[CRITIQUE] Le Labyrinthe – Le Remède Mortel, de Wes Ball

>>> Mini-spoilers et explications en fin d’article <<<

Après la surprise du dernier opus et un peu plus de deux ans d’attente, Wes Ball livre enfin le dernier volet de la saga Le Labyrinthe, intitulé Le Remède Mortel. Toujours aussi rythmé, dense et truffé de rebondissements, le film renoue avec une intrigue haletante et des personnages attachants, apportant son lot de réponses et d’actions. Si l’ensemble accuse quelques ficelles trop visibles, le résultat reste solide et efficace. Enfin une saga « Young Adult » qui tient la route du début à la fin !

Le pitch : Dans ce dernier volet de l’épopée LE LABYRINTHE, Thomas et les Blocards s’engagent dans une ultime mission, plus dangereuse que jamais. Afin de sauver leurs amis, ils devront pénétrer dans la légendaire et sinueuse Dernière Ville contrôlée par la terrible organisation WICKED. Une cité qui pourrait s’avérer être le plus redoutable des labyrinthes. Seuls les Blocards qui parviendront à en sortir vivants auront une chance d’obtenir les réponses tant recherchées depuis leur réveil au cœur du Labyrinthe.

De toutes les sagas dites « Young Adult » qui ont déboulés sur nos écrans, Le Labyrinthe reste celle qui a attisé ma curiosité dès le départ en sortant du lot. Outre les tentatives ratées type The Giver, Sublimes Créatures et j’en passe, le peloton de tête était mené par Hunger Games, Divergente et Le Labyrinthe. Alors que Katniss et Tris, chacune de leurs cotés, combattaient une société totalitaire et inhumaine, le bémol pour ma part était de voir des héroïnes aussi bien préoccupées par le sort de leurs comparses que par leurs amourettes inutiles qui avaient plus tendance à freiner le dynamisme de l’intrigue qu’autre chose. Si pour Hunger Games la recette a été gagnante (malgré le désintérêt visible de l’actrice principale en cours de route), coté Divergente, la fin a été douloureuse puisque l’adaptation au cinéma du final a tout simplement été abandonné à cause des mauvais résultats du troisième opus au box-office (ce qui n’est pas plus mal, vu que même la conclusion du livre avait divisé les fans…).

Pour Le Labyrinthe, les choses ont été différentes dès le départ. Déjà, le casting était essentiellement masculin ce qui, avouons-le, changeait pas mal la donne ; ensuite, le premier film, sorti en 2014, se contentait de jouer uniquement avec son postulat de base, ce qui rendait l’ensemble plutôt alléchant jusqu’au twist final, tant l’intrigue soulevait beaucoup de questions – à l’époque, cela m’avait un chouilla frustrée. Le Labyrinthe évoluait dans un univers rudimentaire, avec un coté primal fait de terre et de pierre, qui servait bien les ambitions de survie des héros. Le deuxième film, La Terre Brûlée, sortait dans la foulée en 2015 et proposait un véritable survival intense, nerveux et surprenant. L’histoire a évolué en dehors des murs, le groupe s’est élargi et a apporté quelques réponses sans jamais s’éloigner du concept initial : courir pour survivre. Entre courses-poursuites et affrontements, le second film de Wes Ball mettait l’action survoltée au premier niveau, dans un univers instable, mouvant et dangereux fait de feu, de ruines et de sable, tout en installant un cast attachant et solide, sans jamais céder aux pièges faciles. Certes, un triangle amoureux s’est légèrement dessiné mais n’a jamais ampoulé la narration, bien au contraire.
La saga cumule les bons points et, même si l’aventure de Thomas et de ses amis est truffée de commodités pour faire avancer l’intrigue, Le Labyrinthe reste un divertissement efficace qui a su trouver son style entre tension, rythme effréné et des univers à la fois renouvelés et soignés.

