[COUP DE CŒUR] Zombillénium, d’Arthur de Pins et Alexis Ducord

Drôle, fun et décalé, Zombillénium propose une aventure délirante et sans temps mort avec des personnages attachants. À travers une histoire mordante (hihi) et une bande-originale vraiment sympa, Arthur de Pins et Alexis Ducord livre un film d’animation ambitieux et rythmé sur le thème de la famille, avec un soupçon de pop culture, inspiré par les codes horrifiques ici détournés pour un film aussi familial que rock’n’roll. Ni trop long, ni trop court, Zombillénium est accessible aussi bien pour les plus jeunes que pour les plus grand. Un très belle surprise (et soulagement, pour les fans) !

Le pitch : Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité… Jusqu’à l’arrivée d’Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le Parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir… Et si il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ?

Dessinateur très connu pour ses pin-ups, ses illustrations pour la série « Osez… » et surtout son style (dessin vectoriel), Arthur de Pins est également auteur de bandes-dessinées avec la série Péchés Mignons et Zombillénium, qu’il adapte ici en film, en collaboration avec Alexis Ducord (story-boarder pour Avril et le Monde Truqué). Dans un univers enlevé et coloré, Zombillénium s’approprie un genre généralement réservé à un public averti pour narrer une aventure rocambolesque et imaginative autour d’un parc à thème monstrueux en perte de vitesse et une enfant orpheline à la recherche de son père. Le film parvient à explorer une histoire variée sans jamais se départir de son ton décalé et accrocheur : de la rivalité entre les monstres jusqu’à la crise économique qui touche définitivement tout le monde (!), Zombillénium est aussi une galerie de personnages attachants et modernes, baignant la pop culture et une double lecture salvatrice pour les plus grands.

Jonglant habilement entre différents codes, le film d’Arthur de Pins et Alexis Ducord mêlent savamment de l’humour hyper accessible mais jamais creux à l’univers dark des monstres qu’ils visitent, si bien que malgré le coté « monstres gentils » des personnages, Zombillénium n’oublie pas d’ajouter une micro-dose de frissons suffisante pour attiser la curiosité des plus jeunes sans leur faire peur et assez surprenante pour maintenir en haleine un public plus grand. En adoptant les codes horrifiques avec brio, Zombillénium colle parfaitement avec cette période « halloweenesque » avec un film dynamique, au tempérament rock, noir et drôlement macabre ! Le secret du film est de surfer sur une approche parodique, mais jamais moqueuse, tandis que si l’ensemble reste à hauteur d’enfants, il ne cède par à l’infantilisation ni à la guimauve. Du coup, les touches d’émotions sont sincères, sans pour autant tenter de faire du Disney.

Grâce à la patte d’Arthur de Pins, Zombillenium profite d’une identité visuelle superbe : les jeux de couleurs et le design sont fantastiques, l’ensemble est fluide et novateur car cela change de l’hyper réalisme des films d’animation pour un style un peu plus flat du dessin vectoriel, on y retrouve le clin d’œil vers les pin-ups d’Arthur de Pins avec discrétion (c’est invisible pour les enfants) tout en mettant l’accent sur ces monstres plus humains que jamais, malgré leurs différences notables. C’est réellement la bande-dessinée qui s’animent sous nos yeux ! À noter également, une bande-originale hyper entraînante, marquée par la chanson phare du film « Stand As One » de Mat Bastard, dont la réalisation de cette scène est, par ailleurs, vraiment cool et conquérante.

Zombillénium est donc une petite pépite inattendue, proposant un film d’animation ambitieux et décalé, étonnamment court alors que l’histoire est finalement dense et super rythmée. Si d’autres films d’animation ont déjà proposé la carte des monstres à toutes les sauces (Coraline, L’Étrange Pouvoir de Norman, Monstres & Cie…), Arthur de Pins et Alexis Ducord signent une œuvre qui a beau baigner dans un univers un peu noir, mais elle se démarque par sa réalisation et identité visuelle absolument superbe, ainsi qu’une belle histoire à la fois riche, fun et rythmée, entre humour détonnant et une ribambelle de personnages attachants (même chez les méchants !). Et en plus c’est frenchy. À voir absolument !

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