[CRITIQUE] After – Chapitre 1, de Jenny Gage

Le pitch : Depuis son plus jeune âge, Tessa était promise à un avenir tout tracé : une vie rangée, une brillante carrière, un mariage tranquille avec son fiancé de toujours. Jusqu’à sa rencontre avec Hardin à son arrivée à l’université. Grossier, provocateur, cruel, c’est le garçon le plus détestable qu’elle ait jamais croisé. Et pourtant, ce bad boy tatoué pourrait bien lui faire perdre tout contrôle…

L’histoire de la jeune fille en fleur toute sage qui succombe au charme irrésistible du bad boy local est vieille comme le monde. Et malgré sa familiarité romantique, elle ne fait que souligner que certaines d’entre nous sont bel et bien attirées par des mauvaises graines, pour un peu qu’on ait décelé une fêlure sensible chez ce garçon en colère. Espérant intimement qu’on pourra les sauver, dans la plupart des cas, soit on finit par s’en mordre les doigts, soit on étoffe la théorie du pot de confiture. Bref.
On connait l’histoire, sa réalité et la fiction. Et pourtant, cela reste un fil conducteur qui vit encore de beaux jours, tant qu’il y aura des adolescent(e)s, comme le prouve l’adaptation de cette saga écrite par Anna Todd, After : La Rencontre. Une fanfiction écrite sur un smartphone qui se transforme en success story de 5 romans et des dérivés basés sur les points de vue d’autres personnages de l’histoire ; il n’en faut pas plus pour attirer l’attention d’Hollywood. Prenez Twilight sans les vampires et 50 Nuances de Grey sans le BDSM constipé et vous aurez un résultat approchant After – Chapitre 1, une mièvrerie guimauvaise réalisée par Jenny Gage qui signe, par la même occasion, son premier film.

Évidemment, je ne m’attendais pas à être surprise. Cependant, le problème majeur du film, c’est son manque de subtilité. N’ayant pas lu les livres, je ne peux qu’imaginer que la relation entre les deux tourtereaux ait eu plus de temps pour se mettre en place avant d’éclore. La version cinéma réalisée choisit le forcing sans passer, a minima, par la case flirt. Pour satisfaire un public conquis d’avance, After – Chapitre 1 expédie son installation et précipite ses personnages eye-candy dans les bras de l’un de l’autre sans véritable préambule, espérant que leurs atouts plastiques supplanteront l’absence de charisme ou même d’attraction.

Pour qui n’a pas lu les livres et a passé l’âge de croire au prince charmant (même un peu rebelle), After – Chapitre 1 est une succession de clichés interchangeables tout droit sorti d’un cahier des charges appliqué à la lettre et surtout avec toutes les lieux communs possibles pour que le film reste tout public. Entre des meet-cutes insérés aux forceps et des échanges aux reliefs d’une planche à repasser, tout y passe et il n’y a plus qu’à s’amuser à retrouver à quel film ou série Anna Todd et/ou Jenny Gage a piqué ses idées : le bad boy amateur de littérature anglaise (Angel dans Buffy), la découverte d’un endroit romantique en pleine foret pour un premier rapprochement (Twilight), la roomate dévergondée à qui on doit la rencontre avec ledit badboy (50 Nuances de Grey), la relation trouble avec le papa absent/démissionnaire (The Spectacular Now…), le trio amoureux entre la fille, l’ami abonné à la friendzone et le bad guy (tout chick-flick qui se respecte…) et, pour couronner le tout, un rebondissement qui racle le fond des tiroirs dans lesquels devaient être rangés des copies poussiéreuses du film Elle Est Trop Bien ! Bref, on est loin de réinventer la roue et encore moins de la faire tourner avec ce film fainéant et passif, qui se repose sur sa version papier et un casting ultra lisse pour engranger du dollar sur le dos d’un succès littéraire pour adolescent(e)s.

Sans saveur et passe-partout, After – Chapitre 1 reste néanmoins cohérent avec sa promesse initiale, à savoir l’histoire d’un premier amour qui va changer la vie de son héroïne. Mais loin de causer stupeurs et tremblements, Jenny Gage rate le coche en ne parvenant pas à susciter d’intérêt pour ses personnages ou leurs histoires, ni à créer l’alchimie palpable ou un chouilla tiède que la saga semblait promettre pour attirer les amateurs d’érotisme du dimanche (notez l’affiche). Un fantasme de jeune fille à rallonge, voilà à quoi ce résume ce premier chapitre d’After, à peine sucré et pétris par des clichés datés et réducteurs (eye-liner + cheveux colorés = les rebelles du coin qui, han lala, jouent à « Action ou vérité » en buvant de la bière). D’ailleurs, le film est tellement cliché et déjà vieux qu’il s’embourbe dans une bande-originale qui a pour point d’orgue une reprise de « Complicated » d’Avril Lavigne !
L’avantage c’est que la jeunesse du public visé ne pourra probablement pas faire le lien avec toutes les références que l’auteure a pompé un peu partout. Pour ma part, la principale différence entre ça, Twilight et 50 Nuances de Grey, c’est que je pouvais au moins me rincer l’œil sur Jamie Dornan…

Au casting justement : Josephine Langford – la sœur de Katherine – (I Wish – Faites Un Vœu…) et Hero Fiennes-Tiffin – neveu de Ralph – (Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, Safe…) tentent faiblement d’animer cette bleuette passive, entre regards de truite éteinte et froncement de sourcils divers. Autour d’eux, Inanna Sarkis, Pia Mia et Samuel Larsen (Glee…) dominent une galerie de seconds rôles qui rappelle ce fameux groupe de rebelles qui fument et gravitent toujours au fond de la cours du lycée en écoutant  Marylin Manson ou du métal symphonique (*), tandis que Shane Paul Mcghie (Shameless US…) et Dylan Arnold (Halloween…) glissent sur la surface sans laisser de trace.
Pour vamper l’affiche, Selma Blair (Perdus Dans l’Espace, American Crime Story…) et Jennifer Beals (Night Shift, Befor I Fall…) en profitent pour payer leurs impôts.

En conclusion, After – Chapitre 1 est la réalisation d’un rêve mouillé qu’une trentenaire à conserver en secret depuis sa tendre adolescence, sans jamais le voir se réaliser. Ce film est la conséquence directe des succès au box-office de sagas comme Twilight et 50 Nuances de Grey qui, comparés au film de Jenny Gage, semblent finalement beaucoup moins creux. Edward me manquerait presque ! À éviter, si vous avez plus de douze ans.

* Withing Temptations, Nightwish (époque Tarja), Epica… Toi-même tu sais \m/

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