[CRITIQUE] Je Promets d’Être Sage, de Ronan Le Page

Le pitch : Après des années de galère dans le théâtre, à bout de nerfs, Franck plaque tout ! Il aspire à une vie qui se tienne enfin et accepte un poste de gardien de musée loin de Paris, au calme. C’était sans compter sur Sibylle, une agent de surveillance caractérielle qui va lui mener la vie dure et tout faire pour le décourager. Ils vont pourtant être amenés à s’allier pour monter une petite escroquerie. Une chance peut-être de reprendre leurs vies en main…

Pour son premier film, Ronan Le Page met en scène une petite comédie sympatoche dans laquelle deux personnages en pleine crise identitaire s’apprivoisent avec éclats. Après une carrière au théâtre qui a volé en éclats, le personnage principal décide de remettre sa vie sur les rails en choisissant un boulot stable en tant que gardien de musée. Mais tout n’est pas si simple, en plus du caractère plutôt pesant d’être assis sur une chaise au quotidien, notre héros sera confrontée à une collègue caractérielle qui semble lui en vouloir.

Très vite, Je Promets d’Être Sage installe un décor léger, peu creusé mais facile d’accès. Entre un nouveau travail habité par des personnages ordinaires mais ayant chacun un petit grain de folie et un héros central plutôt nerveux, le film embarque facilement dans son récit rocambolesque entre dissimulations et attractions. En effet, au détour de quelques coups fourrés, Ronan Le Page ne tarde pas à faire muer sa comédie à travers une petite romance à la fois attendue mais plaisante, tandis que nos personnages s’apprivoisent.

Cependant, la facilité a ses pièges. Malgré une histoire peu complexe, Je Promets d’Être Sage arrive tout de même à se prendre les pieds dans le tapis, notamment en survolant l’autre personnage principale à la personnalité excessive. Bien que le film dévoile à demi-mots les raisons de son comportement, cela n’est pas suffisant pour totalement adhérer à l’ensemble et donc être charmé par cette romance d’été. De même, Je Promets d’Être Sage ne cesse de laisser entendre que le personnel du musée traîne pas mal de bagages émotionnels sans jamais s’aventurer sur le terrain, tandis que l’entourage du héros ne sert que d’accessoires de fond anecdotiques et insuffisants. Certes, les situations incongrues et autres quiproquos font sourire, mais l’absence réelle d’obstacles et le manque d’approfondissements des personnages (secondaires ou non) rend le récit plat et prévisible, qui se laisse regarder avec un soupçon d’indifférence. Si bien qu’une fois fini, non seulement Je Promets d’Être Sage ne donne pas d’explication à son titre mais en plus s’oublie rapidement à peine le générique de fin démarré.

Et c’est d’autant plus dommage avec un tel casting : Pio Marmaï (Mais Vous Êtes Fous, Ce Qui Nous Lie, Vendeur...), habitué du genre, s’agite beaucoup et ne charme uniquement parce qu’il est portée par une filmographie largement composée de rôles douillets du même acabit. Face à lui, Léa Drucker (Jusqu’à La Garde, Arrêtez-Moi Là, Place Publique…) est si excellente qu’on en voudrait presque au film de ne pas s’être centrée sur ce personnage bien plus intéressant qu’on découvre à peine. Autour d’eux, Mélodie Richard (Au Plus Près du Soleil...), Gilles Privat (Le Temps de l’Aventure…) et Florence Janas (Les Fantômes d’Ismaël…) se démarquent à peine d’un ensemble oublié.

En conclusion, mignonnet mais brouillon, Je Promets d’Être Sage amuse sans laisser de trace. Pour son premier film, Ronan Le Page propose une comédie sur le papier originale, mais qui aurait mérité plus de soin à l’écriture pour marquer les esprits. À tenter.

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