[CRITIQUE] Avis express : Terrible Jungle et Enragé

Vus au cinéma à la fin de l’été, ces deux films ne m’ont pas beaucoup marqué. D’un coté : une comédie française qui se rêve burlesque mais qui tombe à plat, de l’autre coté, un film testostéroné américain qui fleure bon l’incivilité irrationnelle. Deux univers différents et décalés sur lesquels j’ai surfé sans véritablement y adhérer.

Terrible jungle, de Hugo Benamozig et David Caviglioli

Le pitch : Eliott, jeune chercheur naïf, part étudier les Otopis, un peuple mystérieux d’Amazonie. C’est aussi l’occasion pour lui de s’éloigner de l’emprise de sa mère, la possessive Chantal de Bellabre. Mais celle-ci, inquiète pour lui, décide de partir à sa recherche en s’aventurant dans l’étrange forêt amazonienne.
En salles le 29 juillet 2020
Avec Vincent Dedienne, Catherine Deneuve, Alice Belaïdi, Jonathan Cohen

Avis express : Comédie française aux intentions burlesques, le duo Hugo Benamozig et David Caviglioli, fort d’une expérience sur Platane aux cotés d’Eric Judor, tente le film d’aventure décalé à la maladresse calculée. Le film suit les tribulations d’un Tintin des temps modernes, fils à maman un jour, caïd de la jungle le lendemain, alors qu’il redécouvre la liberté au sein d’une tribu assez cocasse. Un tableau qui aurait pu faire des étincelles mais qui ne fait que rater le coche de bout en bout. Si les intentions des réalisateurs sont visibles, les blagues et autres comiques de situation tombent à plat, le second degré s’égare souvent et le rire laisse place à une consternation gênée. J’ai eu l’impression de voir un brouillon mal dégrossi, le genre de projet qui fait rire les copains quand on l’explique à haute voix mais qui se vautre à l’exécution. Malgré un casting alléchant, Terrible Jungle n’atteint jamais (ou rarement) le niveau d’absurdité voulu pour créer une dynamique drôle et efficace. Au contraire, le film patauge au cours de 90 longues minutes pendant lesquels j’ai attendu que le film démarre… en vain. Ce qui est assez frustrant car les idées sont visibles, notamment celle des gendarmes un peu loufoques que le film rencontre de temps à autres ou encore le regard un peu cynique sur l’authenticité perdue, même au fin fond de la jungle face à ces autochtones enfumés ou devant un commerce de proximité asiatique.
Seul rayon de soleil : Catherine Deneuve (La Vérité, Fête de Famille, L’Adieu à la Nuit…) que j’aime redécouvrir dans ce type de rôle si loin de la figure chic et intouchable qui accompagne sa carrière. Elle et Jonathan Cohen (Tout Simplement Noir, Forte…) relèvent parfois le niveau, mais face à eux, Vincent Dedienne (Premières Vacances, La Fête des Mères…) et Alice Belaïdi (La Monnaie de leur Pièce, L’Ascension…) ne parviennent pas à faire illusion. Dans l’ensemble, le film de Hugo Benamozig et David Caviglioli est assez éprouvant. À éviter.

***

Enragé, de Derrick Borte

Le pitch : Mauvaise journée pour Rachel : en retard pour conduire son fils à l’école, elle se retrouve coincée au feu derrière une voiture qui ne redémarre pas. Perdant patience, elle klaxonne et passe devant. Quelques mètres plus loin, le même pick up s’arrête à son niveau. Son conducteur la somme de s’excuser, mais elle refuse. Furieux, il commence à la suivre… La journée de Rachel se transforme en véritable cauchemar.
En salles le 19 août 2020
Avec Russell Crowe, Caren Pistorius, Gabriel Bateman…

Avis express : Si ce film m’a donné envie de voir plus de bons Russell Crowe (avec, au passage la géniale série The Loudest Voice), c’est parce que l’acteur livre une performance solide dans un film popcorn relativement moyen. Faisant écho aux incivilités ordinaires et au comportement des gens derrière le volant, le film Enragé propose une traque féroce dans laquelle une femme tente d’échapper à un homme justement enragé qui la poursuit. L’histoire démarre avec un épisode banal : deux personnages aux antipodes qui vivent un mauvais début de journée, ce qui les amène, déjà agacés à se retrouver sur la même route. La tension monte d’un cran lorsque l’homme décide de faire payer à l’héroïne son impolitesse, quitte à s’en prendre à ses proches. L’histoire dérape vite, de façon fulgurante et accrocheuse, Enragé va jusqu’au bout de sa proposition, frôlant souvent le surréalisme tant le comportement grossi questionne la plausibilité de certaines situations. Ce qui m’a fait décroché en premier, c’est que j’ai eu du mal à m’intéresser au sort de la femme, Rachel, que j’ai trouvé antipathique dès le départ et dont je n’ai pas compris les motivations ou plutôt son refus de s’excuser. Même en acceptant le fait que ce passage sert à lancer l’intrigue, j’ai trouvé ça un peu léger. Reste donc une course poursuite entre un type irrationnel et une femme peu attachante, ce qui m’a fait l’effet d’un film grisâtre dont j’avais hâte de voir le bout. Dommage, car comme dit plus haut, Russell Crowe (Boy Erased, La Momie…) est ultra convaincant dans son personnage jusqu’au-boutiste. À tester.

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