[CRITIQUE] Mes films du confinement : Cuban Network, Little Joe, La Vérité & Les Traducteurs

Pendant le confinement, j’ai évidemment regardé des films en craquant pour de la VOD pour faire un peu de rattrapage ciné ou, grâce à mon blog, en recevant des DVD à la maison avant les sorties officielles. Voici un avis rapide sur quelques films qui ont croisés ma route.

Cuban Network, d’Olivier Assayas

Le pitch : Deux pilotes d’avions réfugiés cubains au sein des réseaux anti-castristes dans les années 90, concilient plus ou moins facilement militantisme et vie de famille.
Réalisé par Olivier Assayas
Sortie en salles le 29 janvier 2020
Avec Penélope Cruz, Edgar Ramirez, Gael García Bernal

Mon avis express : Un an après le très frenchy Doubles Vies, le réalisateur Olivier Assayas (Personal Shopper, Sils Maria…) traverse à nouveau l’Atlantique pour s’intéresser au-dessous de la résistance cubaine.
Si on connaît majoritairement les grandes lignes de l’histoire de Pablo Escobar et l’impact qu’il a pu avoir sur la Colombie, il est plus compliqué pour ceux qui -comme moi- ne s’intéressent pas à la géopolitique d’en savoir plus sur les autres personnages phares qui ont marqué l’histoire et la culture latine. Cuban Network tente de revenir sur la tentative d’une poignée d’hommes pour libérer Cuba en fuyant aux États-Unis pour agir à distance, quitte à être considérés comme des traîtres. Complexe malgré une histoire intéressante, Olivier Assayas livre un thriller d’espionnage autour de la collaboration sourde entre les États-Unis et Cuba. Entre espionnage, contre-espionnage et corruption, le film s’étire et traîne en longueur, proposant tellement de rebondissements que finalement j’ai fini par être complètement perdue entre qui est qui, qui agit pour quelle cause en fait et puis pourquoi ils se mettent à parler en russe ? Bon, j’exagère, j’ai compris pourquoi ils parlaient parfois en russe !
Au casting, on retrouve Édgar Ramírez (American Crime Story – Versace, La Fille du Train…), Gael Garcia Bernal (Si Tu Voyais Son Cœur, Coco…) et Wagner Moura (Rio, I Love You…) en tête d’affiche, secondés par Penélope Cruz (Douleur et Gloire, Escobar…) et Ana de Armas (À Couteaux Tirés, Blade Runner 2049…).En conclusion, malgré un ensemble solide, je me suis rapidement ennuyée et à la fin je ne suis pas sûre de vraiment avoir compris quels étaient les tenants et aboutissants de Cuban Network. Heureusement il y a Wikipédia pour combler les creux. À tester.

***

Little Joe, de Jessica Hausner

Le pitch : Alice, mère célibataire, est une phytogénéticienne chevronnée qui travaille pour une société spécialisée dans le développement de nouvelles espèces de plantes. Elle a conçu une fleur très particulière, rouge vermillon, remarquable tant pour sa beauté que pour son intérêt thérapeutique. En effet, si on la conserve à la bonne température, si on la nourrit correctement et si on lui parle régulièrement, la plante rend son propriétaire heureux. Alice va enfreindre le règlement intérieur de sa société en offrant une de ces fleurs à son fils adolescent, Joe. Ensemble, ils vont la baptiser  » Little Joe « . Mais, à mesure que la plante grandit, Alice est saisie de doutes quant à sa création : peut-être que cette plante n’est finalement pas aussi inoffensive que ne le suggère son petit nom.
Réalisé par Jessica Hausner
En salles le 13 novembre 2019
Avec Emily Beecham, Ben Whishaw, Kerry Fox

Mon avis express : Réalisatrice appliquée qui évolue entre le Festival de Cannes et la Mostra de Venise, Jessica Hausner (Lourdes, Amour Fou) revient après 5 ans d’absence avec Little Joe.
Chirurgical et anxiogène, le film évolue dans le monde fermé et feutré de scientifique passionnée, fonctionnant inconsciemment comme un microcosme épuré. De l’amoureux friendzoné à la marginale de la bande, les personnages évolue dans une norme excentrique qui les rend curieux d’emblée. Little Joe frôle l’exercice de style qui surpasse le propos finalement assez commun, en misant sur sa précision esthétique, entre jeux de couleurs évidents ou audacieux et une luminosité artificielle qui accentue les intentions du film. Si l’objet est discret et fantasque, le film de Jessica Hausner manque un chouille d’originalité en proposant un récit sans surprise à travers une sous-version de The Faculty floral.
Au casting, on retrouve quelques visage connus avec Emily Beecham (Ave, César !, Daphne…) et Ben Whishaw (Le Retour de Mary Poppins, Danish Girl…) en tête d’affiche, accompagnés par Kit Connor qui a grandi depuis Rocketman.
En conclusion, entre thriller psychologique et fantastique, Little Joe propose trop peu de risque dans un fond prévisible. À tenter.

