[CRITIQUE] Ant-Man et La Guêpe, de Peyton Reed (sans spoiler)

Trois ans après un premier épisode au succès controversé, Ant-Man est de retour avec une nouvelle acolyte piquante dans Ant-Man et la Guêpe. Toujours aux manettes, Peyton Reed livre un film dans l’ensemble sympathique, agréable et drôle mais en dessous des récentes prises de positions artistiques un peu plus ambitieuses des dernières productions de Marvel.

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Le pitch : Après les événements survenus dans Captain America – Civil War, Scott Lang a bien du mal à concilier sa vie de super-héros et ses responsabilités de père. Mais ses réflexions sur les conséquences de ses choix tournent court lorsque Hope van Dyne et le Dr Hank Pym lui confient une nouvelle mission urgente… Scott va devoir renfiler son costume et apprendre à se battre aux côtés de La Guêpe afin de faire la lumière sur des secrets enfouis de longue date…

Pour cette critique, c’est Ague… euh, Dorky (nouveau pseudo je l’espère non-définitif de mon rédacteur favori) qui partage son avis 😉

Alors qu’Avengers – Infinity War, et sa finalité semi-apocalyptique, est tout fraîchement ancré dans nos mémoires, Marvel Studios ne se résigne pas à freiner le train de leur productions et nous propose dans la foulée une suite aux aventures d’Ant-Man, un des héros les plus improbables de leur écurie. Le risque que représentait le premier film, par son concept et le manque de notoriété de son héros principal, n’en est plus un grâce à son succès relatif au box office (toutes proportions gardées). Ajoutez à cela sa participation remarquée dans Captain America – Civil War, ainsi que les succès de films aux concepts bien plus perchés et haut en couleurs (Les Gardiens de la Galaxie, Thor – Ragnarok), le public est acquis à la cause du studio et plus aucune prise de risque ne semble faire peur.
Aux côtés de Scott Lang (toujours incarné par le charismatique Paul Rudd), on découvre une partenaire de taille (haha) en la personne de Hope Van Dyne aka La Guêpe (la ravissante Evangeline Lilly). Déjà présente dans le premier volet, mais reléguée au second plan au profit de l’ex-taulard que campait Rudd, elle s’octroie ici le luxe d’avoir son nom sur l’affiche au même titre que son pendant masculin. Pas de grande révolution en soi, surtout après le succès planétaire de Wonder Woman l’année précédente (qui portait à elle seule le film sur ses épaules d’Amazone).

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Mais la question que l’on est en droit de se poser est de savoir quel est concrètement le niveau d’importance de ce film par rapport à Avengers – Infinity War qui le précède de trois mois seulement, et dont l’aboutissement avait mis tout l’univers Marvel en PLS (si vous me pardonnez l’expression) ?
La réponse est vite trouvée car Ant-Man et la Guêpe se déroule bien avant les événements d’Avengers – Infinity War, et plus précisément juste après Captain America – Civil War, où Scott Lang avait revêtu son costume d’homme-fourmi pour rejoindre les rangs de Captain pour les besoins d’une séquence d’anthologie. Comme toutes actions a son lot de conséquences, Scott est désormais assigné à résidence par le FBI depuis maintenant 2 ans et il ne lui reste que 3 jours à purger pour être de nouveau un homme (presque) libre. Mais comme les choses sont bien faites, il se retrouve embarqué contre son gré dans de nouvelles aventures aux côtés de Hope et son père Hank Pym (Michael Douglas), contraints malgré eux de dépendre de Scott pour une mission cruciale à leurs yeux.

Les enjeux du film sont ici modestes, bien plus encore que ceux du premier volet. C’est dorénavant un schéma qui caractérise les films de la série Ant-Man, qui ont maintenant pour habitude de sortir quelques mois après un mastodonte tel qu’Avengers (le premier étant sorti juste après L’Ère d’Ultron). Et cette “modestie” est de prime abord un élément à la fois habile et plus que bienvenue entre deux potentielles fin du monde (soit Avengers 4). Cela transparaît tout d’abord grâce au soin porté à l’antagoniste principale du film, Ghost (interprétée par Hannah John-Kamen) et à ses motivations compréhensibles. Une bonne initiative de nuance au premier abord intéressante mais qui finit malheureusement très vite par réduire Ghost au rang de personnage unidimensionnel. Et pour pallier à ce mono-problème, le film décide d’accumuler des antagonistes secondaires pour parsemer d’embûches le chemin que doivent emprunter nos héros. La plupart du temps, leurs présences ne découlent que d’impératifs scénaristiques assez grossiers et forcés dans le seul but de faire avancer l’intrigue. Il en va de même pour d’autres personnages secondaires, comme les acolytes de Scott Lang, une nouvelle fois impliqués dans l’aventure de manière un tantinet improbable. [Note de Dunno : La saga Ant-man rappelle finalement les mésaventures des deux premiers opus Thor qui, de la même façon, ont eu du mal à se placer et à convaincre en proposant un ton trop léger et des méchants accessoires. Malgré une excellente backstory, le film de Peyton Reed passe à coté de la menace que peut représenter Ghost et, entre deux parties de cache-cache d’un immeuble, ajoute un autre vilain, dans la peau de Walter Goggins, qui a tout du malfrat patibulaire et guignolesque digne d’un Tex Avery. L’absence de tension laisse la part belle à la comédie, si Ant-Man et la Guêpe offre de jolis moments de sourire, le caractère trop impersonnel du film rend l’ensemble finalement anecdotique.]

