[SÉRIE TV] Sex Education : Drôle et piquante, découvrez vite cet anti « 13 Reason Why » irrésistible

Le pitch : La rebelle Maeve entraîne Otis, un ado vierge mais doté d’une mère sexologue, dans la création d’une cellule de thérapie sexuelle clandestine au sein de leur lycée…

Créée par Laurie Nunn
Avec Asa Butterfield, Gillian Anderson, Ncuti Gatwa, Emma Mackey…
Disponible sur Netflix depuis le 11 janvier 2019

Une série sur les hormones adolescentes ? Forcément, dit comme ça, Sex Education a l’air racoleuse et facile. Et pourtant, dès le premier épisode, la série créée par Laurie Nunn, une réalisatrice australienne qui avait surtout fait des court-métrages, parvient à explorer avec humour et lucidité les préoccupations aussi bien adolescentes qu’adultes, autour d’un sujet aussi vieux que le monde : le sexe. Grâce au jeune Otis et à la provocante Maeve, la série revisite les années lycée dans un format piquant et inattendu en osant aborder des questions taboues de manière frontale, mais avec juste ce qu’il faut de pincette pour ne pas virer au racoleur.

Soyons honnête, Sex Education n’est pas que pour les adolescents. Le sexe restant une part importante dans la vie de chacun, pour les plus vieux d’entre nous, la série flirte avec la nostalgie d’une époque où l’intimité était une nébuleuse taboue, tandis que la cible directe (les ados, donc) auront accès à une série qui parle franchement et sans détour, loin des autres séries adolescentes. Complètement à la page, Sex Education parle de masturbation, amour LGBT et de fellation, certes, mais creuse surtout les préoccupations de ses personnages : du regard des autres au coming out, de l’appréhension d’être « en retard » à la crainte de ne pas « assurer », la série vise large et s’émancipe petit à petit de son sujet principal pour s’intéresser à l’humanité qui se cache derrière ces hormones en folie. Du coup, on découvre rapidement des sous-intrigues bien plus solides sous la surface, qui permet d’accrocher avec chaque héros : de la brute épaisse fils d’un proviseur perpétuellement déçu jusqu’à la coqueluche sportive qui aimerait bien avoir moins de pression sur les épaules, en passant par les inévitables mean girls du bahut. De plus la mixité ambiante rend l’ensemble plus authentique : des personnages de couleur au centre, des familles monoparentales ou homoparentales… derrière le contexte social plutôt aisé, Sex Education propose tout de même une galerie plurielle et moderne.

Sex Education est l’antithèse parfaite de 13 Reasons Why. Là où la seconde évoluait dans la morosité, les abus en tout genre (et surtout sexuels) et la vie tourmentée des adolescents, Sex Education préfère voir le verre à moitié plein, abordant parfois des sujets similaires, mais avec un positivisme certain et surtout un humour conquérant et décapant (sans oublier la prévention nécessaire). L’ensemble est follement frais, exploite à merveille les ressorts des comédies adolescentes, entre amour, amitié et famille, dans une trame sans âge avec son aspect souvent rétro dans les décors et les costumes (au début, j’ai cru que la série se passait dans les années 70). Les personnages sont entiers, portés par une véritable écriture, et même si certains aboutissements sont attendus, cela reste un véritable plaisir de les voir évoluer au cours d’une saison pleines de rebondissements, découvertes et de rires.
Ajoutons à cela Gillian Anderson qui s’invite à la fête, en une sorte de version troublante de Sharon Stone si son personnage dans Basic Instinct était devenue mère… et le cocktail est réussi.

Au casting justement : Asa Butterfield, découvert dans Miss Peregrine et Les Enfants Particuliers, rejoint la cohorte des héros bruns, malingres et adorkables des séries Netflix (Dylan Minette dans 13 Reasons Why, Keir Gilchrist dans Atypical, Skyler Gisondo dans Santa Clarita Diet et même Nick dans Big Mouth !). Le jeune acteur leade une cohorte de jeunes talents : Emma Mackey est convaincante en ado rebelle mais attachiante et surtout Ncuti Gatwa, qui leur fait souvent de l’ombre tant son personnage est aussi génial, qu’émouvant et attachant ! Un vrai coup de cœur pour Eric ! On découvre également Connor Swindell, Kedar Williams-Stirling ou encore Aimee Lou Wood.
Autour d’eux, Gillian Anderson (X-Files, American Gods, The Fall…) est superbe mère-psy et femme fatale.

En conclusion, Sex Education est une excellente découverte. J’avais peur de la série adolescente qui en faisait trop pour être cool ou, à l’inverse, totalement niaise. À l’arrivée, la série crée par Laurie Nunn est haute en couleurs, pêchue et moderne. Accessible à tout âge et savoureusement piquante, Sex Education est bien écrite, féroce et conquérante. À voir absolument.

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