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La Vérité, de Hirokazu Kore-eda

Le pitch : Fabienne, icône du cinéma, est la mère de Lumir, scénariste à New York. La publication des Mémoires de cette grande actrice incite Lumir et sa famille à revenir dans la maison de son enfance. Mais les retrouvailles vont vite tourner à la confrontation : vérités cachées, rancunes inavouées, amours impossibles se révèlent sous le regard médusé des hommes. Fabienne est en plein tournage d’un film de science-fiction où elle incarne la fille âgée d’une mère éternellement jeune. Réalité et fiction se confondent obligeant mère et fille à se retrouver…

Réalisé par Hirokazu Kore-eda
En salles le 25 décembre 2019
Avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke

Mon avis express : Pour la première fois, le réalisateur Hirokazu Kore-eda (Une Affaire de Famille, The Third Murder, Notre petite Sœur…) s’éloigne de ses racines nippones pour oser le drama frenchy, avec deux coqueluches françaises en tête d’affiche – à savoir Catherine Deneuve et Juliette Binoche. Entre retrouvailles familiales, relations mère-fille et égos d’artiste, La Vérité brasse des affrontements verbeux qui peuvent s’avérer aussi éclatants que creux. Malgré ses nombreux faces-à-faces houleux et une dissection assidue de la relation trouble entre une mère et sa fille, le dernier né d’Hirokazu Kore-eda n’est pas vraiment le meilleur de sa filmographie tant l’ensemble reste en surface et relativement fade, alors qu’il semblait y avoir beaucoup à dire sur ces personnages qui voient leurs jeunesses leur échapper et de vieilles rancunes et autres non-dits s’enraciner avec amertume. La Vérité est un drame douceureux qui cherche l’émotion à chaque détour, faisant tantôt sourire tantôt grimacer, sans parvenir à se décider sur la direction finale à prendre.
S’il n’est pas déplaisant, le film doit beaucoup au duo d’actrices impeccable qui anime le film de bout en bout, offrant des performances incroyables et tout à fait honorables pour des actrices de ce calibre. En effet, Catherine Deneuve (Fête de Famille, L’Adieu à la Nuit, Mauvaises Herbes…) règne sur le film, notamment avec un personnage qui semble lui aller comme un gant alors qu’elle incarne une actrice iconique rattraper par son âge. Face à elle, Juliette Binoche (Celle Que Vous Croyez, Doubles Vies, Telle Mère, Telle Fille…) est tout aussi étincelante alors qu’elle incarne le versant ingrat de la même pièce. Autour d’elles, Ethan Hawke (Stockholm, Les Sept Mercenaires…) et Ludivine Sagnier (Un Monde Plus Grand, Lola et ses Frères…) s’offrent quelques moments de lumières.
En conclusion, après le bouleversant Une Affaire de Famille, Hirokazu Kore-eda tente d’importer son talent pour l’implicite dans un drame français mais rate un chouilla le coche. Heureusement, grâce à un duo d’actrices talentueuse, La Vérité se raconte docilement et sans effort, mais s’oublie bien trop vite. À tenter.

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Les Traducteurs, de Régis Roinsard

Le pitch : Isolés dans une luxueuse demeure sans aucun contact possible avec l’extérieur, neuf traducteurs sont rassemblés pour traduire le dernier tome d’un des plus grands succès de la littérature mondiale. Mais lorsque les dix premières pages du roman sont publiées sur internet et qu’un pirate menace de dévoiler la suite si on ne lui verse pas une rançon colossale, une question devient obsédante : d’où vient la fuite ?

Réalisé par Régis Roinsard
En salles le 29 janvier 2020
Avec Lambert Wilson, Olga Kurylenko, Riccardo Scamarcio

Mon avis express : Taillé dans le format d’un whodunnit à la Agatha Christie, le deuxième film de Régis Roinsard (Populaire…) se rêve en un simili polar choral qui aurait remplacé le mystérieur cadavre par un manuscrit diffusé sur internet. Alors que des traducteurs de différentes nationalités sont réunis dans un manoir aussi grandiose que lugubre pour traduire ce qui ressemblerait fortement au dernier tome de l’équivalent d’un Game of Thrones, un chapitre fuite et transforme les personnages en suspect privilégié. Le film tricote alors une intrigue certes replète mais qui s’avère rapidement gonflée à l’hélium alors que le scénario repose sur des twists trop improbables pour tenter de complexifier un résultat qui ne méritait pas tant d’effort. Les Traducteurs court plusieurs lièvres à la fois, entre la fanatique qui s’imagine comme l’alter-ego d’une héroïne fictive, le novice qui fait tout pour donner du relief à une histoire ronflante ou encore le maître des lieux qui en fait beaucoup trop pour être crédible… Bref, l’ensemble se prend vite les pieds dans le tapis et plus les twists se révèles, plus le film perd en crédibilité si bien qu’à la fin, au lieu d’être soufflée j’ai fini par me demander pourquoi le « coupable » s’est-il donné tant de mal…
Au casting : Lambert Wilson (L’Echange des Princesses, Corporate, Volontaire…) se veut intense mais se révèle tout juste crispant par abus de cabotinage, Olga Kurylenko (La Mort de Staline, Dans La Brume…) a rarement été aussi inintéressante, tandis qu’Alex Lawther (The French Dispatch, The End of the F***ing World...) finit rapidement par agacer. Au passage, on reconnaîtra également Frédéric Chau (Made In China…), Riccardo Scamarcio (John Wick 2…), Sidse Babett Knusden (La Fille de Brest…) ou encore l’épuisante-quand-elle-s-y-met Sara Giraudeau (Le Bureau des Légendes…).
En conclusion, en lieu et place d’un thriller excitant, Régis Roinsard bricole un film ronflant, bavard et maladroit qui perd de son intérêt de minute en minute. À éviter.

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