[CRITIQUE] Divergente 2 : L’Insurrection, de Robert Schwentke

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Plus d’action et moins de romantisme, la suite de Divergente a appris de ses erreurs pour livrer un film plus dynamique et attractif… mais à quel prix ? Divergente 2 : L’Insurrection a clairement une ambition plus visible, celle de se démarquer de la saga Hunger Games et de faire avancer sa propre histoire. Malheureusement, le manque de rythme du premier opus est compensé par une surdose d’action, du coup : beaucoup de rebondissements ne servent que de remplissage. Visuellement, le film de Robert Schwentke a clairement les moyens, mais l’abus d’effets spéciaux non maîtrisés pique souvent les yeux. Malgré tout, Divergente 2 : L’Insurrection tient ses promesses, en offrant une nouvelle intrigue complète (et donc une vraie fin de chapitre, merci !) et une Shailene Woodley qui sort enfin de ses rôles de « girl next door ». Il y a encore certes des défauts, mais le divertissement est là et captivant. En continuant à améliorer ses points faibles, la saga Divergente pourrait bien nous offrir une bonne conclusion. Affaire à suivre ?

Le pitch : Dans un monde post-apocalyptique où la société a été réorganisée autour de 5 factions (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères et Fraternels), Tris a mis au jour un complot mené par la faction dominante, les Érudits, dirigés par Jeanine. Abandonnant une ville à feu et à sang, à la recherche d’alliés, Tris et Quatre sont désormais traqués par les autorités. Jeanine décrète la loi martiale pour anéantir les Divergents, tandis que la guerre entre les factions prend de l’ampleur. Pourquoi les Divergents sont-ils une menace pour la société ? La découverte d’un objet mystérieux, hérité du passé, pourrait bien bouleverser l’équilibre des forces…

Démarrant peu de temps après les événements du premier film, Divergente 2 : L’Insurrection débute avec une ouverture fébrile, marquée par une guerre civile sur le point d’éclater et une héroïne qui a bien du mal à surmonter les épreuves qu’elle a dû endurer. Le film ne perd pas de temps et replonge rapidement dans l’action, marquant une réelle envie de divertir, mais aussi de s’extirper de la fable adolescente et interminable dans laquelle s’était engoncé le premier opus. Si Tris et Four continuent de se faire des papouilles d’amoureux seuls contre tous, le changement de chapitre est bien visible, car au-delà du changement de look notable de l’héroïne, c’est aussi la nouvelle attitude un poil plus badass des personnages qui rend ce nouvel opus plus intéressant.
Terminée la double lecture sur l’importance de se façonner sa propre personnalité dans un monde qui veut nous formater dès le plus jeune âge, cette fois Divergente 2 – L’Insurrection quitte le monde de l’enfance (adieu les cheveux longs) et saute à pieds joints dans l’âge adulte en confrontant ses personnages phares à leur passé. Le film signe également un nouveau parallèle, plus politique cette fois, en observant les manigances et le totalitarisme du pouvoir en place, ainsi que ses répercussions sur différents personnages et les différentes factions (enfin, celles qui restent). Si on reprend les mêmes joueurs, la règle du jeu est néanmoins différente car plus sombre. Au lieu d’épiloguer sur une romance attendue (même si on n’échappe pas à quelques déclarations un peu niaises), l’intrigue tourne autour d’une mystérieuse boite qui pourrait bien signer la fin des Divergents, tout en tissant des trames secondaires plus complexes en sous-sol. Entre retrouvailles et découvertes, nos héros vont devoir se surpasser s’ils veulent survivre et obtenir enfin des réponses, à travers de nombreux rebondissements et des trahisons inattendues (ou presque).

Cependant, si cette suite a su apprendre des erreurs du premier film, il y en a de nouvelles : bien que Divergente 2 : L’Insurrection soit plus court, il y a toutefois pas mal de longueurs qui auraient plus être éviter avec un scénario plus condensé. En effet, si on reprochait au film de Neil Burger de manquer de rythme, celui de Robert Schwentke double la dose au risque de lasser. Des rencontres musclées aux affrontements imaginaires, Divergente 2 : L’Insurrection tente de surpasser afin de surprendre son public au film des scènes. En voulant réveiller une intrigue qui met du temps à se dénouer, les scènes d’actions donnent l’impression de combler et virent parfois au ridicule : dès le début du film, nos personnages en viennent rapidement aux mains. Malheureusement si les combats sont distrayants et joliment chorégraphiés, un rebondissement sur deux s’avère finalement inutiles, ce qui sape légèrement l’effet voulu (créer de la tension). De plus, visuellement, le résultat est inégal : d’un coté, les décors dans lesquels évolue nos héros sont plus intéressants et mis en valeur par une photographie métallique qui s’accorde plutôt bien à l’ensemble ; mais de l’autre, Divergente 2 : L’Insurrection est coupable d’un abus de fonds verts flagrants et d’effets spéciaux bâclés qui fragilisent la plupart des scènes clés (les simulations, notamment). Ayant vu le film en 2D, je n’ose imaginer le résultat en 3D…

Au casting : Shailene Woodley (Nos Étoiles Contraires, White Bird, The Spectacular Now…) est de retour, très énervée et prête à coller des gnons à tout le monde. L’actrice aborde une nouvelle facette de son personnage et c’est plutôt sympa de la voir sortir du moule de gentille fifille qui lui collait à la peau (même si la voir partager l’affiche avec ses amoureux de fiction reste étrange…). À ses cotés, si Theo James (Divergente, Franny…) remplit bien son rôle de boyfriend, il se fait voler la vedette par Miles Teller (Whiplash, That Awkward Moment, The Spectacular Now…), pourtant bien moins souvent à l’écran, mais beaucoup plus remarquable et fun. Quelques parts dans les décors, vivotent Zoë Kravitz (After Earth, X-Men First Class…), clairement en perte de vitesse depuis le premier film, tandis qu’Ansel Elgort (Men, Women & Children, Carrie – La Vengeance…) déstabilise (quel contraste avec le personnage de Gus dans Nos Étoiles Contraires) et que Jai Courtney (I, Frankenstein, Die Hard 5…)… court très bien (sic).
Le succès de Divergente, c’est aussi l’occasion de s’offrir un casting impressionnant : Kate Winslet (Last Days Of Summer…) est de retour et se retrouve face à une Naomi Watts (Birdman…) étonnante dans un rôle qui la rajeunit énormément (car moins guindé), tandis qu’Octavia Spencer (Snowpiercer…) fait également une apparition.

En conclusion, si Divergente 2 : L’Insurrection réussit à tenir ses promesses, il en faudra plus pour que la saga puisse se débarrasser de son étiquette de « film pour adolescents ». Pourtant, malgré ses défauts de mise en abîme, il y a une volonté visible de transformer l’essai en un second opus plus maîtrisé, plus intéressant et plus sombre. Le film propose un véritable chapitre, répondant aux questions laissées en suspens par le précédent, tout en continuant de faire évoluer son histoire (contrairement à d’autres, genre – au hasard – Hunger Games ou Le Labyrinthe, qui se terminent toujours en queue-de-poisson). Personnellement j’insiste et j’irai voir la (les ?) suite !

Guys, stop fighting. I need to talk to you about my brother...

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