[CRITIQUE] Dragons 3 : Le Monde Caché, de Dean DeBlois

Pour ce dernier volet de la saga Dragons, Dean DeBlois propose une aventure spectaculaire et émouvante, afin de boucler une boucle euphorisante avec panache. Dragons 3 : Le Monde Caché évoque l’amour, l’amitié et la liberté à travers les parcours parallèles de Harold et Krokmou, entre émancipation, maturité et menace grondante. Si la double intrigue a parfois du mal à trouver son équilibre créant parfois un ventre mou en cours de route, les retrouvailles avec les personnages de Dragons sont chaleureuses, réjouissantes et hautes en couleur. Attention pour les plus sensibles : les mouchoirs sont à prévoir 😀

Le pitch : Harold est maintenant le chef de Berk au côté d’Astrid et Krokmou, en tant que dragon, est devenu le leader de son espèce. Ils réalisent enfin leurs rêves de vivre en paix entre vikings et dragons. Mais lorsque l’apparition soudaine d’une Furie Eclair coïncide avec la plus grande menace que le village n’ait jamais connue, Harold et Krokmou sont forcés de quitter leur village pour un voyage dans un monde caché dont ils n’auraient jamais soupçonnés l’existence. Alors que leurs véritables destins se révèlent, dragons et vikings vont se battre ensemble jusqu’au bout du monde pour protéger tout ce qu’ils chérissent.

Les films d’animation et moi, c’est un peu l’amour vache. Plus sensible au format Disney, je reste difficile quand il s’agit de découvrir autre chose… sans pour autant rechigner. Et heureusement, car sinon je serai passée à coté de la saga Dragons qui, ce dernier volet compris, reste un trésor d’animation, de créativité et de story-telling qui reste accessible aussi bien aux enfants qu’aux plus grands. Pourtant, si le premier opus ne m’avait pas séduite, c’est finalement la qualité de Dragons 2 qui m’a fait tomber en amour pour cette franchise Dreamworks. L’esprit d’aventures, l’envolée fantastique, la menace hyper sombre du méchant, la bouille trognonne de Krokmou et surtout l’esthétisme superbe et incroyablement texturé du second opus, toujours réalisé par Dean DeBlois, m’a totalement conquise. C’est donc avec impatience que j’ai découvert ce troisième chapitre, sous-titré Le Monde Caché.

Après un épisode haletant qui connu des conséquences tragiques (la mort du père de Harold) et des rebondissements dramatiques qui ont donné une dimension vaste à Dragons 2, Dean Deblois retrouve les habitants colorés de Berk, humains et dragons, vivant en harmonie et surtout en surabondance. En effet, la population à écailles rend le quotidien explosif et le rêve de Harold de libérer le plus de dragons possible finit par poser problème. La rencontre avec une femelle Night Fury, ou Light Fury (Furie Éclair en français) et la convoitise menaçante d’un chasseur sournois vpnt forcer nos héros à partir à la recherche d’un nouvel havre de paix.

Évidemment, le voyage ne sera pas de tout repos. Dragons 3 : Le Monde Caché fait cohabiter deux sous-intrigues placées sous le signe du passage à l’âge adulte et les devoirs de nos héros leaders de leurs communautés respectives. Et c’est là que les choses se compliquent. Le film va tenter de donner autant d’espace à chaque intrigue, offrant des séquences de roucoulades à Krokmou face à des moments de doutes et autres introspections pour Harold. Cependant, l’équilibre est difficile sachant qu’une partie des personnages est muette, ce qui donne lieu à des scènes sympathiques, certes, mais parfois hors sujet à cause d’une approche peut-être un peu trop musicale et reposant bien trop sur la cuteness (intarissable) de Krokmou. Cela crée un décalage face aux dangers principaux qui rôdent autour des personnages. Le film oscille entre la simplicité linéaire de l’intrigue du dragon, tandis que pour Harold, il y a beaucoup plus de strates à explorer alors qu’il tente de trouver sa place de chef tant bien que mal. Du coup, la répartition ne fonctionne pas très bien.

