Action, Sci-fi

[CRITIQUE] Mortal Kombat II, de Simon McQuoid

Le pitch : Les champions plébiscités par les fans – désormais secondés par Johnny Cage en personne – s’affrontent dans un tournoi ultime, sans foi ni loi, pour tenter de renverser le règne de Shao Kahn, un tyran qui menace l’existence même de l’Earthrealm et de ses partisans.

Cinq ans après son premier revival de la franchise, Simon McQuoid revient avec un Mortal Kombat II qui a au moins le mérite d’avoir compris une chose : personne ne vient voir ce genre de film pour assister à un grand drame shakespearien. Exit donc le ton inutilement sérieux du précédent opus qui en a fait un oubliable navet. Cette suite assume pleinement son statut de blockbuster bourrin, coloré et volontiers absurde, où les combats improbables et les punchlines assumées prennent enfin le dessus sur les tentatives de gravité.

Résultat : Mortal Kombat II n’est pas le nanar escompté, mais le film se situe exactement dans cette zone confortable du divertissement pop-corn qui sait ce qu’il est et qui ne cherche pas à se faire passer pour autre chose. Les affrontements sont généreux, le fan service tourne à plein régime (“Get over here !”) et l’ensemble se regarde avec une certaine bonne humeur. Le ridicule n’est jamais bien loin, mais le film de Simon McQuoid évite généralement de tomber dedans la tête la première.

L’arrivée de Johnny Cage participe largement à cette nouvelle dynamique. Son côté vieille gloire cabotine apporte une dose d’autodérision bienvenue et permet au film de se moquer un peu de lui-même. Une approche finalement beaucoup plus adaptée à l’univers Mortal Kombat que les tentatives de sérieux du précédent épisode.

Là où le film montre cependant rapidement ses limites, c’est dans sa capacité à faire exister ses enjeux. Sur le papier, le tournoi doit déterminer rien de moins que le sort de la Terre face à la menace de Shao Kahn. Dans les faits, l’histoire peine à nous faire ressentir ce qui est réellement en jeu. Le scénario préfère se concentrer sur des arcs narratifs assez convenus, entre vengeance familiale et retour sur le devant de la scène d’un héros vieillissant, sans jamais vraiment donner de poids aux conséquences d’une éventuelle défaite.

En tant que spectatrice peu familière avec la mythologie de la saga, j’ai parfois eu l’impression d’assister à une sorte d’Avengers dont j’aurais raté tous les films intermédiaires. En effet, les personnages sont chargés d’un passif, de relations et d’enjeux émotionnels que le film considère comme acquis. Résultat : même lorsque les combats deviennent plus spectaculaires ou que certains héros se retrouvent en difficulté, il reste compliqué de véritablement s’attacher à leur sort.

Ce manque d’investissement émotionnel empêche Mortal Kombat II de dépasser le simple statut de divertissement sympathique. Le spectacle est bien là, les fans devraient y trouver leur compte et le film assume enfin son ADN de grosse série B musclée. Mais une fois les coups spéciaux distribués et les fatalités expédiées, il ne reste finalement pas grand-chose à quoi se raccrocher.

Au casting : porté par le succès de la série irrévérencieux The Boys, Karl Urban (Thor Ragnarok, Gen V…) vient booster la franchise. Même s’il serait temps que l’acteur australien pense à se renouveler, il apporte de la légèreté bienvenue dans une suite qui en avait bien besoin. Autour de lui se démènent quelques visages connus : Jessica McNamee (Mortal Kombat, En Eaux Troubles…), Mehcad Brooks (Supergirl, New York Police Judiciaire…), Lewis Tan (Deadpool et Wolverine, Babylon…), Tadanobu Asano (Kate, Thor Ragnarok…) et Josh Lawson (Superstore, House of Lies…) rempilent pour un tour, aux cotés de Tati Gabrielle (Uncharted, You…), Adeline Rudolph (Resident Evil, Riverdale…) ou encore un Hiroyuki Sanada (Shōgun, John Wick : Chapitre 4…) qui répond toujours présent pour représenter dans ce genre de film (représenté quoi, qui ? allez savoir).

En conclusion : Simon McQuoid livre un Mortal Kombat II plus fun et plus assumé que son prédécesseur, comme s’il comprenait enfin que son principal atout réside dans son côté excessif. Dommage que ses personnages et ses enjeux restent aussi désincarnés, car avec un peu plus de chair autour de ses os cassés, cette suite aurait pu viser plus haut que le simple divertissement du samedi soir. À voir.

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