[CRITIQUE] Indian Palace – Suite Royale, de John Madden

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John Madden est de retour avec la suite d’Indian Palace, sorti en 2012, et signe à nouveau une comédie ensoleillée et touchante. Alliant parfaitement le ton guindé so british et la chaleur de l’Inde, Indian Palace – Suite Royale rassemble tous ses personnages dans un état des lieux survolté, à travers une trame dense et vitaminée. Ici, nos retraités ont encore de l’énergie à revendre et profite ce nouveau chapitre pour explorer de nombreuses histoires de cœur. Cependant, en voulant mettre en avant tous ses personnages, le film de John Madden a tendance à en faire trop et des intrigues secondaires disparaissent dans l’exubérance indienne. Néanmoins, Indian Palace – Suite Royale charme sans effort, offrant une comédie agréable et enthousiaste, à la double lecture à mi-chemin entre la sagesse et l’espoir, distillée par des grand-parents idéaux.

Le pitch : Maintenant que l’hôtel Marigold affiche complet, ses directeurs, Muriel Donnelly et Sonny Kapoor songent à l’agrandir. Ils ont justement trouvé l’endroit idéal pour ouvrir un deuxième établissement. Tandis que le projet avance, Evelyn et Douglas qui travaillent désormais à Jaipur, se demandent où leurs rendez-vous réguliers autour des délices de la cuisine indienne vont les mener. Norman et Carole essaient de maîtriser les difficultés d’une relation exclusive, et Madge hésite entre deux prétendants aussi intéressants l’un que l’autre. Récemment arrivé, Guy Chambers trouve sa muse en la personne de Mme Kapoor la mère de Sonny, pour écrire son nouveau roman. Sonny doit très bientôt épouser Sunaina, l’amour de sa vie mais il est de plus en plus absorbé par le nouveau projet d’hôtel, qui exige tout son temps… Seule Muriel pourrait peut-être avoir des réponses : personne n’a de secret pour elle. Alors que le grand jour approche, l’ivresse de la préparation d’un mariage traditionnel indien s’empare de tout le monde…

En 2012, le film Indian Palace se créait une place parmi les rares feel-good movies de l’année, en suivant un groupe de retraités se retrouvant en Inde, dans un hôtel légèrement en vrac tenu par l’adorable Sonny (Dev Patel). Entre découvertes et appréhensions, le film de John Madden était un condensé maitrisé de clichés et de bonne humeur, le tout servi avec l’accent british plus ou moins caricatural, proposant un choc des cultures épicé entre une Inde généreuse et accueillante, face à la retenue distante et parfois snobs de l’Angleterre. De son succès surprise en salles, souligné par quelques nominations aux Golden Globes, nait donc une suite, pas vraiment attendue mais tout de même bienvenue, permettant à nos héros de poursuivre leurs routes.

“Everything will be all right in the end. If it’s not all right, it is not yet the end” – Indian Palace (2012)

En effet, dans Indian Palace – Suite Royale, nos retraités ont bien pris leurs marques en Inde et prouvent qu’il est toujours possible d’avoir une nouvelle vie même à un âge avancé, tandis que leur hôte, Sonny, anime l’ensemble avec ses envies de grandeur. Si en 2012, le film offrait un contexte neuf et abordait des thèmes souvent sombre (le racisme, la mort, les regrets…), cette fois l’accent est mis sur le positif, le renouveau et surtout : l’amour. Entre mariage Bollywood et amours contrariées, Indian Palace – Suite Royale offre une trame dense et énergique, permettant à chaque personnage d’être mis en avant à travers des aventures croisées et pétillantes. Malgré un ton plus léger, le film conserve tout de même une double lecture intéressante, en alliant des leçons de vie accessibles à tout âge et une vision positive de la vie pour les plus jeunes. Du coup, Indian Palace – Suite Royale n’est pas qu’un simple film de vieux qui se dérident au soleil, mais plutôt une comédie effervescente, introduite par des personnages attachants qui font office de grand-parents atypiques ou miroir grossissant, où la retraite n’est pas forcément synonyme de conclusion.

Cependant, Indian Palace – Suite Royale possède quelques défauts. En voulant offrir une seconde vie à ses personnages sans support à adapter, John Madden se retrouve rapidement à court d’idées et se réfugie, contrairement au premier film, sur un thème unique et universel : l’amour. Si chaque personnage se voit attribuer une storyline particulière, le film a tendance à s’éparpiller. En effet, les histoires secondaires ont du mal à tenir la route face à d’autres, plus imposantes, comme le mariage tourmenté de Sonny et la romance balbutiante entre Evelyn et Douglas (Judi Dench et Bill Nighy). Du coup, certaines intrigues donnent l’impression d’être là uniquement pour la forme et pour combler un ensemble qui n’avait pas forcément besoin d’un coup de pouce supplémentaire pour fonctionner. Fallait-il rassurer les acteurs sur leurs places dans le film afin d’assurer leur retour dans cette suite ? Mystère, toujours est-il que même l’arrivée de Richard Gere au Marigold Hotel a tendance à laisser de marbre.

En dehors de quelques longueurs et d’une thématique peut-être trop facile, Indian Palace – Suite Royale reste une jolie réussite, car il parvient à retrouver la recette qui a fait le succès du premier film sans être une redite. Oscillant entre la comédie british et le dynamisme des films Bollywood, le film de John Madden est un cocktail généreux et convivial, qui n’oublie jamais de garder un pied sur terre, même si la réalité peut être douloureuse. On y retrouve également un casting à la bonne humeur optimiste et contagieuse qui, malgré les apparences, réussissent à proposer des personnages entre deux âges, passant allègrement du romantisme très fleur bleue à des accès de maturité à toute épreuve. Bien que le film ne s’appuie plus sur l’adaptation du livre de Deborah Moggach, John Madden et OI Parker, scénariste, permet aux personnages de boucler la boucle en douceur.

Devant la caméra : Judi Dench (Philomena, Skyfall, J. Edgar…), Bill Nighy (Pride, Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde, Il Était Temps…) et Maggie Smith (Quartet, Harry Potter…) forment un trio sensationnel à l’écran, aussi charismatiques qu’attachants, et sont les véritables atouts du film. Plus en retrait, Celia Imrie (Duo D’escrocs, Vous Allez Rencontrer Un Bel et Sombre Inconnu…) s’amuse dans un rôle de bourreau des coeurs, tandis que Ronald Pickup s’agite aux cotés d’une Diana Hardcastle rayonnante. De retour également, Dev Patel (Chappie, Newsroom, Slumdog Millionnaire…) est toujours aussi drôle en pile électrique et Lillete Dubey prend plus d’importance.
Petit nouveau du groupe, Richard Gere  (Hatchi, Amelia…) retrouve son rôle de prince charmant des temps modernes, un brin mystérieux et toujours aussi fascinant.

En conclusion, halte à la morosité ! The Best Exotic Marigold Hotel rouvre ses portes pour un second opus hilarant et attendrissant, où l’amour résonne comme une nouvelle jeunesse. Véritable dose de soleil, Indian Palace – Suite Royale donne chaud au coeur et offre une vision optimiste de la vie à tous les âges. À voir !

J'ai toujours eu un faible pour les prostituées...

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