[CRITIQUE] Une Femme du Monde, de Cécile Ducrocq (sortie DVD / Blu-Ray / VOD)

Le pitch : À Strasbourg, Marie se prostitue depuis 20 ans. Elle a son bout de trottoir, ses habitués, sa liberté. Et un fils, Adrien, 17 ans. Pour assurer son avenir, Marie veut lui payer des études. Il lui faut de l’argent, vite.

Réalisé par Cécile Ducrocq
Avec Laure Calamy, Nissim Renard, Béatrice Facquer…
Disponible en DVD, Blu-ray et VOD dès le 6 avril 2022
Bonus : Court-métrage La Contre-allée (29 minutes), récompensé par le César du meilleur court-métrage en 2016

Avis express : Pour son premier long-métrage, Cécile Ducrocq s’inspire de son court-métrage La Contre-allée qui lui a valu un César en 2016 pour dessiner le portrait poignant et presque militant de Marie, une prostituée à la ville et une mère dans la vie, qui se bat pour assurer l’avenir de son fils. Dès les premières minutes, Une Femme du Monde pose un décor sans phare et frontal sur son personnage à l’activité assumée, avant de développer la relation tumultueuse d’une mère et de son fils. Au-delà du paysage un poil sulfureux du film, Cécile Ducrocq illustre surtout la psyché fataliste d’une classe sociale moyenne, celle qui refuse de s’autoriser à rêver et s’enfonce dans une routine qui semble sans issue. Entre l’échec scolaire de l’adolescent et les conditions de travail de l’héroïne, le film explore des thématiques accessibles dans un cadre à la grisaille omniprésente et étouffante. Si le fils cristallise cette impression fataliste à merveille, la mère se bat pour garder la tête hors de l’eau, guidée par l’espoir d’une vie meilleure pour son fils quitte à se sacrifier au passage.

J’ai aimé la sincérité de ce film, qui aborde un sujet sensible sans chercher à justifier ni à excuser son héroïne pour ses choix de vie. On oublie vite le métier de cette femme pour être happée par son énergie teintée la crainte palpable de pas réussir à offrir un meilleur avenir à son fils. Cécile Ducrocq impose sa Femme du Monde comme une combattante, dans une chronique sociale, contemporaine et accessible, porté par une Laure Calamy (Dix Pour Cent, Antoinette dans les Cévennes, Sibyl…) flamboyante et lumineuse – nommée au César 2022. 

 

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