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Le rythme général du film en pâtit, l’importance de l’urgence de la mission se perd tant les imprévus et les va-et-vients s’enchaînent à n’en plus finir. Il en ressort une aventure assez superficielle et banale sans vrai résonance thématique ou narrative. Un film de plus qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick, autant à petite qu’à grande échelle.
D’autant plus que les dernières productions Marvel Studios jouissaient d’une prise de position artistique bien plus assumée et c’est ce qui manque grandement à ce deuxième volet des aventures de l’Homme-Fourmi. On regrette cette direction artistique dans sa globalité un peu terne et fade en comparaison (hormis les passages un tantinet tripant du Royaume Quantique, mais qui maintenant passe un peu comme du sous-Docteur Strange).
Malgré cela, il faut tout de même avouer que Peyton Reed s’amuse comme un fou avec le concept propre aux personnages de cette saga, à savoir la capacité de changer de taille à leur guise. Il en résulte des séquences d’action amusantes à défaut d’être réellement excitantes, tant elles sont conçues sans réelle poids ou vrai tension dramatique. Mais l’effort est louable et appréciable même si encore une fois, les trailers vous on déjà montré l’étendue des meilleurs moments de bravoure du film. [Note de Dunno : Avec du recul, si le film reste une comédie agréable, je regrette que Peyton Reed n’est pas osé prendre de risque. Cela était largement excusable pour le premier opus, fragilisé par le départ fracassant d’Edgar Wright (Baby Driver…) à l’époque, mais trois ans plus tard – et surtout après des films aux formats XXL – Antman et La Guêpe fait l’effet d’un sacré retour en arrière, comme s’il s’immisçait dans la Phase 1 et non à l’orée de la dernière ligne droite avant le prochain Avengers. Clairement, l’homme-fourmi a encore du chemin à parcourir !]

Côté casting, il n’y a rien à relever hormis les rôles de Laurence Fishburne (Black-ish, John Wick 2, Passengers…) et Michelle Pfeiffer (Le Crime de l’Orient-Express, Mother!…) bien trop maigres pour leurs interprètes de talent. Si Paul Rudd (Mute, The Fundamentals of Caring, Légendes Vivantes…) est toujours aussi charismatique, on regrettera le côté un peu trop rigide d’Evangeline Lilly (Le Hobbit, Démineurs…) qui malheureusement n’est pas aidé par l’écriture de son personnage. Dotée d’une assurance et confiance en soi sur-dimensionnée, ainsi que d’une aversion quasi-chronique pour la rigolade, le personnage de Hope ressort comme étant un peu monotone et pas vraiment attachant [Note de Dunno : je ne suis pas vraiment d’accord, le personnage de Hope permet de freiner les ardeurs humoristiques de Scott Lang et de garder les pieds sur terre :D]. C’est un peu dommage pour l’arrivée de cet héroïne que l’on espérait un peu plus marquante, surtout à l’époque post-Weinstein et la réponse hollywoodienne de multiplier les personnages féminins en première ligne. De ce fait, le duo Ant-Man et la Guêpe en pâtit et la romance entre Hope et Scott Lang est loin d’être convaincante. Notons quand même que Michael Pena (Un Raccourci Dans Le Temps…) est ici encore hilarant dans le rôle de Luis, le side-kick à la langue bien pendue, au même titre que Randall Park (The Disaster Artist…) en agent du FBI incompétent et foncièrement cartoonesque.
Le film réunit également Michael Douglas (Conspiracy…) en mentor, Hannah John-Kamen (Ready Player One…) en super-vilaine, tandis que Walton Goggins (Tomb Raider…), Bobby Cannavale (Jumanji : Bienvenue dans la Jungle…) ou encore le rappeur T.I. complètent cet ensemble.

En conclusion, Ant-Man et la Guêpe est un film sans grande ambition et sans grand intérêt au final. Pas déplaisant pour un sou, mais pas passionnant non plus. Une modestie qui pêche parfois et nous laisse avec un sentiment un peu vide. Certes, il y a ici un lien avec le prochain Avengers, mais il est balancé en scène post-générique pour vous titiller avant de partir. Un film correct, propre mais sans plus. À voir, évidemment !

PS : Il y a 2 scènes post-génériques (même si la deuxième est clairement anecdotique). Pour plus de spoilers, c’est par ici !

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