[SÉRIE TV] Little Fires Everywhere : Reese Witherspoon face à Kerry Washington, c’est forcément à voir !

Le pitch : Durant l’été 1997, Mia Warren, une mère célibataire et bohème, s’installe avec sa fille Pearl à Shaker Heights, dans la banlieue riche de Cleveland, dans l’Ohio. Leur chemin croise très vite celui des Richardson, une famille bourgeoise exemplaire du coin. Deux mères de famille et deux visions de la vie s’opposent et s’entrelacent. Leurs relations vont peu à peu se tendre jusqu’à mettre en péril leurs vies.

Créée par De Liz Tigelaar
D’après le best-seller de Celeste Ng « La saison des feux » (2017).
Avec Reese Witherspoon, Kerry Washington, Joshua Jackson
Disponible sur Amazone Prime

Mon avis : Depuis sa création par l’actrice Reese Witherspoon, Hello Sunshine apparaît aux génériques de productions plus ou moins engagées dans une démarche un chouille féministe à travers, par exemple, le film Wild (2014) ou encore les séries récentes Big Little Lies ou encore The Morning Show. Dernier né, Little Fires Everywhere marche sur les traces de ces aînés en abordant des thématiques aussi actuelles que que complexes et humaines, s’inscrivant dès le premier épisode comme une série intrigante, bouleversante et moralement complexe.

Quelques part entre Desperates Housewives 2.0 et Big Little Lies, la série Little Fires Everywhere brassent des sujets multiples et actuelles. D’abord l’opposition évidente entre une femme Blanche issue d’un milieu aisée dont la vie semble parfaite malgré un quatrième rejeton en pleine crise d’adolescence et une femme Noire ayant, apparemment, moins de ressources, artiste et mère célibataire. Sans pour autant entrer dans les notions péjoratives du « white privilege » et du racisme ordinaire, la série montre bien les différences sociales qui ont dictés le parcours et les choix de ces deux femmes, l’une ayant une vie toute tracée dans une bourgeoisie confortable et l’autre qui s’est vue confrontée à des choix complexes assez tôt. Pourtant, alors que l’ont creuse le portrait de ces femmes, on réalise rapidement que le milieu aisé du personnage porté par Reese Witherspoon vient avec un bagage assez lourd alors que cette dernière paie le prix d’avoir choisi la facilité plutôt que son coup de cœur, entre baby blues, ressentiment et amertume généralisée. En comparaison, le parcours de vie de son antagoniste, interprétée par Kerry Washington, parait peut-être moins compliqué et donne à réfléchir sur les choix que chacune a pu faire, au-delà des privilèges sociaux.
En parallèle, à travers les adolescents, Little Fires Everywhere dissèque des thématiques actuelles de manières plus frontales et épisodiques : entre romances contrariées, discrimination besoin de se fondre dans la masse et émancipation des règles instaurées par l’éducation parentale. D’un couple interracial au coming out, les ados de la séries ne sont pas en reste et contribuent à rythmer la série de moments plus légers mais tout de même saisissants.

Enfin, la notion de maternité est la matière première de la série, qu’elle soit unique, quadruple, avortée, impossible ou abandonnée. La mère est explorée sous toutes ses coutures, entre amour inconditionnel et héritage psychologique. N’en étant pas une, j’ai trouvé chaque approche intéressante et accessible, alors que Little Fires Everywhere vient bousculer nos morales personnelles. En effet, alors que l’intrigue finit par se resserrer autour de l’adoption d’un bébé et des droits de la mère biologique, j’ai été surprise de me retrouver en désaccord avec les personnages que je soutenais au début. La série jongle habilement avec les préjugés des riches blancs vs la minorité pauvre dès le début, en nous confortant dans des clichés qu’on avale sans se poser de questions, jusqu’au moment où Little Fires Everywhere finit par inverser la vapeur et à poser, implicitement, la question de la victimisation (consciente ou non) des minorités pour excuser certains de leurs (mauvais) choix.

Le seul bémol, c’est que la série se sert des ados pour alléger l’ensemble et créer des moments de respirations, alors que le point de vue de la jeune Pearl pourrait être un vrai sujet à part. En effet, la jeune ado Noire suit sa mère de déménagement en déménagement, du coup son besoin d’être acceptée et de se fondre en le moule supplante totalement l’idée quelconque d’un communautarisme racial. Si bien que lorsque son personnage rencontre un autre personnage Noir, leurs points de vue sur le monde qui les entourent est totalement différent puisque Pearl plus préoccupée par son chemin personnel – puisqu’elle n’a jamais eu l’occasion de s’installer auparavant. Aurions-nous la première « coconut » inconsciemment assumée dans une série US ? Maybe 🙂 (ps : pour moi, « coconut » ou « bounty » n’est pas péjoratif)

L’ensemble de la série évolue dans un climat de suspicion sourde qui déverrouille un secret (ou deux) à chaque épisode. J’ai beaucoup aimé le cadre général de la série : la photo est un poil plus chaude que dans Big Little Lies qui, à l’opposé de cette dernière, semble s’accentuer au fur et à mesure que l’écart entre les héroïnes s’accentuent. L’aspect intemporel de la série accentue la nécessité d’aborder les thématiques évoquées dans les épisodes, qui malgré les époques, semblent toujours les mêmes.

Au casting, ce sont évidemment Reese Witherspoon (Un Raccourci dans le Temps, The Morning Show, Big Little Lies…) et Kerry Washington (Django Unchained, Scandal…) qui portent la série avec brio, incarnant respectivement une femme privilégiée mais engoncées dans des mœurs rigides et une femme apparemment libre mais rongée par un secret explosif. Les deux actrices sont fantastiques tout du long, notamment dans leurs faces toujours plus tendus et jubilatoires. Autour d’elles, on retrouvera au second plan Joshua Jackson (Dans Leur Regard, The Affair…) et Rosemarie DeWitt (La La Land, Poltergeist…) qui se feront voler la vedette par le casting adolescent. En effet, la jeune Megan Stott crève l’écran en ado rebelle et incomprise, tandis que le quatuor Lexi Underwood (The Good Doctor...), Gavin Lewis (Roswell New Mexico…), Jade Pettyjohn (School of Rock, Destroyer…) et Jordan Elsass s’entrecroisent, tous attachants mais sans vraiment de démarquer.

En conclusion, j’ai finalement dévoré les huit épisodes de la série d’une traite car j’ai été happée par l’atmosphère et les intrigues multiples de Little Fires Everywhere, tandis que le duo Reese Witherspoon et Kerry Washington est savoureux. À voir (absolument).

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