[CRITIQUE] Scary Stories, d’André Øvredal

Le pitch : Dans un manoir abandonné, un groupe de jeunes trouve un livre qui raconte des histoires terrifiantes. Mais cette trouvaille n’est pas sans conséquence : la lecture du livre permet à ses effroyables créatures de prendre vie… La petite ville va alors faire face à une vague de morts particulièrement atroces, et chacun devra affronter ses pires peurs pour sauver les habitants et arrêter ce carnage.

Repéré avec le film Troll Hunter en 2010, le réalisateur norvégien André Øvredal avait réalisé un premier film d’horreur américain plutôt efficace en 2016 : The Jane Doe Identity. Cette fois, c’est sous la houlette du génial Guillermo Del Toro qu’André Øvredal propose le film Scary Stories (To Tell in the Dark), adapté à partir d’une série de livres éponymes écrits par Alvin Schwartz et scénarisés en partie par Guillermo Del Toro himself.

Dès le départ, Scary Stories installe une ambiance juvénile, quelques par entre Stranger Things et Ça, à travers un groupe d’adolescents qui, la nuit d’Halloween, va s’aventurer dans une maison hantée et réveiller une force mystique. Forcement, la sensation de déjà-vu se fait sentir et, plus important encore, si vous êtes un amateur d’horreur, vous risquez d’être déconcerté voire déçu par le caractère très enfantin du film – cela a été mon cas.

Pourtant, objectivement, le film d’André Øvredal est idéal pour les jeunes pousses en quête de sensations fortes, car il fait preuve d’un imaginaire original et de plus en plus rare dans les films de genre, rappelant les histoires à faire peur qu’on pouvait se raconter lors d’une soirée pyjama (ou une nuit de camping, au choix). Si Scary Stories pose des bases familières, le film vise surtout le cœur encore innocent et naïf d’un public jeune et, une fois que le twist prend forme, se réinvente agréablement à chaque nouvelle histoire tandis que le nombre de personnages à l’écran se réduit drastiquement. Terreur nocturne, monstres et autres goules cauchemardesques, le film explore de nombreuses thématiques horrifiques qui permettront à chacun d’y trouver son compte à un moment ou à un autre. Malgré le coté un peu prévisible de l’installation, Scary Stories parvient à surprendre à chaque rebondissement, tout en nous attachant au sort des héros.

Cependant, j’ai tout de même été déçue car, malgré le format adolescent, j’espérais frissonner un minimum devant ce film. Même si l’ensemble m’a rappelé Les Contes de la Crypte ou autre dérivé de Stephen King, Scary Stories conserve une tonalité très safe et se réfugie bien trop souvent derrière de nombreux jumpscares sonores (et souvent inutiles devant l’originalité des menaces) pour faire sursauter le public – ce qui est rapidement agaçant au bout de 20 minutes. Résultat, si j’ai globalement apprécié l’effort de proposer un film d’horreur aux artifices inattendus malgré le format usé, Scary Stories m’a laissé de marbre car… je n’ai tout simplement plus l’âge.

Au casting, on découvre un quatuor plus ou moins convaincant avec Zoe Margaret Colletti (Wildlife…) en figure de proue, souvent en train de chouiner mais plutôt attachante. Autour d’elle, Michael Garza (Hunger Games – La Révolte…) joue les side-kicks, tandis que Gabriel Rush (Gotham…) et Austin Zajur (Kidding…) se partagent le pendant innocent et guignolesque du groupe. Coté adultes, Gil Bellows (Jett, The Handmaid’s Tale…), Dean Norris (Le Coup du Siècle, Death Wish…) et Lorraine Toussaint (Rosewood, Orange Is The New Black…) font vivoter la trame, tandis qu’Austin Abrams (Euphoria, La Face Cachée de Margo…) et Natalie Ganzhorn complètent un ensemble inégal. À noter la présence de Javier Botet, connu pour jouer les figures horrifiques dans de nombreux films d’épouvantes ou fantastiques (Keyface dans Insidous 4, le Slenderman, The Crooked Man dans Conjuring 2, les fantômes de Crimson Peak, le lépreux dans Ça ou encore la fameuse Niña Medeiros dans la saga Rec…)

En conclusion, clairement boosté par le succès de Stranger Things et autre succédanés plus ou moins issus de l’imaginaire de Stephen King, Scary Stories propose un film d’horreur pour enfants qui pourra amuser la cible visée avant la rentrée avant d’être disponible en VOD pour Halloween. Pour les moins de douze ans, le frisson est assuré ; plus grand, passez votre chemin. À tenter.

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