Skyfall – La renaissance de Bond, James Bond !

Quatre ans après le discutable Quantum of Solace, 007 est enfin de retour sur nos écrans, sous la direction de Sam Mendes (American Beauty, Jarhead…). Si la sortie de ce film s’est faite attendre, ce n’était pas forcément volontaire car, victime de la crise financière, MGM avait du stopper le tournage pendant quelques temps. Tout cela est maintenant du passé, cette année James Bond fête son 50ème anniversaire et ce 23ème opus est en passe d’être l’un des plus mémorables de toute la saga.

Le pitch : Un nouvel ennemi s’attaque au MI-6 et particulièrement à M, dont il semble connaître tous les secrets, et exposent l’identité réelle des agents secrets infiltrés dans le monde. James Bond refait alors surface d’entre les morts, secoué par l’échec de sa dernière mission mais bien décidé à démasquer l’identité de cette nouvelle menace…

Dans la lignée des James Bond de l’ère Daniel Craig, Skyfall retourne aux sources et explore le coté sombre de l’agent secret le plus sexy de la planète sa Majesté. Le résultat est explosif, innovant et étonnant. Skyfall se classe très certainement parmi les meilleurs James Bond, mais la question est : est-il meilleur que Casino Royale ?

Le premier point positif de Skyfall c’est de ne pas répéter les mêmes erreurs que Quantum of Solace en suivant les restes de l’intrigue du précédent film. Dès le départ, on entre dans le vif du sujet avec une course poursuite époustouflante de 12 minutes, qui n’est pas sans rappeler la superbe scène d’ouverture de Casino Royale. En entrant directement dans le vif du sujet, Sam Mendes montre clairement son intention de tourner la page et de donner une nouvelle dimension à ce James Bond qui a tant divisé les aficionados quand il est apparu pour la première fois sous les traits de Daniel Craig. L’incroyable générique qui suit, rythmé par la sublime chanson d’Adele, confirme cette impression et donne le ton : Skyfall sera donc celui qui sonne comme la fin d’une étape et semble plus centré sur les motivations du personnage que sur l’action mécanique (Bond —> mission —> tuer le méchant —> fin).

Dans la première partie du film, un poil lente, Skyfall prend le temps de mettre en place son intrigue, l’attaque du MI-6 et remet en question son utilité et la sécurité du pays. Une partie qui pourrait diviser le spectateur entre l’intérêt de s’étaler sur cette attaque ainsi que la remise en question du travail de M, et l’envie d’approfondir la descente aux Enfers de James Bond. Car en effet, si on sait que Bond a profité de son présumé décès (comme annoncé dans la bande-annonce), on ne le voit malheureusement que très peu pendant cette période. Du coup, les motivations qui le poussent à revenir sont, au départ, assez obscures, en dehors de la relation énigmatique qu’il entretient avec sa patronne. Mais rapidement, le retour de 007 marque le début d’une course contre la montre effrénée entre Londres et Macao en passant par Shanghai, l’inévitable rencontre avec une énigmatique James Bond girl et bien sûr la découverte d’un redoutable ennemi, Sylva, aussi dangereux que malin.

Tout en fracturant l’image lisse et épurée de la saga, Sam Mendes aime creuser ses personnages en leur donnant une profondeur que l’on attendait pas et, en tant que maître du genre, il n’hésite pas à écorcher l’image de Bond ”l’infaillible” pour le pousser à dépasser ses limites, ni même à humaniser le méchant de service qui n’est pas qu’un simple monstre avide de pouvoir, comme on en a l’habitude.

En jonglant intelligemment entre les clins d’oeil dédiés aux précédents films et les multiples pointes d’humour subtiles, Skyfall se modernise et dépoussière quelque peu les codes surannés qui entourent la saga, tout en posant de vraies questions sur les motivations de James : ne serait-il pas tant de se mettre au vert et de laisser la place à des agents plus jeunes ? (Une réflexion plutôt pertinente au vu de l’âge de la saga et plus généralement face à la vague de rajeunissement d’anciennes sagas et autres films cultes qui sévit en ce moment.) Au MI-6, les mêmes questions se posent et petit à petit, le piège de Skyfall se referme au fur et à mesure que la menace grandit. Le grand ennemi du film, Sylva, se révèle bien plus intéressant qu’il n’y parait. En s’attaquant personnellement aux personnages, en jouant avec leurs nerfs et leurs émotions habituellement dissimulées, Sylva devient certainement le vilain le plus diabolique du MI-6 en mettant à jour leurs fragilités et leurs défaillances.