3 ans plus tard, Le Labyrinthe – Le Remède Mortel arrive enfin sur nos écrans (l’acteur principal, Dylan O’Brien, s’étant blessé pendant le tournage, la production a été décalée). Wes Ball reste le maître du jeu et lance les festivités dès les premières minutes à travers une séquence d’action directement liée aux événements du film précédent. Un conseil : révisez les premiers films avant de voir ce dernier chapitre ! La saga renoue d’emblée avec le style des films précédents : l’action est au rendez-vous et parvient à se construire autour de l’affrontement final qui va amener nos héros au sein de l’organisation WICKED.
Là aussi, Wes Ball change subtilement de style en terme de décor et de réalisation, en optant pour des décors urbains et métalliques pour animer la civilisation WICKED, tandis que le traitement de l’action rappelant le style des jeux vidéos immersifs (type Splinter Cell ou Metal Gear Solid…). Un changement qui ne passe pas inaperçu et s’inscrit très logiquement dans l’évolution générale de la saga. Fini les bambins qui sont paumés dans leur labyrinthe et qui courent sans savoir où aller, fini les ados qui fuient les monstres dans le noir et défient l’autorité qui cherche à les contrôler : Le Labyrinthe – Le Remède Mortel est l’âge de la maturité et installe des jeunes adultes décidés et armés jusqu’aux dents, enfin à la hauteur de leurs ennemis et prêts à en découdre une bonne fois pour toute. Wes Ball signe une conclusion accrocheuse et dense, j’ai autant apprécié les retrouvailles avec les personnages que l’impulsion survoltée et électrique du film qui ne ralentit jamais et ne cesse de proposer des rebondissements pour conserver un rythme toujours prenant. En évitant de découper le dernier chapitre en deux films, comme ce fût la mode pendant un moment, Le Labyrinthe – Le Remède Mortel file à toute allure droit vers son objectif, sans s’encombrer de sous-intrigue inutile, permettant ainsi d’à la fois rappeler les enjeux de la saga et d’enfin boucler la boucle en répondant aux questions restées en suspens depuis le début.

Cependant, si Le Labyrinthe – Le Remède Mortel accuse quelques défauts sur lesquels il faudra fermer un peu fermer les yeux. En effet, si globalement le film parvient à construire une narration solide de A à Z, c’est surtout grâce à de (très) nombreuses facilités mises en place pour fluidifier l’histoire. Les sauvetages in extremis et pile au bon endroit arrivent un peu trop souvent, le recours à des mises en scène trop commodes et prévisibles, tandis que certains dénouements peu crédibles (les retrouvailles à l’aveugle dans une ville inconnue) viennent desservir un chapitre final qui semble parfois ficelé à la hâte… Le pire restant tout de même la réponse à la grande question des films (le fameux remède, n’est-ce pas) qui, même si elle était attendue, ne fait que pointer du doigt un sacré manque d’attention aux détails dès le départ.
Autre bémol, si le film soigne les « gentils », les méchants ne bénéficient pas du même traitement et restes très statiques au cours de l’évolution de la saga. Tandis que l’un se perd en déambulant à n’en plus finir dans les couloirs, l’autre incarne le vilain manichéen de base et méchant comme un Orangina rouge (ceci est une référence que les plus jeunes ne comprendront pas :D).
Ceci étant dit, Le Labyrinthe reste une adaptation : alors peut-être que par écrit, cela fonctionne, mais une fois porté à l’écran, les incohérences et les absences narratives sautent aux yeux. Le scénario tranche dans du beurre sans s’encombrer des détails logiques qui pourraient trop complexifier l’histoire, tombant ainsi sous le cliché des films pré-mâchés et estampillés « young adult ». C’est dommage car je trouve que cette saga est probablement la plus solide et intéressante de toutes celles qui ont été portées au cinéma.

En effet, bien que Le Labyrinthe propose une morale et des ressorts narratifs similaires à ses concurrents, les films de Wes Ball se démarquent sur de nombreux points. En remplaçant la romance par la « bromance », la saga est portée par des personnages hyper attachants et lié par une amitié forgée dans l’adversité, ce qui rend l’ensemble plus conquérant qu’une amourette classique. Et ça, le film compte bien jouer avec nos nerfs en mettant de nombreuses fois la survie de nos héros en péril. Ici, le peu de romance qu’il y a, elle n’est jamais placée avant les intérêts des héros et assure finalement certaines facettes de l’intrigue pour la rendre plus sombre. Enfin, Wes Ball propose une conclusion aboutie et globalement satisfaisante qui reprend les ingrédients qui font de la saga un succès : beaucoup d’actions, un nouvel univers tout aussi mystérieux et un rythme toujours aussi dense et haletant.

