconque intérêt. Dans d’autres circonstances, la simplicité naïve de l’histoire aurait pu être acceptable si l’univers fantastique du film n’avait pas une approche aussi… ridicule.

Au-delà des morceaux de légendes à peine effleurées et des grands points d’interrogations semés ça et là, c’est surtout l’avalanche d’effets kitschissimes et fantaisistes qui viennent plomber une trame déjà pas très heureuse, risquant de laisser son public sur le carreau. Certes, Un amour d’hiver assume complètement son aspect féerique, faisant timidement écho à The Fountain de Darren Aronofsky, et n’hésite pas à illustrer le combat entre le bien et le mal, mais il faut bien avouer que certains choix décrédibilisent entièrement le film, qui finit par devenir drôle malgré lui. Le film devient captivant, non pas parce que l’histoire nous tient en haleine, mais surtout parce qu’entre un cheval aux prouesses impressionnantes et des rebondissements plus que suspects, Akiva Goldsman enchaîne les essais ratés et transforme son premier film en un véritable nanar.

Finalement, si le réalisateur ne s’était pas égaré sur la planète kitsch, Un amour d’hiver aurait peut-être pu réussir à faire rêver grâce à cette histoire d’amour qui défie les lois de la nature. Akiva Goldsman a osé prendre des risques, mais son style manque encore de finesse, pour ne pas dire d’inspiration. Quoique…

Au casting : Colin Farrell (Dead Man Down, Dans l’ombre de Mary…) s’en sort bien malgré tout, ce qui est assez surprenant car son personnage n’est pas très abouti. Face à lui, Russell Crowe (American Gangster, Man Of Steel…) grimace et s’amuse bien dans son rôle de méchant. Jessica Brown Findlay (Misfits, Downton Abbey…) est aussi belle que transparente, tandis que Jennifer Connelly (Requiem For A Dream, Le Dilemme…) réussit à l’éclipser avec un temps de présence à l’écran bien plus court. Dans les seconds rôles, nous retrouvons également William Hurt (L’incroyable Hulk, Les Âmes Vagabondes…) et surtout Will Smith (Je suis une légende, After Earth…) dans un rôle… très surprenant.

En conclusion, Un amour d’hiver ressemblait à un conte sucré et sans surprise, mais la maladresse et les mauvaises idées d’Akiva Goldsman réussissent à égayer un film assez pauvre et inégal.  À éviter.

Si malgré tout, le film vous tente, voici un aperçu :

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