[CRITIQUE] The Grudge, de Nicolas Pesce

Le pitch : Une nouvelle version tortueuse de ce classique du genre, de cette histoire horrifique, inspirée du film JU-ON : THE GRUDGE de Takashi Shimizu.

Début 2000, le cinéma américain s’empare des films d’horreur japonais pour les adapter à la sauce occidentale. D’un coté, le film The Ring réalisé par Hideo Nakata, Le Cercle en français, se voit adapté en 2002 par Gore Verbinski et rencontre un succès honorable qui lui offrira une suite en 2005, avant de tomber dans les oubliettes puis de tenter un revival anecdotique en 2017. De l’autre coté, ce sont les films de Takashi Shimizu qui tentent également une percée dans la même catégorie, pilotée outre-atlantique par Sam Raimi en tant que producteur, avec The Grudge en 2004, l’adaptation des films Ju-On. La « success story » est identique aux film The Ring : un premier film qui fait mouche, un second plutôt moyen dans la foulée en 2006, un DTV qui n’intéresse personne en 2009… ce qui nous amène au remake de Nicolas Pesce, vaguement adapté du tout premier film japonais et situé quelques parts entre les Grudge américains.

L’histoire, on la connait plus ou moins : si une personne meurt violemment dans une maison, cela crée une malédiction qui s’empare de tout ceux qui pénétreront dans les lieux. En plus clair : vous serez poursuivi par des cadavres flippants qui émettront des bruits de bouche étranges jusqu’à ce que mort s’en suive. Pour ma part, j’avais plutôt accroché au concept initial, mais il faut dire que ce remake bricolé m’a laissée totalement de marbre.
Jeune réalisateur américain cherchant à se faire un nom (on ne peut pas lui en vouloir), Nicolas Pesce récupère le bébé et tente de reprendre la narration décousue des films de Takashi Shimizu en proposant des storylines différentes sous forme de puzzle afin de conserver le mystère… Mais entre le déjà-vu et la paresse évidente du film, The Grudge peine à fabriquer une quelconque tension convaincante, tant il se réfugie derrière une obscurité trop commode, des intrigues inintéressantes et des appels du pied aux premiers films à peine subtiles. Pire, en occidentalisant à outrance le film, The Grudge perd complètement ses racines avec le film original : en dehors du rapide introduction nippone et expédiée à la hâte, le reste de l’histoire navigue entre différentes cellules brouillonnes où les personnages se mélangent à travers une malédiction abstraitement survolée et paumée à travers une narration bordélique. Pire, les ressorts horrifiques des premiers films (le bruit des fantômes, leurs apparitions au coin du lit, brrrr…) sont totalement balayés pour ne laisser place qu’à des tentatives branlantes de jumpscares. Comment peut-on encore rater la mécanique simplette d’un jumpscare de nos jours ? C’est désespérant.

The Grudge n’est pas vraiment une déception puisque j’en attendais rien, mais c’est surtout une sacrée perte de temps qui surfent sur un vague succès qui a presque vingt temps. Après les remakes tardifs de films d’horreur de la même époque – asiatiques ou non (The Ring ou encore Blair Witch, Chucky…), ce n’est pas étonnant de voir le film de Nicolas Pesce se vautrer dans une modernisation pantouflarde, qui se réfugie derrière des plans obscures et des scènes graphiques pour toucher les plus sensibles, mais dans l’ensemble, The Grudge est une bouillie approximative dont on aurait aisément pu se passer.

Au casting, on retrouve plusieurs visages connus – mais pas forcément pour de bonnes raisons : Andrea Riseborough (La Mort de Staline, Nocturnal Animals…) tente de déjouer la malédiction avec une mine de biche prise dans les phares, Demián Bichir (La Nonne, Alien: Covenant…) n’y met pas vraiment du sien, Lin Shaye (Insidious, Ouija…) est plus convaincante en médium et je me demande si Jacki Weaver (Les Veuves, The Disaster Artist…) l’a un jour été, convaincante. Autour de ce petit monde, on remarquera également John Cho (Searching : Portée Disparue…), William Sadler (Iron Man 3…), Betty Gilpin (Glow…) ou encore Frankie Faison (Luke Cage…).

En conclusion, que dire en dehors de « passez votre chemin ». Si ce n’est pas déjà fait, découvrez la version japonaise ou même le premier The Grudge de 2004, voir même sa suite : ce sera toujours mieux que cette version décrépie. À éviter.

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