Her : Touchant, subtil, brillant… mais triste

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Sensible, touchant et incroyablement mélancolique, le dernier film de Spike Jonze ne laisse personne indifférent. Her propose une histoire d’amour étonnante et pourtant amèrement réaliste, dans un futur proche, et très plausible, où la technologie a pris le pas sur les relations humaines. Partir d’un projet aussi épineux et réussir à en faire une fable moderne et inspirée, aussi belle que touchante, c’est la promesse osée de Her. Superbe.

Le pitch : Dans un futur proche, à Los Angeles, Theodore travaille pour un site web comme écrivain public, rédigeant des lettres de toutes sortes — familiales, amoureuses, etc. — pour d’autres. Son épouse Catherine et lui ont rompu depuis plusieurs mois lorsqu’il installe un nouveau système d’exploitation, auquel il donne une voix féminine. Cette dernière, une véritable intelligence artificielle, se choisit le prénom Samantha. Elle et lui tombent amoureux.

Her n’est pas seulement un beau film. C’est un constat, une réflexion sur notre société actuelle, sur les relations humaines et sur l’amour en général. Spike Jonze touche du doigt un point sensible du 21ème siècle et propose un film aux multiples facettes, dont on en ressort ébranlé. Pour ma part, j’ai dû digérer ce film quelques jours avant de savoir si je l’aime ou non, car il émane de Her une profonde tristesse, à la fois douce et douloureuse qui peut toucher en plein cœur.
5 ans après Max et les Maximonstres, Spike Jonze revient avec une rencontre futuriste proposant une histoire d’amour insolite entre un homme et un système d’exploitation rappelant la fameuse Siri d’Apple- un ordinateur donc. Grâce à un scénario subtil et intelligent, d’ailleurs récompensé aux Oscars 2014, Her dresse le portrait d’un personnage solitaire et blessé, noyé dans la foule des grandes villes anonymes, dont la vie est rythmée par la technologie qui prend de plus en plus d’importance. Jonze crée un futur réaliste, pas trop éloigné mais indatable, dans lequel on se retrouve facilement, un monde qui ferait presque envie. De la voix électronique qui lit nos e-mails à l’intelligence artificielle capable de converser, il n’y avait qu’un pas et à partir de là, Jonze tisse une histoire d’amour avec un naturel hypnotisant. On y croit complètement, à cette relation, si bien qu’on aurait presque tendance à oublier que Samantha n’est qu’une voix, comme si elle était cachée quelque part hors caméra ou comme si elle était une amie au téléphone. C’est justement ça, qui est captivant dans Her, cette facilité avec laquelle Jonze nous embarque dans son intrigue, sans jamais se presser et en osant des touches d’humour inattendues de temps à autres.

Mais au-delà de cette histoire incroyable et toutes les questions que cette relation soulève, le plus frappant dans ce film c’est le sentiment de solitude et l’extrême mélancolie qui traversent Her de part en part. Ne serait-ce le simple fait de pouvoir s’attacher à une voix électronique, par exemple, mais c’est surtout le personnage de Theodore Twombly qui émeut, puisqu’en filigrane, il essaye surtout de se remettre d’une séparation douloureuse.
Jonze livre ici une confession touchante, exposant ses craintes à travers un film saisissant et bouleversant sur cette société que la technologie divise, tout en proposant une réflexion intelligente sur les relations amoureuses, le sentiment même de l’amour et la mise à nu que cela implique. Her est animé par un scénario brillant, sublimé par une mise en scène à la fois discrète et complice, rappelant parfois la langueur des films de Sofia Coppola (Lost in translation). Bercé par la bande originale signée Arcade Fire, on est loin de la romance fleur bleue et prévisible, Spike Jonze nous surprend avec une approche inédite et bouleversante, poussant presque son public à se remettre en question tant le propos est accessible.

Cependant, cet atout considérable pourrait aussi être le plus grand ennemi du film : toutes les émotions à fleur de peau dans Her sont aisément perceptibles, on peut en ressortir agréablement surpris, mais aussi choqué et bouleversé… voire légèrement déprimé. La solitude est le mal du 21ème siècle et Spike Jonze l’illustre parfaitement avec Her.

Coté casting, Joaquin Phoenix (The Master, The Immigrant, Two Lovers…) est exceptionnel dans ce personnage attendrissant et généreux, avec ce petit coté chiot perdu qu’on a envie d’adopter. À ses cotés ou presque, Scarlett Johansson (Avengers, Hitchcock, Don Jon…) est étonnante alors qu’on entend que sa voix. Si le choix de l’actrice est parfois discutable (une raison, peut-être, d’attirer certains messieurs au cinéma…), il faut reconnaitre qu’elle réussit à trouver le ton juste et suffisamment enivrant pour faire oublier le fait qu’on ne la voit absolument pas.
Amy Adams (American Bluff), Rooney Mara (Millenium, Les Amants du Texas…) et Olivia Wilde (Rush…) viennent tour à tour renforcer l’intrigue, même si certaines apparitions étaient trop courtes. Chris Pratt (La Grande Aventure Lego…) apporte également une touche d’humour et il faudra tendre l’oreille pour reconnaître Kristen Wiig (Imogene…) et son obsession pour les chats !

En conclusion, je n’ai toujours pas réussi à déterminer si j’aimais Her ou pas, la seule certitude est que ce film m’a énormément touchée. Spike Jonze offre de l’émotion à l’état brut, entre mélancolie et tristesse, à travers un scénario brillant et perspicace qui mérite amplement sa récompense aux Oscars. À voir absolument (avec une humeur plutôt bonne de préférence).

Can anyone hear me?

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