[CRITIQUE] Alex, Le Destin d’un Roi, de Joe Cornish

Le pitch : Alex est un écolier ordinaire de 12 ans dont la vie va être bouleversée par la découverte de l’épée mythique Excalibur. Il doit à présent former une équipe de chevaliers composée de ses amis, de ses ennemis et du légendaire Merlin l’Enchanteur, afin de contrer la maléfique Morgane, venue du Moyen-Age pour détruire le monde. Alex devra alors se transformer en un héros qu’il n’a jamais rêvé de devenir.

Il y a des légendes qui traversent les âges et qui, régulièrement, reviennent hanter les salles obscures. Celle du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde est un des meilleurs exemples, comme le montre cette nouvelle adaptation signée Joe Cornish, le poulain d’Edgar Wright et de Steven Spielberg (Attack The Block). Alors que l’épopée musclée à la sauce heroic-fantasy de Guy Ritchie est encore en mémoire, le film Alex, Le Destin d’un Roi rend à l’histoire sa fonction première : proposer une aventure fantastique et inspirante, tout en restant un divertissement investi et intelligent.

Et oui, malgré le peu de marketing autour du film et une affiche pour le moins horrible, ce qui semble être une simple adaptation du Roi Arthur pour enfant se révèle bien plus réussi et généreux qu’il en a l’air. Joe Cornish parvient à proposer une revisite originale située dans l’Angleterre de nos jours, ce qui – vu le contexte politique du pays – est plutôt bien vu alors que le message alarmiste sur le retour de la méchante fée Morgane semble de plus en plus réaliste. En effet, entre le Brexit et l’état du monde en général, Alex, Le Destin d’Un Roi s’inspire intelligemment de notre réalité pour livrer une aventure chevaleresque et conquérante mettant en scène des gamins qui ne manque pas de bravoure. Le choix de narrer la Légende du Roi Arthur a hauteur d’enfant est loin d’être anodine : après tous les remakes testostéronés pour un public plus mature, le film préfère éclairer ceux qui pourront vraiment créer un changement « demain », n’est-ce pas ?

Mais au-delà de la symbolique du film, Alex, Le Destin d’Un Roi a tout d’une origin story qui aurait le potentiel d’être le nouveau Harry Potter – dans une mesure moindre, évidemment. Porté par un ensemble attachant, pour ne pas dire parfois choupinou avec ce Bedders qui fait beaucoup penser à un certain Ron Weasley à ses débuts, Joe Cornish nous entraîne dans un récit plein d’humour, jouant habilement avec ses situations incongrues et la prise de conscience du danger bien réel. Alex, Le Destin d’Un Roi a juste ce qu’il faut de maturité pour amuser un public large, grâce à une histoire inspirée et inspirante qui fait de ses faiblesses des atouts.
Des faiblesses pas dans le récit, mais plutôt  dans l’exécution et l’interprétations : parfois, les effets spéciaux piquent un peu les yeux, tandis que les jeunes acteurs cabotinent maladroitement… Mais je passe facilement l’éponge, car – n’ayons pas peur des mots – Alex, Le Destin d’un Roi a énormément de cœur, une candeur rafraîchissante et incroyablement attachante qui donne envie de prendre les armes aux cotés de ces chevaliers miniatures au courage XXL. L’ambition fédératrice est palpable : Joe Cornish a fait ses débuts auprès de Steven Spielberg (Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne) et cela se ressent dans sa volonté de proposer un film adolescent mais pas enfantin, tout en restant divertissant et aussi ludique. Ainsi, Alex, Le Destin d’Un Roi puise toutes ses bonnes idées dans l’environnement des personnages, ce qui lui permet de ne pas trop se reposer sur les effets spéciaux – notamment au moment d’un climax excellent qui prend place sur un terrain de jeu bien pensé. Bref, c’est une très bonne surprise !

Au casting, Louis Serkis (Taboo, Mowgli : La Légende de la Jungle…), fils d’Andy Serkis, mène cette petite bande sympathique, entouré par Dean Chaumoo qui en fait parfois trop mais reste super chou quand même, et le binome Tom Taylor (La Tour Sombre…) et Rhianna Dorris. Angus Imrie, plus habitué des planches britanniques, challenge Thanos quand il s’agit de claquer des doigts et incarne un Merlin attachant. Le film s’offre aussi des têtes d’affiches alléchantes : Patrick Stewart (Logan, Green Room…) ajoute Merlin à la liste de personnages iconiques qu’il a incarnée, tandis que Rebecca Ferguson (The Greatest Showman, Mission Impossible: Fallout…) joue les méchantes fées.
On remarquera Nathan Stewart-Jarret (Misfits…) dans le coin, presque incognito.

En conclusion, Joe Cornish surprend là où on ne s’y attend pas en livrant un film d’aventures pour adolescents sans pour autant prendre de haut le public visé. À la fois mature, fun et conquérant, Alex, Le Destin d’Un Roi propose un conte moderne aux accents fantasy, inspiré par un contexte social bien réel et tourné vers l’avenir. J’ai très envie d’en voir une suite ! À voir.

2 réflexions sur “[CRITIQUE] Alex, Le Destin d’un Roi, de Joe Cornish

  1. Perso, je suis totalement passée à côté. Je m’endormais au cinéma.
    Mon mari a apprécié, et nous y étions avec ma filleule de 9 ans qui a passé un bon moment aussi.
    Mais avec moi, ça ne l’a pas fait du tout.

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