Action, Aventure, Drame

[CRITIQUE] Greenland – Le Dernier Refuge, de Ric Roman Waugh

Le pitch : Une comète est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity (Gerard Butler) décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son ex-épouse Allison (Morena Baccarin) et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchainent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu de ce chaos.

En salles le 5 août 2020
Réalisé par Ric Roman Waugh
Avec Gerard Butler, Morena Baccarin, Roger Dale Floyd…

Sorti dans un été 2020 complètement chamboulé, Greenland s’impose comme le blockbuster de survie qu’on n’attendait plus vraiment. Sans réinventer le genre, le film réussit pourtant à éviter le piège du spectacle creux pour proposer un récit tendu, efficace et étonnamment humain.

Là où beaucoup de films catastrophes misent tout sur la destruction massive, Ric Roman Waugh fait un choix plus malin : recentrer l’histoire sur une cellule familiale en crise, plongée dans une situation extrême. Résultat, l’émotion prend souvent le pas sur le spectaculaire. Les scènes de chaos sont rares mais percutantes et servent surtout de toile de fond à une course contre la montre nerveuse, presque anxiogène, qui capte l’attention du début à la fin.
Évidemment, tout n’est pas irréprochable. Le scénario multiplie les facilités et certains rebondissements sentent bon le « vu et revu », avec des logiques parfois bancales. Mais paradoxalement, ces artifices participent aussi à maintenir une tension constante, renforçant cette impression d’urgence qui ne lâche jamais vraiment le spectateur.

Côté personnages, le film fait un effort appréciable pour éviter les clichés habituels. Morena Baccarin (Deadpool 2, Spy…) échappe au rôle de simple faire-valoir et s’offre un vrai arc narratif, tandis que le jeune Roger Dale Floyd (Doctor Sleep…) évite le syndrome du « gamin relou » pour devenir un véritable moteur émotionnel. Même Gerard Butler (Dragons, Criminal Squad, Geostorm…), souvent cantonné à des rôles interchangeables, semble ici impliqué et crédible, comme s’il croyait réellement à ce qu’il raconte.

On pourra tiquer sur une mise en scène parfois trop nerveuse (la caméra à l’épaule devient vite chaotique), ou sur un final qui manque un peu de recul face à ses propres enjeux. Mais dans l’ensemble, Greenland reste une vraie bonne surprise : un film catastrophe efficace, prenant, et surtout suffisamment incarné pour qu’on s’y projette.

En bref : Greenland un divertissement solide, qui rappelle qu’avec un peu de cœur et de tension bien dosée, même les concepts les plus balisés peuvent encore fonctionner. À voir.

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