Au casting, on prend les mêmes et on continue avec un ensemble toujours aussi frais et convaincant : Dylan O’Brien (Teen Wolf, American Assassin…), Thomas Brodie-Sangster (Love Actually, Star Wars – Le Réveil de la Force…) et Dexter Darden (Le Labyrinthe, La Terre Brûlée...) portent le film – même si ce dernier est, ahem, un peu oublié sur l’affiche française, contrairement à l’affiche américaine… On retrouve évidemment Ki Hong Lee (Unbreakable Kimmy Schmidt, I Wish – Faites Un Vœu…), Rosa Salazar (Divergente 2, La Terre Brûlée…) et Giancarlo Esposito (Money Monster, Le Livre de la Jungle…), chacun venant apporter une tonalité différente à l’intrigue, entre l’esprit de rébellion, le courage et l’émotion. Face à eux, c’est plus compliqué : la performance Kaya Scodelario (Pirates des Caraïbes – La Vengeance de Salazar…) souffre des défauts de son personnage, Patricia Clarkson (House of Cards…) est de plus en plus invisible et Aidan Gillen (Sing Street, Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur…) est toujours parfait en méchant de service.
Tandis que d’autres personnages tombent un peu dans l’oubli, comme ceux de Nathalie Emmanuel (Fast And Furious 8…) ou encore Barry Pepper (Monster Cars…), un autre refait surface : [SPOILER] Will Poulter [/SPOILER] de façon, euh… un peu inexpliquée quand même !

En conclusion, si vous avez aimé les deux premiers films, Le Labyrinthe – Le Remède Mortel est dans la même lignée et offre autant de divertissement que d’actions, dans un univers toujours plus hostile. Malgré les facilités du scénario et de la mise en scène, Wes Ball signe un chapitre final sympathique, suffisamment palpitant et accrocheur, qui s’apprécie aussi bien grâce à l’intrigue qu’à ses personnages attachants. À voir !

Mini-spoilers pour lecteur AVERTIS (ceux qui ont vu le film et les trop curieux) : (texte à mettre en surbrillance pour le voir)
[SPOILERS] Comment le personnage de Gally (Will Poulter) a-t-il survécu ? Si le remède est dans le sang de Thomas, comment se fait-il qu’à l’époque où il travaillait pour WICKED son sang n’ait jamais été testé comme pour les autres immunisés ? En effet, WICKED savait déjà que le sang des immunisés ralentissaient la contamination ! Mais bon, s’il avait été correctement testé, l’histoire n’aurait jamais existé. BON.
Explications sur les incohérences et facilités que j’évoque : je parle notamment de la partie finale, l’assaut de la ville. Déjà, le fait qu’il y ait un passage secret et que Gally et ses copinous ne l’aient jamais utilisé pour anéantir WICKED est difficilement excusable. SOIT. Il y a aussi la scène où Thomas, Newt et Minho sautent du haut d’un immeuble pour atterrir dans un bassin plusieurs mètres plus bas. Je ne suis pas une experte en physique, mais je suis à peu près sûre qu’en réalité, soit le choc les aurait écrabouillés ou alors ils se seraient ratatinés au fond du bassin. Bref, le pourcentage de survie a un tel saut est assez bas. Mais je pense surtout au passage où Brenda (Rosa Salazar) semble coincée dans son bus et hop, par magie, Frypan lui sauve la mise avec une grue visiblement géante qu’il manœuvre depuis la frontière de la ville et qui, pourtant, arrive pile au-dessus d’elle. Pour couronner le tout, je doute qu’en attachant cette fameuse grue au pare-choc, le bus (plein de gens) aurait vraiment pu décoller à ce point – mais encore une fois, je ne suis pas une experte en mécanique, hin ! Autre incohérence (et là si vous lisez sans avoir vu le film, c’est tant pis pour vous) : Newt est de plus en plus mal en point et finit par attaquer Thomas durant sa transformation. Alertée par Minho (qui se repère sans problème dans la ville, n’est-ce pas), Rosa vole à son secours et, guidée par un GPS invisible ??? retrouve Thomas, pile au bon endroit, face à un Newt décédé. Comment a-t-elle aussi bien réussi à se repérer sachant que, au passage, la ville est en pleine révolution car attaquée par Gally et ses copinous. Autant dans le premier film, ils avaient mappé le labyrinthe pour s’y retrouver, mais dans la ville de WICKED qui semble pourtant relativement grande, tout le monde se repère sans souci. Why not.
Et enfin, Rosa : bienvenue dans la friendzone. Dommage, j’y ai cru. [/SPOILERS]

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