Coté réalisation, outre le générique magnifique, Sam Mendes nous offre des scènes superbes et esthétiquement remarquables (la scène d’ouverture, le combat graphique à Shanghai…), ainsi que de nombreux moments tout simplement jouissifs (la rencontre entre Bond et Sylva en tête de liste !), sans parler du charme qui opère tout au long du film et d’une bande originale qui colle, évidement, parfaitement au film. Sam Mendes ne s’est pas contenté de réaliser le 23ème James Bond, il a également voulu rendre un hommage à la hauteur des 50 ans de carrière de cet espion so british. Alors, convaincus ? Pas complètement à vrai dire…

Certes, Skyfall relève sacrément le niveau après Quantum of Solace mais le film souffre d’une mise en bouche trop lente, de personnages féminins encore plus effacés que d’habitude, de l’action trop éparpillée et surtout d’un final légèrement en demi-teinte. En ajoutant à tout cela la nouvelle direction que prend la saga, on pourrait presque avoir l’impression d’avoir affaire à un film d’action lambda et non un James Bond. Peut-être le fait de ne pas assez mis en avant (et en solo) notre héros ? Possible. Autant de petits bémols qui me font penser que finalement Skyfall est un cran en-dessous de Casino Royale. Malgré tout cela, Skyfall répond à nos attentes : un scénario qui tient la route, du spectacle, un peu de rêve, un James Bond parfait et des acteurs géniaux.

Avec ce dernier opus, Daniel Craig fera définitivement taire tout ceux qui disaient qu’il n’avait pas l’étoffe d’un James Bond. Toujours aussi classe et sexy, il incarne ce James Bond brut et froid que nous apprécions depuis Casino Royale. Mais la direction de Sam Mendes nous fera découvrir un autre aspect de sa personnalité et Daniel Craig remplit cette mission sans perdre de sa superbe. En face, Javier Bardem incarne Sylva, l’intelligent et maléfique ennemi du film. Méconnaissable, talentueux, frissonnant, Javier Bardem nous livre une prestation hors-pair. Autour d’eux, évidemment, la majestueuse  Judi Dench, dont le coeur de pierre se fissure au fur et à mesure du film. Elle donnera la réplique à Ralph Fiennes, légèrement en retrait mais qui, espérons-le, nous en montrera plus par la suite.

Naomie Harris incarnera autre agent (et pas des moindres, finalement) qui accompagnera James Bond sur le terrain. Bien qu’elle soit jolie, elle ne servira que d’un faire-valoir en dévorant James Bond des yeux, à chaque fois qu’elle le croisera (comme pour nous rappeler à quel point l’agent secret fait chavirer les coeurs, ce qui est inutile, évidement). La chose étonnante, c’est qu’elle sera bien plus présente à l’écran que la fameuse James Bond Girl, interprétée par la frenchy Bérénice Marlow. Belle, épineuse et glamour, la bombe incendiera l’écran de façon malheureusement très brève et se révélera elle aussi, plutôt obsolète. Il faut dire que passer après Eva Green (et Olga Kurylenko) ne devait pas être facile.

Un autre personnage fait son entrée dans la Bondosphère, Ben Wishaw, connu en France pour son rôle dans Le Parfum – Histoire d’un meurtrier (2006) et que l’on reverra très prochainement dans Cloud Atlas. Il est le nouveau et jeune Q, porte-parole des interrogations de Sam Mendes et geekement parfait.

En conclusion, James Bond fête dignement ses 50 ans et Skyfall vous en mettra plein la vue. A ne manquer sous aucun prétexte, même si le ciel vous tombe sur la tête…

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