Même si les retrouvailles font plaisir et que ce nouvel opus ne perd rien du charme familier et rafraîchissant de son univers, Dragons 3 : Le Monde Caché compte pas mal de longueurs et un ventre mou persistant qui nuisent souvent au dynamisme du film. Heureusement, malgré ses passages obligatoires pour l’évolution du film, Dean DeBlois ne ménage pas ses efforts pour élaborer une conclusion qui tient la route. Alors que les deux premiers films laissaient envisager une vie harmonieuse entre les humains et les dragons, Dragons 3 : Le Monde Caché aborde le sujet d’un œil plus mature et réaliste. Nos héros grandissent et se responsabilisent, aux cotés d’une bande de grands enfants toujours aussi attachants et drôles, même si les nouveaux venus qui ont fait le cœur de Dragons 2 (la mère de Harold et Eret fils d’Eret) et la bande d’origine se retrouvent un peu en retrait.

Visuellement, Dragons 3 : Le Monde Caché ne marque pas une nette envolée esthétique avec Dragons 2 (la beauté de ce dernier surpassait largement celle du premier film), cependant le film de Dean DeBlois s’inscrit toutefois dans la même veine. Les détails sont léchés : la fourrure, la lumière, les textures diverses… Si le film reste ultra proche de son format d’animation, il propose néanmoins un résultat fantastique, coloré et superbe à découvrir : une scène magnifique entre où des couleurs pop et acidulée percent l’obscurité (rappelant un peu Coco, d’ailleurs), ou encore une scène d’orage incroyable. Tandis que la fin, hmmm, m’a donnée envie d’acheter des peluches. Beaucoup de peluches !!!
Conservant jusqu’au bout son ambition utopiste et dépaysant, ce dernier (?) volet de Dragons conclue une saga avec brio et surtout avec beaucoup d’émotions. En effet, l’amour est au centre du film, ce qui va avec quelques sacrifices pour permettre à nos personnages de suivre leur chemin, même si les scènes entre Krokmou et Light Fury sont parfois longuettes, elles ne manquent pas de mignonneries, tandis que le lien entre Harold et Krokmou reste probablement l’une des meilleures histoires d’amitié nées dans un film d’animation (avec celle de Woody et Buzz L’Eclair de Toy Story, peut-être). Alors oui, forcément, vous risquez d’avoir une petite larme au passage… voire plus.

Au casting vocal, j’ai vu le film en VO. On retrouve donc Jay Baruchel (Robocop, C’est La Fin…), America Ferrara (Ugly Netty, Superstore…), Craig Ferguson (Rebelle…) et même un peu de Gerard Butler – oups, spoiler ! – (Geostorm, Criminal Squad…). Cate Blanchett (Ocean’s 8, Song To Song, Thor – Ragnarok…) et Kit Harrington (Game of Thrones, Brimstone…) sont de nouveau de la partie, tandis que Kristen Wiig (Downsizing, Mother!…), Christopher Mintz-Plasse (Nos Pires Voisins, The Disaster Artist…) et Jonah Hill (Lego Batman, le film, Sausage Party…) sont également présents. Coté nouveaux, on retiendra F. Murray Abraham (Omar Suarez dans Scarface, L’Île Aux Chiens…) qui donne de la voix pour incarner la menace Grimmel, le chasseur de dragon impitoyable.

En conclusion, malgré quelques problèmes de rythme et une narration qui a parfois du mal à équilibrer sa double trame, Dragons 3 : Le Monde Caché est un chapitre à la hauteur de la saga. Accessible à tous, le film de Dean DeBlois résonne comme un au-revoir réussi et conclue une trilogie animée pleine d’aventures, d’amitié et surtout d’émotions. Je le répète, prévoyez les mouchoirs. À voir, évidemment.

 

Une réflexion sur “[CRITIQUE] Dragons 3 : Le Monde Caché, de Dean DeBlois

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s