[CRITIQUE] Divergente 3 : Au-Delà Du Mur, de Robert Schwentke

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Les aventures de Tris touchent à leur fin dans la première partie du dernier chapitre de Divergente. Après avoir révélées au grand jour les machinations qui se cachaient derrière les Factions, Divergente 3 : Au-Delà Du Mur amorce un combat final à plus grande échelle. Bien qu’à chaque film, la saga continue de trouver son rythme, en terme de dynamisme et d’engagement dans les scènes d’action, on se retrouve encore une fois devant de nouveaux éléments qui viennent compliquer une trame franchement peu intéressante. Là où Hunger Games – La Révolte Partie 1 brassait du vide, Divergente 3 : Au-Delà Du Mur n’en finit plus de rajouter des couches pour asseoir la solidité de son histoire mais, bon, fondamentalement… on s’en fiche un peu. Vivement la fin.

Le pitch : Sous le choc, Tris et Quatre doivent fuir et franchir le mur encerclant Chicago. Pour la première fois, ils quittent la seule ville et famille qu’ils aient connues. Mais au delà du mur se trouve un monde hostile qu’ils vont devoir affronter. Tris et Quatre doivent rapidement déterminer en qui ils peuvent avoir confiance alors qu’une bataille menaçant l’humanité toute entière est sur le point d’éclater…

Concurrents directs de la saga Hunger Games, les films Divergente et Divergente 2 : L’Insurrection continuent leurs petits bonhommes de chemin, continuant la tradition initiée par Harry Potter, à savoir un dernier chapitre divisé en deux films. Le risque avec ce procédé, c’est de livrer une première partie insipide qui ne fait qu’étirer des sous-intrigues pour gagner du temps (et donc, de l’argent). Chez Divergente, on ne mange pas de ce pain-là !

Démarrant juste après les événements du dernier opus, le film de Robert Schwentke en explore les répercussions tandis que les anciennes Factions, encore sous le coup de la colère, sont bien décidés à se venger. Voyant que la situation tourne au désastre, Tris décide d’aller à la rencontre des fameux membres Fondateurs afin de rétablir son monde au bord de l’implosion. En effet, les anciennes Factions continuent de se déchirer, se divisant entre une soif de justice qui les poussent au meurtre et une envie d’apaisement et d’harmonie. Du coup, comme on ne change pas une équipe qui gagne, ils se trouvent de nouveaux surnoms pour mieux s’affronter (parce que sinon ce n’est pas drôle). Mais les nouveautés ne s’arrêtent pas là, puisque Tris finit par découvrir ceux qui se cachent derrière tout ça et là, Divergente 3 : Au-Delà Du Mur s’étale sur une théorie opaque sur des recherches génétiques ayant mal tournées, dont seule l’héroïne du film en serait ressortie Pure (et les autres sont tous « damaged » déficients… parce qu’ils entrent dans un moule). Une fois les prétextes établis pour se donner des nouveaux petits noms, le film retombe dans son piège initial en jouant le jeu d’un système divisionnaire et discriminatoire qu’il semblait dénoncer dès le premier film. Et le plus étrange, c’est que tous les personnages semblent OK avec ça ! Le but n’était-il pas d’être libre d’être soi-même ? Pourquoi continuer à se coller des étiquettes dans tous les sens ?

Le problème est multiple. Déjà que la franchise Hunger Games est déjà passée par là pour bien jalonner le terrain, on se doute rapidement que les nouveaux alliés dans Divergente 3 : Au-Delà Du Mur réservent quelques mauvaises surprises pour Tris et ses compagnons. Mais le plus embêtant, c’est tout le blabla mis en place, alors qu’il s’agit tout de même du troisième volet, qui ne fait que complexifier une trame déjà peu attrayante en ajoutant des éléments farfelus et peu plausibles (la mère de Tris et quid de son père du coup ?). Et comme si cela ne suffisait pas, quand on y regarde de plus près, je constate que pendant que le personnage de Four prend de l’ampleur en multipliant les scènes d’actions musclées (et peut-être même en préparant une nouvelle intrigue romantique, soyons fous), l’héroïne du film est carrément en retrait, tandis que son « travail » consiste à rester assise devant des écrans ou à se balader dans de jolies tenues bien blanches (rappelant sa Pureté, n’est-ce pas). Bref, le film de Robert Schwentke continue d’enfumer un peu plus l’ensemble avec une consistance bien fragile et, pour ceux qui comme moi n’ont pas lu les livres, le jeu ne prend pas. Si j’apprécie les efforts de mise en scène et le fait que le film soit plus dynamique et punchy, l’histoire générale renifle la mascarade à plein poumons pour masquer des écueils scénaristiques flagrants. Le plus embêtant, c’est que si la première partie de la Révolte d’Hunger Games proposait du vide, le dernier volet offrait, selon moi, un réel aboutissement et les réponses aux questions soulevées pendant les films. Là, je me demande si le dernier film Divergente aura réellement quelque chose à proposer : soit nous connaissons déjà la dernière menace, soit -pire- la saga inventera de nouveaux problèmes supplémentaires. Je ne sais pas quelle option est préférable…

D’ailleurs, visuellement, Divergente 3 : Au-Delà Du Mur trouve son identité à travers la photographie du film, avec des effets spéciaux un peu mieux maîtrisés et un univers identifiable. Seul bémol, sur ce sujet, les costumes des acteurs qui sont d’une laideur absolue : quand l’une ne se balade pas constamment avec une serpillière entourée autour des épaules, c’est surtout le look de Tris, mémérisant au possible (comme dirait Cristina Cordula), qui détonne alors que la saga est sensé viser un public jeune.

Au casting, les acteurs arrivent en bout de course et donnent trop souvent l’impression de remplir leurs obligations contractuelles que de s’éclater dans un film qui les motive (ce qui est trop souvent le cas dans ce genre de films, à l’exception des films Harry Potter, bien sûr). Ici, c’est pareil : Shailene Woodley (Nos Étoiles Contraires, The Spectacular Now, White Bird…), largement desservie par une garde-robe affreuse, transpire l’ennui total, laissant toute la place à un Theo James (London Fields, Underworld : Nouvelle Ère…) un poil plus animé, ce qui est normal étant donné que la saga s’achève, il lui faut préparer le terrain pour la suite vu que sa carrière est plutôt faiblarde sans Divergente. Deux acteurs qui méritaient mieux : Miles Teller (Les 4 Fantastiques, Whiplash…) est relégué au second plan tandis que son personnage indécis ne cesse de retourner sa veste sans véritable raison et Ansel Elgort (Nos Étoiles Contraires, Men, Women & Children…) passe malheureusement pour un boulet pendant la majeure partie du film. En parallèle, les faire-valoirs Naomi Watts, Maggie Q, Octavia Spencer, Jeff Daniels et autre Daniel Dae Kim se succèdent à l’écran et Zoe Kravitz fait de la figuration.

En conclusion, j’ai toujours eu un petit faible pour la saga Divergente, car malgré une histoire peu innovante, je trouve que les premiers films proposaient un univers plus accessible et moins surestimé que dans Hunger Games. C’était donc l’occasion de révéler des personnages plus ambitieux, mais finalement c’est plutôt l’autre saga Young Adult, Le Labyrinthe, qui semble tenir la route pour l’instant. Du coup, ce troisième volet de Divergente m’a attirée plus par curiosité qu’autre chose, pour finalement répondre à mes craintes : si la forme est plus attrayante et aboutie, l’intrigue s’éternise en détours inutiles au lieu de véritablement entamer sa conclusion. Du coup, Divergente 3 : Au-Delà Du Mur déçoit en tombant dans des pièges faciles et surtout en se contredisant à travers la culture d’étiquettes pour définir ses personnages. Vivement 2017 qu’on en finisse.

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